Contre l’orthodoxie, le schisme grec, ou pour l’orthodoxie de la foi catholique romaine.

Au Cœur Sacré de Jésus, par le Cœur Immaculée de Marie.

Notre communauté a été témoin de plusieurs cas de personnes catholiques traditionnelles tentées par les tenants de la soi-disant orthodoxie chrétienne, qui est en réalité schismatique. C’est afin de ne pas rester silencieux devant la propagation de l’erreur, que nous écrivons ces lignes. Comme vous allez le voir, les arguments apportés par nos adversaires sont sans fondements véritables. Nous y trouvons 5 points principaux sur lesquels portent les accusations :

  1. L’autorité juridictionnelle universelle du Pontife romain

  2. L’infaillibilité du Pontife romain

  3. L’Immaculée Conception de la Sainte Vierge

  4. Le Filioque

  5. Le célibat ecclésiastique

Nous allons passer en revu ces 5 points ensemble. Si nos contradicteurs lisent ces lignes et ont des objections à faire nous serons très heureux de pouvoir leur répondre.

Pacem et veritatem diligite. Aimez la paix et la vérité. Zacharie, VIII

Premier point : l’autorité juridictionnelle de Rome.

Les soi-disant orthodoxes disent, que le patriarcat romain, comme ils l’appellent, usurpe une juridiction universelle sur l’Église qu’il n’a pas, et que sa prééminence sur le reste de l’Église n’est qu’honorifique. Voyons ce que la Sainte Écriture, les Pères de l’Église et l’histoire de l’Église, nous- en disent. Notons tout de suite que le second point, l’infaillibilité du Pontife romain est intimement liée à celui-ci, et vis versa.

Dans la Sainte Écriture nous trouvons ce célèbre passage : « Pierre prenant la parole dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Heureux es-tu, Simon fils de Jean, lui répondit Jésus, car ce n’est pas le sang ni la chair qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les Cieux, aussi, moi je te dis, que tu es Pierre, et sur cette Pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. Et je te donnerais les clés du royaume des cieux, tout ce que tu lieras sur la terre, sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre, sera délié dans les cieux » Saint Matthieu XVI, 16-19. Citation très riche de Notre Seigneur Jésus-Christ qui doit être comprise, comme toute la Sainte Écriture, à la lumière de la tradition de l’Église, selon l’enseignement des Pères.

Citons-en quelques-uns :

Saint Jérôme : « C’est en suivant cette métaphore de la pierre que le Seigneur lui dit: C’est sur vous que je bâtirai mon Église, comme il l’ajoute en effet: Sur cette pierre, je bâtirai mon Église. »

Saint Jean Chrysostome : (hom. 54.) « C’est-à-dire, sur cette foi et sur cette confession, je bâtirai mon Église. Nous apprenons de là qu’un grand nombre croiront ce que Pierre vient de confesser, et il élève en même temps son intelligence et lui donne la charge de suprême pasteur. »

Saint Cyrille : « D’après cette promesse du Seigneur, l’Église apostolique, placée au-dessus de tous les évêques, de tous les pasteurs, de tous les chefs des Églises et des fidèles, demeure pure de toutes les séductions et de tous les artifices des hérétiques dans ses pontifes, dans sa foi toujours entière et dans l’autorité de Pierre. Tandis que les autres Églises sont déshonorées par les erreurs de certains hérétiques, seule elle règne, appuyée sur des fondements inébranlables, imposant silence et fermant la bouche à tous les hérétiques; et nous, si nous ne sommes ni égarés par une téméraire présomption de notre salut, ni enivrés du vin de l’orgueil, nous confessons et nous prêchons en union avec elle la règle de la vérité et de la sainte tradition apostolique. »

Saint Jean Chrysostome : (hom. 54.) « Le Seigneur donne ensuite une autre prérogative à Pierre, en ajoutant: « Et je vous donnerai les clefs du royaume des cieux. » C’est-à-dire: De même que mon Père vous a fait la grâce de me connaître, je vous accorderai aussi une faveur particulière, c’est-à-dire les clefs du royaume des cieux. »

Origène : « Voyez quelle grande puissance a été donnée à cette pierre sur laquelle l’Église est bâtie; ses jugements sont irrévocables, comme si Dieu lui-même les avait prononcés par sa bouche. »

Saint Jean Chrysostome : (Hom. 54.) « Voyez aussi comme Jésus-Christ inspire à Pierre une haute compréhension de sa personne ; il promet de lui donner ce qui n’appartient qu’à Dieu seul, c’est-à-dire le pouvoir de remettre les péchés et de rendre l’Église immuable au milieu de toutes les tempêtes, des persécutions et des épreuves. »

On voit donc que Pierre est institué fondement de l’Église, qu’il en est le pasteur suprême, que l’Église fondée sur Pierre est inébranlable, que les jugements de Pierre sont irrévocables, quasi-divin. Cela suffirait à clore ici toute discussion au sujet des accusations portées contre l’Église romaine et son Pontife suprême, le Pape. Mais néanmoins pour traiter la question comme il se doit, continuons.

Saint Irénée évêque de Lyon à la fin du 2ème siècle, disciple de Saint Polycarpe, lui-même disciple de Saint Jean l’Apôtre dira dans son Traité contre les hérésies, « il faut, et il est nécessaire qu’à cette Église (l’Église de Rome), à cause de sa principauté suréminente, soient unies et soumises toutes les autres Églises, c’est-à-dire, les fidèles répandus dans tout l’univers ». Ensuite Saint Irénée énumère les évêques qui ont occupé le Saint-Siège depuis Saint Pierre jusqu’à Saint Eleuthère qui l’occupait alors, et il conclut « c’est par cette hiérarchie et par cette succession, que la tradition apostolique et la prédication de la vraie foi de l’Église sont parvenues jusqu’à nous ». Plus loin il ajoute que Saint Polycarpe son maître lui avait dit maintes et maintes fois que telle était la vraie et pure doctrine de l’Apôtre Saint Jean. Par les termes hiérarchie et succession on comprend aisément que ce n’est pas l’église de Rome considérée dans son clergé qui est revêtue de ces pouvoirs, mais bien celui qui la dirige, l’évêque de Rome, le pontife souverain. Par ces citations d’un Père du second siècle sont montrées la juridiction et l’infaillibilité du souverain pontife (celle-ci étant développée dans la partie suivante).

A l’époque de la crise arienne, Saint Basile le Grand (IVème siècle) s’adressait au pontife romain de l’époque, Saint Damase, en ces termes : « Dirigez-nous, instruisez-nous, guidez-nous. Votre communion est la nôtre; nous admettons ce que vous admettez ; nous rejetons ce que vous répudiez ; nous attendons de vous seul la paix et l’unité de l’Église. » Là encore, on voit bien l’estime que Saint Basile fait du Pape de l’époque, or cette estime n’est pas basée sur des vues humaines, mais bien sur la prérogative que le Pape possède, en vertu des promesses faites à saint Pierre.

Aussi, l’histoire de l’Église nous apprend-elle qu’à l’origine il n’y avait que 3 patriarcats :

  • Antioche fondé en premier par saint Pierre lui-même, qui dirigea cette Église pendant 7 ans (comme on le voit dans les Actes).

  • Puis Rome qu’il fonda ensuite sûrement aux alentours de l’an 42 ou 44 après.

  • Puis saint Pierre, vers l’an 60 envoya saint Marc, son disciple (après qu’il eut rédigé son Évangile sur la demande du peuple de Rome), pour fonder par lui le patriarcat d’Alexandrie (Cf Théodoret).

Les trois furent donc fondés par Saint Pierre lui-même, directement ou indirectement, et c’est, on peut le dire son autorité et sa juridiction universelle sur l’Église qui lui permit d’en agir ainsi.

Ensuite, dans la suite des siècles, Constantinople prendra, en devenant le siège de l’empire romain d’orient, une place de plus en plus importante, et les évêques de cette ville voudront qu’elle soit revêtue du titre de patriarcat ; ils en feront la demande à Rome au 2ème concile Œcuménique à Constantinople en 381. Cette demande sera refusée par le souverain pontife de l’époque Saint Damase. Ce qui prouve bien, que ce n’est que de Rome qu’émane comme de sa source, la juridiction dans l’Église. En 451, à Chalcédoine, pour le 4ème concile Œcuménique, les pères feront à Rome la demande d’érection en patriarcat de Jérusalem, demande qui sera acceptée, puis une minorité des pères de ce concile, les évêques d’Asie Mineure, demanderont la même chose pour Constantinople, demande qui ne sera pas entérinée par Rome. Le pontife gardera également le silence sur la demande faite pour que Constantinople ait juridiction sur la Thrace et l’Asie mineure. Ce silence fit croire que le Pape toléra la juridiction que Constantinople s’arrogeait sur ces provinces.

Ce n’est qu’au 13ème siècle que les souverains pontifes, ratifieront cette demande. Termes de la demande faite à Chalcédoine : « Daignez répandre jusque sur l’église de Constantinople un rayon de votre primauté apostolique ; car vous avez coutume d’enrichir vos serviteurs par la communication de vos biens. […] Vous nous présidez comme le chef, la tête, préside à ses membres ».

Ici encore l’histoire nous renseigne sur la primauté du Pontife romain, qui était universellement reconnue dans les premiers siècles de l’Église. On voit néanmoins déjà, que pour être reconnue dans la théorie, elle était déjà méconnue dans la pratique, puisque certaines Églises s’arrogeaient des juridictions qu’elles n’avaient pas reçues de Rome.

Aussi, dans le fonctionnement même de l’Église des premiers siècles nous voyons la juridiction universelle qu’exerçaient les Papes. En effet les évêques élus ou choisis selon les usages, entraient en possession de leur siège, pour éviter une trop longue vacance des sièges épiscopaux, mais ils devaient ensuite être confirmés par le Saint-Siège. Ce qui montre bien encore que c’est de Rome qu’émane la juridiction des évêques dans leurs diocèses.

Toujours en ce sens :

Saint Grégoire de Nysse, frère de Saint Basile le Grand (toujours au 4ème siècle), dira « Pierre seul a le droit de créer de nouveaux apôtres. » et « C’est par Pierre, que Jésus-Christ a donné aux évêques la clefs des biens célestes. ».

Saint Optat également : « Pour le précieux avantage de l’unité, Pierre a dû être mis au-dessus de tous les Apôtres, et seul il a reçu les clefs du royaume des cieux pour être ensuite communiquées aux autres ».

Et puis Saint Léon le Grand au milieu du 5ème siècle : « Si Jésus-Christ a voulu que les autres princes de l’Église eussent quelque chose de commun avec Pierre, c’est uniquement par lui qu’il leur a donné ce qu’il ne leur a pas refusé. En voulant que le ministère évangélique s’étendit à tous les Apôtres, il a commencé par le placer principalement dans Pierre, chef de tous les Apôtres, de manière que les dons divins se sont répandus sur tout le corps en découlant de Pierre qui en est comme la tête ».

On pourrait multiplier encore les citations, mais celles-ci suffisent pour voir avec les faits rapportés, que l’autorité de Pierre est la première et la principale dans l’Église. Et que c’est une doctrine qui était fermement crue et établie dans la pratique du fonctionnement de l’Église dès l’origine. Que le saint Apôtre Pierre daigne prier pour nous, qui sommes comme des brebis sans pasteurs, afin qu’en ces jours de tempête, nous gardions la vraie foi.

Maintenant qu’en est-il aujourd’hui de la juridiction ? Et bien il en est comme lors de la vacance des sièges à l’époque des origines de l’Église : les pontifes fidèles se sont choisis des successeurs, qui, s’il y avait un pape, seraient (pour ceux qui gardent la Foi de l’Église catholique romaine) obligés de recourir à lui pour faire légitimer leur autorité. En l’absence de souverain pontife légitime (nous verrons rapidement ce qui me permet de dire cela à la fin du document), ils exercent une juridiction épiscopale de suppléance, qui est nécessaire pour le salut des fidèles et la continuation de l’Église en cette période douloureuse de son histoire. Qu’il nous soit permis de rappeler cette citation de l’Évangile : « le pasteur étant frappé, les brebis seront dispersées ». D’où également les divisions qui, depuis le conciliabule Vatican 2, minent l’Église Catholique (entendons par là les évêques, les prêtres et les fidèles qui sont restés fidèles à la tradition de l’Église, car il n’y a d’Église que traditionnelle). Mais ces divisions si déplorables soient elles, ne doivent pas nous détourner de la vraie Foi.

Bibliographie :

Chaîne d’or sur l’Evangile de saint Matthieu, par Saint Thomas d’Acquin

Histoire ecclésiastique, tome 1, par l’Abbé Rivaux

Passons maintenant au point suivant.

Deuxième point : l’infaillibilité pontificale.

Les grecs schismatiques disent pour asseoir leurs arguments contre la juridiction et contre tout ce que l’Église Catholique romaine a fait depuis presque 1000 ans, que l’infaillibilité pontificale est une innovation, ce qui voudrait donc dire que ce dogme de notre foi ne serait pas contenu dans la révélation divine. Ce point recoupe beaucoup le précédent, et une partie des citations faites précédemment établit cette nécessité. Surtout la citation de l’Évangile de Saint Matthieu par laquelle nous avons commencé. Qu’il nous suffise de rappeler la conclusion que nous en avons tirée : Pierre, est le pasteur suprême, fondement de l’Église, et ses jugements sont irrévocables. Voyons ce que l’Église nous dit de plus sur cette question, toujours par la Sainte Écriture, les Pères, et l’histoire.

Rappelons la citation de Saint Irénée faite plus haut : parlant de l’Église de Rome il dit : « c’est par cette hiérarchie et par cette succession, que la tradition apostolique et la prédication de la vraie foi de l’Église sont parvenues jusqu’à nous ».

Par conséquent si c’est par cette hiérarchie, celle des évêques de Rome, que l’Église tire son unité, il faut reconnaître que Dieu l’a doté de ce dont elle avait besoin pour conserver pure la doctrine de la foi, donc de l’infaillibilité, donnée à Saint Pierre par Notre Seigneur Jésus-Christ, selon ces paroles : « Simon, Simon, (en parlant à celui sera ensuite appelé Pierre), Satan vous a tous demandé pour vous cribler comme le froment, mais j’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas, et quand tu seras converti, confirme tes frères » Saint Luc XXII, 31. A ce sujet Théophylacte dira : « Ce ne sont point seulement les Apôtres qui existaient alors, que Pierre devait fortifier, mais tous les fidèles qui se succéderont jusqu’à la fin du monde. Que personne donc, parmi les chrétiens, ne perde confiance en voyant cet Apôtre renier son divin Maître, et recouvrer ensuite par la pénitence la sublime prérogative qui fait de lui le souverain Pontife du monde entier. »

Il y a cet autre passage qui se situe après la résurrection : « paie mes agneaux, […] paie mes brebis, […] paie mes brebis » Saint Jean XXI. Les brebis signifiant les autres pasteurs, car l’agneau est nourri par la brebis, comme le fidèle est nourri de la parole de Dieu par l’évêque qui est son pasteur. En effet Dieu ne donne aucune charge sans donner à celui qui la doit remplir les moyens nécessaires pour la remplir correctement, donc Notre Seigneur a bel et bien donné l’infaillibilité à Saint Pierre et à ses successeurs en sa personne.

Pour appuyer encore sur cette doctrine nous rappellerons simplement qu’il y eut plusieurs centaines de conciles dans les premiers siècles de l’Église, mais que tous ne furent pas Œcuméniques. En effet pour être Œcuménique il fallait que ce soit le pontife romain qui mande la tenue du concile, et qu’il y préside, par lui-même, ou par ses légats comme ce fut plus souvent le cas. A Nicée en 325, (Premier concile Œcuménique), présida Saint Osius de Cordoue, légat du Pape ; A Constantinople en 381 (Deuxième concile Œcuménique), présidèrent des légats du Pape ; A Éphèse en 431 (Troisième concile Œcuménique) présida Saint Cyrille d’Alexandrie, mandé par le Pape, puis à leur arrivée, les légats du Pape l’épaulèrent. Ensuite les décrets furent toujours envoyés à Rome pour être approuvés par le Pape, et ces conciles sont regardés comme Œcuméniques par l’approbation que le pontife romain en fit.

Recueillons encore quelques citations avant de conclure :

Où est Pierre, là est l’Église – Saint Ambroise, sur le Ps XI.

Pierre parle par la bouche du pontife romain. – Concile de Chalcédoine, Act. II.

Il vit toujours dans ses successeurs, et exerce le même jugement. – Concile d’Ephèse, Act. III.

Il offre la vérité à ceux qui la cherchent. – Saint Pierre Chrysologue, Lettre à Eutychès.

Qui a toujours conservé pure et entière la foi transmise par Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Qui l’a toujours enseignée aux fidèles, leur montrant à tous le chemin du salut et la doctrine de l’incorruptible vérité ? C’est l’Église principale, où l’unité sacerdotale a pris son origine – saint Cyprien, lettre IV.

Donc comme le dit le Pape Pie IX, c’est bien dans la chaire du bienheureux Pierre que Jésus-Christ a placé l’indestructible fondement de son Église, et cela grâce à l’infaillibilité donnée aux successeurs légitimes de saint Pierre.

Enfin pour terminer citons le formulaire de saint Hormisdas Pape, datant de 519 : «  La première condition du salut est de garder la règle de la vraie foi, et de ne point s’écarter de la tradition des Pères. Et parce que la foi est morte sans les œuvres, personne ne peut rendre vaines ces paroles de Jésus-Christ : Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Église. Ce que disent ces paroles est prouvé par les faits, puisque, dans le Siège apostolique, la religion s’est toujours conservée immaculée. – C’est pourquoi nous suivons en toutes choses et prêchons tout ce qu’a décidé le Siège apostolique, en qui est l’intègre et véritable solidité de la religion chrétienne, et nous promettons aussi de ne point réciter, dans la célébration des saints mystères, les noms de ceux qui sont séparés de la communion de l’Église catholique, c’est-à-dire, qui ne sont pas de tous points en union de sentiments avec le Siège apostolique. » Ce formulaire a été approuvé par le 8ème concile Œcuménique, le 4ème de Constantinople, au IXème siècle. Or il est clair que si tous les évêques d’Orient et d’Occident approuvèrent cette formule, c’est qu’ils croyaient que le Pape ne pouvait pas se tromper.

Les témoignages de l’histoire pourraient encore être multipliés, mais ce qui a été dit suffit à établir l’infaillibilité du souverain pontife. Puisqu’il est infaillible, il nous faut, pour garder la foi pure, garder la foi enseignée par les souverains pontifes. Prions ici encore saint Pierre qu’il daigne intercéder pour nous auprès de celui qui lui a remis les clés de son royaume, afin que les portes du ciel nous soient ouvertes au jour où nous paraîtrons devant Jésus-Christ, Notre Seigneur.

Cette doctrine si consolante dans les siècles passés est cependant très déroutante pour l’explication de la situation actuelle. En effet devant l’apostasie générale engendrée par Vatican II, pourtant apparemment infaillible puisqu’ayant été approuvé par Paul VI, d’autres explications doivent être données. Nous essayerons humblement d’en brosser un rapide tableau à la fin de ce document. Tout particulièrement en montrant pourquoi Paul VI ne pouvait pas être légitimement Pape, et par conséquent être infaillible.

Troisième point l’Immaculée Conception.

La preuve précédemment établie de l’infaillibilité pontificale suffit en soi à établir l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge. En effet, Dieu assistant infailliblement le pontife romain, pour qu’il conserve et proclame la foi de l’Église, Pie IX ayant proclamé infailliblement ce dogme, il est donc de foi, que cela fait partie de la révélation faite par Jésus-Christ à ses apôtres et transmise à l’Église. Selon la définition même des dogmes de notre foi, qui sont les vérités révélées de Dieu, et proposées à notre croyance par l’Église.

Pourtant afin de ne pas laisser croire que ce serait par la seule autorité du souverain pontife, si légitime soit-elle, que ce dogme est révélé, catholique, et doit désormais être fermement cru par tous ceux qui aspirent au salut, nous donnerons des arguments, qui l’établissent, tant par la tradition des Pères que par la convenance, et par les faits miraculeux.

Tout d’abord rappelons les paroles de Saint Augustin évêque d’Hippone, le plus grand de tous les Pères de l’Église. Dans son 22ème sermon in Ps. 118, il assure que la Sainte Vierge a été exempte de tout péché : « Incorrupta virgo per gratiam ab omni integra labe peccati ». De même, Saint Jean Damascène, si souvent invoqué par les Orientaux, l’appelle « Vierge Immaculée ». Il dit également « Comme la Vierge mère de Dieu devait naître d’Anne, la nature n’osa pas prévenir l’oeuvre de la grâce ; mais elle attendit un instant que la grâce eût produit son fruit » Disc. Sur la Nativité de la bienheureuse Vierge Marie. Et aussi « L’ancien serpent n’a point d’entrée dans ce paradis » Disc. II sur l’Assomption. Ce paradis étant l’âme de la Sainte Vierge, s’exprimant ainsi il devait croire à son Immaculée Conception. Saint Ildephonse, au VIIème siècle, regardait comme une chose constante que la sainte Vierge a été exempte du péché originel (De la Vierge Marie). Saint Cyrille d’Alexandrie, au Vème siècle, s’exprime ainsi : « A l’exception de celui qui est né d’une Vierge, et de cette même Vierge très-sainte, qui a mis au monde l’Homme-Dieu, nous naissons tous avec le péché originel, et nous venons tous au monde affectés de cette grave cécité que nous avons contractée de notre premier père. » Homélie V, avant la Nativité de Notre-Seigneur. Au IVème siècle, Saint Ambroise regarde la sainte Vierge comme ayant été, par l’effet de la grâce, pure de toute souillure du péché (sur le ps CXVIII) et Saint Amphiloque d’Icone dit qu’elle a été formée sans tâche et sans péché (Discours IV, sur la sainte Vierge mère de Dieu). Au IIIème siècle Origène disait déjà que Marie n’a point été infectée par le souffle du serpent venimeux (Homélie I, sur saint Luc). On voit par ces citations que dès l’origine de l’Église le dogme de l’Immaculée Conception de sainte Vierge était cru, avant même que l’Église n’en fasse une obligation.

D’un point de vue purement logique. Notre Seigneur Jésus-Christ étant la seconde Personne de la Très Sainte Trinité, Dieu lui-même, consubstantiel au Père, la pureté et la sainteté même, ne convenait-il pas que celle qui devait l’enfanter et qu’Il honorera du nom de mère fut préservée de tout péché ? Comment la chair même de la Très Sainte Vierge, d’où le Fils de Dieu tirera son humanité aurait pu avoir été souillée par la proximité du péché ? Comment celle qui devait écraser la tête du serpent, lui aurait d’abord été soumise ?

Considérons également que c’est par la Très Sainte Vierge Marie, et son libre acquiescement à l’Incarnation du Fils dans son sein au jour de l’Annonciation, que le Père nous a donné, pour ainsi dire, Son Salut. Et comme le dit un père, la Sainte Vierge avait, par la grâce, conçue le Fils de Dieu en son esprit avant qu’elle ne le conçoive en son sein, c’est donc bien qu’elle était pleine de grâce, comme le dira l’ange à l’Annonciation. Cette plénitude à elle seule est déjà une révélation de son Immaculée Conception. Le mot grec, langue dans laquelle l’Évangile de Saint Luc qui rapporte ce passage a été écrit, signifie non-seulement pleine de grâce, mais encore formée en grâce, ce qui prouve bien que cela était cru par l’évangéliste lui-même.

On peut dire à ce sujet, qu’il y a dans la révélation divine des dogmes, qui ne grandissent ensuite, que sous l’effet de la grâce selon les besoins des temps et les secrets desseins de Dieu. C’est le cas de l’Immaculée Conception, dogme si nécessaire à notre époque, où la Très Sainte Vierge, est devenue comme l’ultime rempart des fidèles contre l’omniprésence du démon, non seulement dans la société, mais jusqu’aux places les plus hautes de l’Église. Le bon Dieu ayant voulu nous donner, depuis deux siècles, plus particulièrement encore que par le passé, son culte comme un rempart inexpugnable, où celle qui, entièrement exempte de tout péché, nous est un refuge assuré auprès de Dieu, confiant que n’ayant jamais été son ennemi par le péché, elle sera toujours exaucée auprès de Lui. Qu’Elle daigne, donc nous obtenir de Dieu toute bénédiction pour le connaître, l’aimer et le servir de tout notre cœur, et par là obtenir la vie éternelle promise à ceux qui auront gardés la foi, et par elle pratiqués la charité.

A cela s’ajoute l’argument que l’on peut tirer des apparitions que fit la Très Sainte Vierge Marie au 19ème siècle. A Paris en 1830 et à Lourdes en 1858.

A Paris, à la rue du bac, au noviciat des Sœurs de la Charité, le 27 novembre 1830, sainte Catherine Labouré, verra la Sainte Vierge, qui lui demandera de faire frapper des médailles, avec l’inscription « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». La jeune novice en parlera à son confesseur, qui après deux ans d’observations de la religieuse, acceptera la requête, la présentera à l’archevêque de Paris, et fera frapper les premières médailles, selon les descriptions que saint Catherine Labouré lui donna. Ces médailles représentent sur une face la sainte Vierge étendant les bras, et des rayons sortant de ses mains, écrasant la tête du serpent de son pied, avec autour gravé l’inscription ci-dessus mentionnée, et sur l’autre face, le M de Marie, surmonté d’une croix au- dessus des deux Cœurs de Jésus et Marie. La protection insigne que reçurent ceux qui les portèrent, les firent appelées « médailles miraculeuses ». Et c’est une dévotion très recommandée, et maintes fois approuvée par l’Église, d’en porter une et d’invoquer la Sainte Vierge sous ce vocable, riche d’innombrables grâces. Aussi, Sainte Catherine Labouré, comme Sainte Bernadette Soubirous dont nous allons parler, fait partie de ces saints dont le corps est resté miraculeusement incorrompu jusqu’à ce jour, et que l’on peut encore voir à la rue du Bac à Paris pour la première, et à Nevers, dans ce qu’il reste du couvent saint Gildart pour la seconde.

Ensuite, à Lourdes, 4 ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, une toute jeune enfant, qui n’avait pas encore fait ni catéchisme ni d’autre instruction religieuse que le peu que ses parents eurent le temps de lui donner, vit la Sainte Vierge 18 fois entre le 11 février et le 18 juillet. Dans l’une des apparitions, la Sainte Vierge qui ne s’était pas annoncée comme telle, donnera une réponse aux questions que le curé de Lourdes posait à la petite Bernadette afin de connaître l’identité de cette dame qui lui apparaissait. « Je suis l’Immaculée Conception » dira la Sainte Vierge. Quant à la véracité de l’apparition, les miracles qui eurent lieu sur place en font foi, ainsi que l’approbation de l’Église Universelle qui ne manque d’ailleurs pas pour l’apparition de la rue du bac également. La renommée de ces apparitions est telle, qu’il serait téméraire de les mettre en doute.

Par conséquent, la Sainte Vierge elle-même, glorieusement vivante auprès de son divin Fils dans les cieux, ne peut, pas plus que la puissance divine qui opère dans les miracles, témoigner en faveur du mensonge. Dieu ayant horreur du mensonge et ne pouvant ni se tromper, ni nous tromper, comme nous le disons dans l’acte de foi que l’Église met dans la bouche de ses enfants.

Une autre objection faite par les soi-disant orthodoxes porte sur le fait que le dogme de l’Immaculée Conception rabaisserait la Sainte Vierge, enlevant tous les mérites à ses actions.

Or il y a ici une méprise sur l’origine du mérite. Le mérite est un droit à une récompense, lié à une action méritoire. On dit de telle personne qui a beaucoup travaillé pour obtenir telle chose : qu’elle l’a bien méritée, car elle a fourni l’action qui lui engendre le mérite. Or, pour mériter surnaturellement, il nous faut le principe surnaturel indispensable qu’est la grâce de Dieu. Jésus-Christ ne dit-il pas lui-même : « sans moi vous ne pouvez rien faire » Saint Jean XV, 5. C’est elle, la grâce, qui nous est donnée par les mérites de Jésus-Christ, qui est, ensuite, en nous le principe de nos mérites surnaturels. Aussi pour être méritoire l’action doit être libre. En effet une action forcée par une cause nécessitante ne peut engendrer de mérite. Donc pour avoir un mérite surnaturel il nous faut la grâce, et la liberté d’action.

Or la Sainte Vierge étant par le privilège de l’Immaculée Conception, conçue dans la grâce de Dieu, avait dès le début de sa vie, le principe surnaturel nécessaire au mérite surnaturel. De même, elle avait comme toute autre personne, la nature humaine, qui est essentiellement libre. C’est-à-dire que ses actions n’étaient pas nécessitées par la grâce de Dieu, mais que librement elle pouvait coopérer à la grâce pour agir ainsi surnaturellement et donc de façon méritoire. Aussi, mérita-t-elle toute sa vie. Par une continuelle application à ne faire que ce qui était, par la connaissance qu’elle en avait selon la foi, la volonté de Dieu sur elle. « Ecce ancilla domini ; Fiat mihi secundum verbum tuum. » – Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole, Saint Luc I, 38. Réponse qu’elle donna à l’ange au jour de l’Annonciation, et par laquelle le Verbe se fit chair en son sein. Puisse-t-elle nous obtenir d’avoir les mêmes dispositions vis à vis de la volonté de Dieu sur nous. Elle, qui obtint en vue des mérites futurs de Jésus-Christ qu’elle devait porter et mettre au monde, la grâce divine qu’elle conserva toujours et fit toujours avec une parfaite fidélité, fructifier autant qu’elle pouvait. O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous, afin que Dieu nous fasse la grâce de vous imiter.

Concluons maintenant ce troisième point. On a vu que les Pères de l’Église, témoins de la Tradition, la Sainte Ecriture, ainsi que la raison, la convenance, et même l’histoire récente et les miracles, témoignent de la véracité de ce dogme. Il faut donc croire à l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge comme à un dogme révélé de Dieu et attesté par l’autorité de l’Église, sans quoi nous aurions dévié dans la foi, et notre salut serait en grand danger. Passons maintenant au quatrième point.

Quatrième point, le filioque.

Depuis le IXème siècle, certains grecs, se prétendant orthodoxes, remettent en cause la doctrine Trinitaire de l’Église catholique romaine. Ils disent que l’addition du mot latin « Filioque », dans le Credo de Nicée-Constantinople, qui correspond en français à « et du Fils », pour caractériser la procession du Saint-Esprit, est une innovation contraire à la révélation. Mais ici encore, les preuves apportées plus haut concernant l’autorité suprême et l’infaillibilité du Pape suffisent, en soi, à prouver que la question du filioque n’a pas à être invoquée, compte tenu de l’autorité suprême qui a tranché cette question. Le Pape Benoît VIII (1012-1024) a défini que l’on devait croire que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils (ce qui a toujours été cru, mais qui a été solennellement proclamé par ce pape, clôturant ainsi tout débat). Aussi l’histoire nous apprend-elle que cela n’a été qu’un prétexte, employé par les Orientaux pour se séparer de Rome en invoquant une soi-disant nouveauté. Refaisons d’abord un peu d’histoire, avant d’aborder la question doctrinale.

En 589, le 3ème concile de Tolède en Espagne, puis un autre concile en Galice, introduisent le Filioque dans le Credo de Nicée-Constantinople. L’usage de cette introduction se répandit dans les Gaules, et au IXème siècle Charlemagne voudra la faire approuver par le Pape saint Léon III. Celui-ci resta prudent, et tout en acceptant la doctrine refusa d’approuver solennellement l’addition, par prudence vis à vis de l’Orient.

Dans la suite Photius à la fin du IXème siècle qui est tristement célèbre comme l’auteur de la première fracture entre l’Orient et l’Occident, afin de faire oublier ses propres crimes (avoir horriblement maltraité saint Ignace Patriarche de Constantinople, usurpé son siège, et tenté de fomenter une révolte générale contre le Saint-Siège), accusera le Saint-Siège et tout l’Occident de s’être écarté de la tradition sur la question du Filioque et du célibat des prêtres.

Il sera chassé de son siège usurpé par l’empereur une première fois, condamné par le 8ème concile Œcuménique réunit pour l’occasion à Constantinople. Puis il refera surface, et réussira bien mieux la seconde fois, en obtenant avec force mensonges, d’être légalement institué sur le siège de Constantinople par le pape Jean VIII, sous la condition que Photius fasse amende honorable pour ses forfaits devant un concile local qui serait présidé par les légats romains. Mais ceux-ci furent achetés par Photius qui fit de ce pseudo-concile son triomphe et qui ameuta une bonne partie des évêques d’Orient à sa suite, les gagnants à ses erreurs. C’est ce conciliabule qui depuis le XVème siècle remplace le 8ème concile œcuménique chez les Grecs schismatiques.

Photius fut un peu plus tard chassé par la vigueur du pape Jean VIII qui s’était rendu compte des fourberies de cet homme, et ses erreurs furent poursuivies avec un saint zèle par ses successeurs. Les papes essayeront dans la suite de refermer la fracture que Photius avait ouverte. Malheureusement il est plus facile et rapide de détruire que de reconstruire, et l’entente entre l’Orient et l’Occident ne retrouva jamais ce qu’elle fut aux premiers temps de l’Église. L’empire ayant encore une fois, changé de main, le nouvel empereur, dont la vie avait été menacée par Photius, l’exila enfin.

On voit par ce récit que l’origine de la division entre l’Orient et l’Occident tient essentiellement aux machinations d’un homme habile mais peu recommandable. Plus tard Michel Cérulaire consommera le schisme en 1054. Il y eut dans la suite quelques tentatives de ré-union, mais ce fut sans succès véritable. Grâce à Dieu certains orientaux virent claire, et restèrent en union avec la Sainte Église romaine ; on les appelle les greco-catholiques, ou Grecs unis.

Nous venons donc de voir historiquement que la question n’était qu’un prétexte invoqué en vue de se séparer de Rome. Voyons maintenant, afin de clore tout doute, si cette question doctrinale pourrait se justifier. Ce qui est invoqué par les soi-disant orthodoxes, c’est que ce serait une innovation concernant la procession du Saint Esprit. Certains disent qu’il ne procéderait que du Père sans le Fils, ce qui est hérétique comme nous allons le voir. D’autres disent qu’il procède du Père par le Fils, ce qui est accepté comme formule catholique. Nos adversaires disent aussi généralement que c’est une innovation de l’Église et que la philosophie scolastique, qui consacra l’expression (procédant du Père et du Fils), est illégitime à traiter de ces questions de foi.

Tout d’abord voyons s’il s’agit bien d’une innovation. Qu’est-ce qu’en dit alors la tradition, et surtout les pères des premiers siècles ? Le symbole de Saint Athanase (4ème siècle, principale défenseur de la Foi de l’Église dans la crise arienne) dit :

« Le Père n’a été fait par personne et il n’est ni créé ni engendré; le Fils n’est issu que du Père, il n’est ni fait, ni créé, mais engendré; le Saint-Esprit vient du Père et du Fils, il n’est ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède. Il n’y a donc qu’un Père, non pas trois Pères; un Fils, non pas trois Fils; un saint Esprit, non pas trois saints Esprits. Et dans cette Trinité il n’est rien qui ne soit avant ou après, rien qui ne soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu’en tout, comme on l’a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l’Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l’Unité. Qui donc veut être sauvé, qu’il croie cela de la Trinité. » (le symbole est cité en entier en annexe)

Pas moins de cinq conciles Œcuméniques (les 2ème, 3ème et 4ème de Constantinople, celui de Chalcédoine et celui d’Éphèse en 431) approuvèrent la lettre de saint Cyrille (patriarche d’Alexandrie au 5ème siècle) à Nestorius (hérétique qui détruisait l’unicité de personne en Jésus-Christ). Or cette lettre exprime clairement que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. Voici ce qu’on y lit : « Quoique le Saint-Esprit subsiste en sa propre personne, si on le considère en lui-même et en tant qu’il est le Saint-Esprit et non le Fils, il n’est cependant point étranger au Fils, puisqu’il est appelé l’Esprit de Vérité, et que Jésus-Christ est la vérité : par conséquent il procède du Fils comme il procède de Dieu le Père ».

Si nous remontons un peu plus haut dans l’histoire, nous rencontrons saint Augustin, qui n’est pas moins exprès que saint Cyrille. « Nous ne pouvons pas dire que le Saint-Esprit ne procède pas aussi du Fils ; car ce n’est point en vain que le Saint-Esprit est appelé l’Esprit du Père et du Fils ». liv IV de la Trinité c XX.

Citons également Saint Jean Chrysostome : « le Saint-Esprit, procédant du Père et du Fils, distribue ses dons à chacun comme il lui plaît » homélie 1ère sur le Symbole des Apôtres.

Puis Saint Ambroise « Le Saint-Esprit n’est point séparé du Père ni du Fils, parce qu’il procède du Père et du Fils » livre I du Saint-Esprit, c XI ; et aussi «  Le Saint-Esprit est vraiment l’Esprit procédant, il est vrai, du Père et du Fils, mais il n’est pas le Fils lui-même, puisqu’il n’est point engendré ; ni le Père, puisqu’il procède de l’un et de l’autre » Sur le Symbole des Apôtres, c III.

On pourrait encore citer, toujours dans les premiers siècles de l’Église, Saint Épiphane, Didyme d’Alexandrie, Saint Grégoire de Nysse, saint Basile, saint Athanase, saint Hilaire de Poitiers, et Tertullien. Ainsi les pères grecs comme les pères latins enseignent bien que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. Par conséquent la Tradition des Pères nous montre bien que l’Église n’a innové en rien, en introduisant dans le symbole le « Filioque ».

Voyons maintenant la Sainte Écriture qui n’est évidemment pas muette à ce sujet.

Jésus-Christ dit à ses disciples (Saint Jean, XIV, 26) : « Le Consolateur, qui est le Saint-Esprit, que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses. » ; (le même XV, 26) : « Quand sera venu le Consolateur que je vous enverrai, l’Esprit de Vérité, qui procède du Père, il rendra témoignage de moi » (le même XVI, 13 à 15) « Il vous enseignera toute vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu […] Il me glorifiera, parce qu’il recevra de ce qui est à moi, et il vous l’annoncera. Tout ce qui est à mon Père est à moi ; c’est pourquoi je vous ai dit qu’il recevra de ce qui est à moi ».

Ces paroles prouvent que le Saint-Esprit procède du Fils : D’abord il est dit que le Saint-Esprit est envoyé par le Fils. Or, cette mission suppose qu’il procède du Fils, sans quoi il ne pourrait l’envoyer de lui-même, de même que la mission du Fils de la part du Père suppose que le Fils vient du Père. Nulle part on ne lit que le Père ait été envoyé ni par le Fils ni par le Saint-Esprit ; c’est qu’en effet, le Père n’est d’aucun autre. La théologie dit qu’il est principe sans principe, à la différence du Fils qui est principe du principe. Aussi Notre Seigneur ajoute-t-il que le Saint-Esprit ne parlera pas de lui-même, mais qu’il recevra de ce qui est au Fils, parce que tout ce qui est au Père est au Fils. Or comment le Saint-Esprit peut-il recevoir quelque chose du Fils, si ce n’est par la procession qui le fait venir du Fils ? Enfin, tout est commun entre le Père et le Fils, excepté la paternité et la filiation qui les distinguent l’un de l’autre ; « tout ce qui est à mon Père est à moi ». Cela implique que le Fils a, comme le Père, la vertu de produire le Saint-Esprit, vertu ou propriété relative, et commune au Père et au Fils, quoiqu’elle ne soit dans le Fils que par le Père. Et c’est pourquoi la formule qui dit que le Saint-Esprit procède du Père par le Fils est tout à fait catholique.

On voit aussi dans la Sainte Écriture que le Saint-Esprit est appelé l’Esprit du Fils, l’Esprit de Jésus-Christ. Or le Saint-Esprit n’est vraiment l’Esprit du Fils qu’autant qu’il procède du Fils. C’est la remarque des saints Pères. (toutes ces explications théologiques, ainsi que les citations des Pères sont du Cardinal Gousset, cf bibliographie).

Concernant la scolastique qui s’est employée durant le Moyen Age, à systématiser l’enseignement de la révélation. Elle a fait servir les capacités de la raison naturelle de l’homme à l’explicitation de ce que la foi nous enseigne sur les mystères révélés par Dieu. Or la raison naturelle de l’homme n’est-elle pas un don que Dieu nous a fait pour le connaître ? Autant la révélation nous permet de connaître Dieu, dans ses mystères révélés, autant la raison naturelle de l’homme, éclairée par la foi, soutenue par la grâce, peut également servir fidèlement à l’approfondissement de la révélation. Ainsi, nous avons vu que la doctrine systématisée par la scolastique n’est pas nouvelle, et qu’au contraire son apport permet à l’homme de pénétrer davantage les mystères de Dieu, tout en les conservant comme ils ont été crus et défendus par nos pères. Aussi, notera-t-on que si les Pères de l’Église ont surtout écrit pour défendre la foi attaquée par les hérésies au 4ème et 5ème siècle, la doctrine que l’on trouve dans leurs écrits correspond bien à celle que la scolastique explicitera.

Enfin, et pour conclure sur le Filioque, la doctrine catholique nous apprend que le mode de procession diffère pour le Fils engendré du Père et pour le Saint-Esprit procédant du Père et du Fils comme d’un seul principe. La génération du Fils se fait, dit-on, par mode d’intellect ; c’est ainsi qu’il est le Verbe, la Parole de Dieu, son intellection infinie par lequel il se comprend lui-même, et en cela, comme le dit la Sainte Écriture, il est la vérité. Tandis que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils par mode de volonté, il est la tension du Père vers le Fils et du Fils vers le Père, qui s’aimant mutuellement l’un l’autre, « spire » (comme un soupir d’amour) le Saint-Esprit, Amour mutuel du Père et du Fils comme d’un seul principe. C’est ainsi que de la vérité divine qui est le Fils, procède le Saint-Esprit qui est l’Amour de Dieu, que nous vous souhaitons à tous, vous qui lisez ces lignes. Que comme les trois Personnes divines ne sont qu’une même essence divine, nous puissions, nous qui avons la grâce de croire au Fils Jésus-Christ Notre Seigneur, tous être un dans la Vérité, par la Foi et par là, dans sa grâce, dans la Charité.

Abordons maintenant le 5ème point.

Bibliographie

Théologie Dogmatique, Cardinal Gousset, tome 2

Histoire Ecclésiastique, Abbé Rivaux, tome 1 et 2.

Cinquième point : le célibat ecclésiastique

Nos adversaires disent enfin que le célibat ecclésiastique est une innovation de l’Église d’Occident, Photius dira même que c’est une pratique manichéenne. Or nous allons le voir, il s’agit de la plus pure tradition de l’Église.

Nous citerons pour cela tout un passage, du Cardinal Gousset, déjà cité plus haut.

Citation –

Les clercs étant appelés à un plus haut degré de sainteté, l’Église leur impose l’obligation de vivre dans la continence ; elle ne les admet aux ordres sacrés qu’autant qu’ils prennent l’engagement de garder la chasteté. Ce serait un sacrilège, de la part de celui qui a reçu le sous-diaconat (premier des ordres majeurs, avant le diaconat, puis la prêtrise), de commettre la fornication ou de tenter de se marier ; son mariage serait frappé de nullité, et il ne pourrait attirer sur lui que les malédictions du ciel et de la terre. Voici ce que dit le concile de Trente : « Si quelqu’un dit que les clercs qui sont dans les ordres sacrés, ou les réguliers (les religieux) qui ont fait profession solennelle de chasteté, peuvent contracter mariage, et que le mariage, étant contracté, est valide, nonobstant la loi ecclésiastique ou le vœu ; qu’on ne peut soutenir le contraire sans condamner le mariage, et que ceux-là peuvent se marier qui ne se sentent point le don de chasteté, encore qu’ils en aient fait le vœu ; qu’il soit anathème : puisque Dieu ne refuse point ce don à ceux qui le demandent comme il faut, et qu’il ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces » Sess XXIV, can IX.

Cette loi, dont l’Église n’a dispensé que très rarement (on pense à tous ces malheureux prêtres qui se sont mariés depuis les 50 dernières années…) et toujours à regret, est bien conforme à l’esprit de l’Évangile qui met la continence parfaite au nombre de ses conseils. « Il y en a, dit Jésus-Christ, qui se sont fait eux-mêmes eunuques (note dans le texte : qui ont renoncé au mariage) pour le royaume des cieux. Qui peut comprendre ceci, le comprenne. » Saint Matthieu XIX, 12. Et Saint Paul : « Il est bon à l’homme de ne pas toucher une femme…. Ce n’est point un ordre que je vous donne, mais un conseil. Je voudrais que vous fussiez tous comme moi ; mais chacun a son don particulier, selon qu’il le reçoit de Dieu, l’un d’une manière et l’autre d’une autre. Quant aux hommes qui ne sont point mariés et aux femmes qui sont veuves, je dis qu’il leur est bon de demeurer comme moi. Que s’ils sont trop faible pour garder la continence, qu’ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler… Celui qui n’est point marié s’occupe des choses du Seigneur, et des moyens de plaire à Dieu. Mais celui qui est marié s’occupe des choses de ce monde, et des moyens de plaire à sa femme ; et il est partagé. » Ière aux Corinthiens, VII. Conformément à la doctrine de l’Apôtre, les anciens Pères et les docteurs de tous les temps ont exalté à l’envi la continence, la regardant comme quelque chose de plus parfait en elle-même, comme plus digne, aux yeux de la religion, que l’état du mariage.

Il était donc de la plus haute convenance que les ministres de Jésus-Christ, les dispensateurs des saints mystères, que ceux que saint Paul appelle les hommes de Dieu, fissent profession du célibat. Aussi la loi sur la continence des clercs remonte aux temps apostoliques. Dès le commencement, l’Église n’admettait dans les ordres sacrés que ceux qui n’étaient point engagés dans le mariage, ou qui, étant mariés, avaient cessé de vivre avec leurs femmes. C’est un fait qui nous est attesté par Saint Jérôme et saint Épiphane, qui connaissaient parfaitement l’un et l’autre la discipline des Églises de l’Orient et de l’Occident. Voici ce que dit saint Jérôme : « Qu’on ne choisisse pour évêques, pour prêtres et pour diacres, que des hommes vierges, ou veufs ; ou s’ils sont mariés, qu’ils vivent dans la continence, après avoir reçu le sacerdoce. » Lettre XXX contre Jovinien. Saint Épiphane n’est pas moins exprès : « L’Église, dit-il, n’élève jamais à l’ordre de diacre, de prêtre, d’évêque, ni même de sous-diacre, celui qui vit dans l’état du mariage, et qui veut avoir une famille ; mais seulement celui qui, ayant eu une épouse, s’en est éloigné volontairement, ou en a été séparé par la mort. C’est ce qui se pratique surtout dans les lieux où les canons ecclésiastiques sont religieusement observés » Hérésie, LIX. En 395, le pape Sirice, dans une lettre à Himérius, évêque de Tarragonne, rappelle aux prêtres et aux diacres l’obligation où ils sont de s’abstenir de toute relation avec les femmes qu’ils avaient épousées avant leur promotion aux ordres sacrés ; puis il ajoute : « A partir du jour de notre ordination, nous tous, prêtres et lévites (clercs des ordres inférieurs aux prêtres), sommes tenus par une loi irrévocable, de vouer nos cœurs et nos corps à la tempérance et à la chasteté. » Enfin il déclare qui si dorénavant un évêque, un prêtre, un diacre, s’écarte de cette loi, il ne doit plus espérer d’indulgence ; qu’il faut nécessairement couper avec le fer les plaies qu’on ne peut guérir par les autres remèdes. Vous le remarquerez : le pape Sirice n’introduit pas une nouvelle jurisprudence ; il parle de la loi sur la continence des clercs comme d’une loi qui était, au quatrième siècle, en pleine vigueur dans les Églises d’Occident. En effet le concile de Carthage, de l’an 390, ordonnant la même chose que Sirice, s’appuie sur l’enseignement des apôtres et de l’antiquité. Et depuis, la même loi a été confirmée par les papes et par les conciles d’Afrique, d’Espagne et des Gaules. Il suffira de citer saint Léon le Grand, qui étendit aux sous-diacres ce que les papes Sirice et Innocent Ier avaient ordonné pour les évêques, les prêtres, et les diacres. Voici ses paroles : « Il n’est pas non plus permis aux sous-diacres de se marier ; ainsi ceux qui ne sont point mariés doivent rester seuls ». Lettre XII, alias LXXXIV.

L’Église latine est demeurée constamment fidèle à cette discipline, renouvelant de temps en temps les anciens règlements, et y ajoutant même de nouveaux, afin de prévenir les abus, et de mettre à l’abri de tout soupçon l’honneur des ministres de la religion. Mais les Églises d’Orient se sont insensiblement relâchées de la rigueur de la discipline primitive. Néanmoins les Grecs (ceux restés fidèles à Rome. Pour les soi-disant orthodoxe nous ne savons pas quelle est leur discipline en détail) ne permettent pas à celui qui a reçu les ordres sacrés, ne fût-il que sous-diacre, de se marier après l’ordination, ni à l’évêque qui est ordonné après son mariage, de demeurer avec sa femme ; il doit s’en séparer, et vivre en célibataire.

– Fin de citation

Voilà la doctrine catholique sur le célibat ecclésiastique, sainte pratique qui permet aux clercs d’avoir le temps nécessaire pour vaquer au service de Dieu. Aussi la sainteté du Dieu auxquels nous croyons, et la sainteté des mystères qu’il confie à ses ministres, exige une telle pureté, que le célibat était hautement convenable à leur état de vie.

Concluons ce document en rappelant que l’argument principal sur lequel repose l’Église et toute notre foi, c’est l’autorité divine de Notre Seigneur Jésus-Christ, Verbe divin, dont la moindre parole ne reste pas sans effet, qui a transmis son autorité sur l’Église à Saint Pierre comme à son vicaire sur la terre. C’est ainsi qu’avant même que les Saints Évangiles fussent écrits par les apôtres et leurs disciples, la révélation divine était garantie par l’autorité de Saint Pierre, à qui tous les autres apôtres étaient unis et soumis. Et c’est par les successeurs de saint Pierre que l’Évangile s’est conservé pur sur la terre. Par conséquent il nous faut garder la foi catholique si nous voulons être uni par la grâce à Dieu, et prétendre au Ciel qu’il a promis à ceux qui lui sont fidèles.

Prions donc la Très Sainte Vierge Marie, afin qu’elle nous obtienne un esprit pur de toute erreur et un cœur pur de toute corruption, et ainsi nous pourrons tous être un dans le Cœur de notre Rédempteur, son divin Fils, unis dans la Vérité et la Charité, travaillant à le connaître, l’aimer et le servir, et ainsi glorifier Dieu le Père, béni dans tous les siècles.

Epilogue – Quid de la situation actuelle de l’Église ?

D’après la thèse admise par une partie des catholiques de tradition, après le Pape Pie XII, en 1958 fut élu au conclave celui qui prendra le nom de Jean XXIII, qui est suspecté d’avoir dévié de la foi catholique avant son élévation au souverain pontificat et qui, par conséquent, en vertu de la Bulle Cum Ex Apotolatus de Paul IV, n’a donc jamais été Pape. Ses successeurs sont suspectés également d’avoir dévié dans la foi. Rappelons seulement que l’erreur principale dont ils sont accusés. L’idée maçonnique de la liberté religieuse, condamnée à plusieurs reprises par les Papes au XIXème siècle, et professée par toute une branche de soi-disant catholiques, libéraux, dès le début du XXème siècle. Grâce à Dieu, la providence avait prévu les moyens de comprendre, au moins en partie, la situation où nous sommes, par ce document pontifical infaillible de Paul IV, cette Bulle Cum ex apostolatus, qui justifie la position dite sédévacantiste, c’est-à-dire de la vacance de Siège Apostolique. Ce document fut fait à l’époque de la crise protestante, au XVIème siècle, pour prémunir l’Église des infiltrations protestantes, qui auraient pu faire élire un pape protestant. Il nous sert aujourd’hui à démasquer les infiltrations maçonniques dans les plus hautes sphères de l’Église, qui, elles, ont réussi, semble-t-il à faire élire leurs pseudo-papes.

Citation de l’extrait de la Bulle, au paragraphe 6 :

« Nous ajoutons que si jamais il advient qu’un Évêque, même ayant fonction d’Archevêques, de Patriarche ou de Primat ; qu’un Cardinal de l’Église romaine, même Légat, qu’un Souverain Pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au Cardinalat ou au Souverain Pontificat, ont dévié de la foi catholique ou sont tombés dans quelque hérésies, la promotion ou l’élévation – même si cette dernière a eu lieu dans l’entente et avec l’assentiment unanime de tous les Cardinaux – est nulle, non avenue, sans valeur et on ne pourra dire qu’elle est devenue valide ou qu’elle devient valide parce que l’intéressé accepte la charge, reçoit la consécration ou ensuite entre en possession ou quasi-possession du gouvernement et de l’administration, ou par l’intronisation du Pontife romain lui-même ou par l’adoration (de Dieu dans son serviteur) devant lui ou par la prestation d’obéissance à lui rendue par tous ou par quelque las de temps écoulé pour ces actes : on ne pourra la tenir pour légitime en aucune de ses parties et elle ne confère ni ne peut être censée conférer quelque pouvoir d’administration au spirituel ou au temporel à de tels hommes promus Évêques, Archevêque, Patriarches ou Primats, ou élevés au Cardinalat ou au Souverain Pontificat.

Tous leurs dits, faits et gestes, leur administration et tout ce qui en découle, tout est sans valeur et ne confère aucune autorité, aucun droit à personne. Ces hommes ainsi promus et élevés seront par le fait même, sans qu’il faille quelque déclaration ultérieurs, privés de toute dignité, place, honneur, titre, autorité, fonction, et pouvoir, même si tous et chacun de ces hommes n’a dévié de la foi, tombant dans le schisme ou l’hérésie, qu’après son élection légitime, soit en le suscitant soit en l’embrassant. »

Nous pouvons donc tirer deux idées principales de ce document :

  1. si les prétendants aux Saint-Sièges dont il est question, ont dévié dans la foi avant leur élévation au souverain pontificat, ils n’ont jamais été véritablement Pape

  2. si, par la grâce de Dieu, ils ne professaient pas alors d’erreurs, leur chute dans la foi ensuite les a, ipso-facto, destitué.

Et s’ils sont destitués, ils n’ont aucune autorité légitime dans l’Église Catholique, et tout ce qui en découle est, comme le dit le texte, sans valeur.

Or comme l’enseigne le 1er Concile du Vatican, le pontife romain est infaillible dans son enseignement sur la foi et les mœurs. C’est ce que notre second point a justifié par la tradition de l’Église. Donc il semblerait que le second point doive être rejeté, car il ne s’agirait que d’un cas d’école. Et alors il faut conclure que les personnes se prétendant Pape avaient dévié dans la foi avant leur élévation au souverain pontificat.

Précisons aussi que l’adhésion au 2nd concile du Vatican, constitue une reconnaissance des textes qui y ont été publiés. Dont le texte fameux de la liberté religieuse Dignitatis humanae, qui défend l’idée que l’homme ne doit pas être contraint afin d’adhérer librement à la révélation divine. Ce qui est vrai en un sens et faux en un autre. Car si l’on considère uniquement l’individu il est manifeste que le service que Dieu demande de lui doit être libre, avec son plein consentement. Mais si l’on considère la société chrétienne, afin que la foi et la morale, soient pleinement pratiquées, les libertés des hommes doivent être restreintes, par des lois justes et éclairées, qui tendent à conserver les dogmes de foi dans leur intégrité, et à prévenir et punir ce que la loi divine proscrit aux fidèles en matière de mœurs. Or tout le texte développe uniquement la considération de l’individu, et, ce qui est inacceptable, il place les droits de l’individu avant les devoirs de conservation de la société chrétienne. Tout le contexte du texte tend à expliciter l’idée dans ce sens.

Il y a encore dans le concile, de nombreuses erreurs, mais ce n’est pas ici le sujet. Que ce rappel suffise à montrer que les autorités qui se prétendent catholiques de nos jours ne le sont plus. Et par conséquent que le Siège Apostolique est vacant, et que pour garder la foi il faille garder la tradition de l’Église catholique apostolique et romaine.

La rédaction de la Maison Sainte Philomène.

Symbole de Saint Athanase

Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s’il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l’éternité.

Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du saint Esprit; mais une est la divinité du Père, du Fils et du saint Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté.

Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le saint Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le saint Esprit; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le saint Esprit; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le saint Esprit est Dieu; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le saint Esprit est Seigneur; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu’il y a trois Dieux ou trois Seigneurs.

Le Père n’a été fait par personne et il n’est ni créé ni engendré; le Fils n’est issu que du Père, il n’est ni fait, ni créé, mais engendré; le Saint-Esprit vient du Père et du Fils, il n’est ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède. Il n’y a donc qu’un Père, non pas trois Pères; un Fils, non pas trois Fils; un saint Esprit, non pas trois saints Esprits. Et dans cette Trinité il n’est rien qui ne soit avant ou après, rien qui ne soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu’en tout, comme on l’a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l’Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l’Unité. Qui donc veut être sauvé, qu’il croie cela de la Trinité.

Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi à l’incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. Voici la foi orthodoxe : nous croyons et nous confessons que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, de la substance du Père, engendré avant les siècles, et il est homme, de la substance de sa mère, né dans le temps; Dieu parfait, homme parfait composé d’une âme raisonnable et de chair humaine, égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l’humanité. Bien qu’il soit Dieu et homme, il n’y a pas cependant deux Christ, mais un Christ; un, non parce que la divinité a été transformée en la chair, mais parce que l’humanité a été assumée en Dieu; un absolument, non par un mélange de substance, mais par l’unité de la personne. Car, de même que l’âme raisonnable et le corps font un homme, de même Dieu et l’homme font un Christ. Il a souffert pour notre salut, il est descendu aux enfers, le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté aux cieux, il siège à la droite du Père, d’où il viendra juger les vivants et les morts. A sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique : si quelqu’un n’y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé.

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