Catéchisme – Le principal commandement

Au Cœur Sacré de Notre Seigneur, au Cœur Immaculé et Compatissant de Marie, à Saint Joseph et à Sainte Philomène.

Extrait du Catéchisme de l’Oratoire
(1992, Publié par Oratorium divinae veritatis, traduction de l’allemand par l’abbé Paul Schoonbroodt RIP)

Loi de l’amour

Tous les commandements se ramènent au commandement principal comme les fleuves se déversent dans la mer. Toutes les vertus aussi visent à assurer l’exercice et une plus grande intensité de la plus haute vertu : l’amour.

1. Le commandement de l’amour

Le commandement principal (de la loi divine) est énoncé ainsi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton esprit et de toutes tes forces, et ton prochain comme toi-même. »

Dieu a promulgué le commandement de l’amour de Dieu sur le Sinaï, et Notre Seigneur y a ajouté : « C’est là le plus grand, et le premier commandement. Et voici le second, qui est semblable à celui-là : tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Toute la loi et les prophètes sont renfermés dans ces deux commandements » (MT 22:37-40).

Ce commandement est le principal, parce qu’il contient tous les autres.

Ce commandement contient trois parties : L’amour de Dieu, l’amour du prochain et l’amour de soi. Les trois sont inséparables. Seul celui qui aime Dieu est capable d’aimer le prochain. Inversement saint Jean dit « Si quelqu’un dit : J’aime Dieu et ne laisse pas de haïr son frère, il est menteur » (1 Jn 4:20). Seul celui qui aime Dieu est capable de s’aimer soi-même comme il faut.

2. L’amour de Dieu

Nous devons aimer Dieu de toutes nos forces :

  1. parce qu’Il est la Vérité et l’Amour,
  2. parce qu’Il est infiniment bon et beau,
  3. parce qu’Il nous a créés et rachetés,
  4. parce qu’Il nous l’a commandé.

« Tout ce qui est bon et beau ici sur terre n’est pour moi qu’une poussière insignifiante en comparaison avec Dieu d’où tout ce qu’il y a de bon et de beau tire son origine (Alban Stolz). Dieu est la source de toute bonté et tout ce qui est bon et beau sur terre est un faible rayon de sa bonté et de sa beauté infinie et éternelle. Il n’y a qu’en Lui que nous trouvons l’assouvissement de nos désirs et de notre attente. L’amour de la vérité est une partie importante de l’amour de Dieu. « Servez Dieu dans la vérité » (Tb 14:8) « Ils n’ont pas reçu et aimé la vérité pour être sauvés » (2 Th 2:10).

Nous trouvons le meilleur exemple de l’amour de Dieu en Jésus-Christ; ensuite vient l’exemple de la Sainte Vierge, des saints martyrs et des confesseurs.

Ce qui fait le secret des saints c’est leur amour de Dieu car chacun d’eux a porté d’une manière spéciale l’amour de Dieu à un sommet.

Nous témoignons de notre amour à l’égard de Dieu en observant ses commandements.

« Celui qui a Mes commandements, et qui les garde, voilà celui qui M’aime » (Jn 14:21). C’est par nos actes que nous témoignons de notre amour à l’égard de Dieu. Celui qui garde les commandements de Dieu en pensées, en paroles et dans ses actes, celui-là aime Dieu. Surtout il nous faut prier, car on parle alors avec celui que l’on aime.
Il nous faut aimer Dieu avec le travail de nos mains et avec la sueur de notre front » (saint Vincent de Paul). « Nous ne devons pas nous imaginer de trouver l’amour sans la souffrance » (sainte Thérèse de l’Enfant Jésus).

Les effets de l’amour de Dieu en nous sont :
la gaieté dans le travail,
l’égalité d’âme dans la souffrance
et la force dans les tentations.

Plus nous aimons Dieu, plus la vie divine se développe en nous.

3. L’amour du prochain

Le signe qui nous fait reconnaître comme disciples du Christ c’est que nous nous aimons les uns les autres.

Jésus a dit : « C’est à ceci que tous connaîtront que vous êtes Mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13:35).
« Il n’y a pas d’ascension plus sûre vers l’amour de Dieu que l’amour de l’homme pour son prochain » (saint Augustin)

Notre prochain est tout homme, ami ou ennemi, qui entre en relation avec nous et surtout lorsqu’il a besoin de notre aide : celui-là est notre prochain.

Noter Seigneur nous montre dans la parabole saisissante du bon Samaritain qui est notre prochain (Lc 10:30-37). C’est à partir de cette parabole que l’aide aux blessés s’appelle « service de Samaritain ».

Nous ne pouvons exclure personne de la charité, parce que tous les hommes sont créés par Dieu, parce qu’ils sont aimés par Jésus-Christ et parce qu’ils sont appelés à la béatitude éternelle.

Comme créateur, Dieu est le Père commun de tous les hommes qui sont tous des images de Dieu. – Le Christ est le rédempteur commun de tous les hommes, parce qu’Il a versé Son sang pour tous, même si tous ne consentent pas à être racheté. – Toute âme humaine sort directement de la main de Dieu, Il veut qu’elle retourne à Lui. « Vous nous avez créés pour Vous, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il repose en vous » (saint Augustin).

Nous devons aimer notre prochain comme nous-mêmes et nous devons lui souhaiter et faire ce que nous aimerions qu’on nous fasse.

Dans le sermon sur la montagne Notre Seigneur dit : Tout ce que vous voulez que les hommes vous fassent, pareillement vous aussi faites-le pour eux » (Mt 7:12). Dans le prochain nous devons voir le Christ. « Autant de fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de Mes frères, c’est à Moi-Même que vous l’avez fait » (Mt 25:40).

La charité chrétienne exige donc

  1. que nous respections le prochain et que nous lui soyons bienveillants,
  2. que lui donnions le bon exemple,
  3. que nous lui venions en aide lorsqu’il est dans le besoin.

« Si tu as vu ton frère, tu as vu Dieu » (saint Clément d’Alexandrie)

Exhortation: Tout homme a des qualités. Apprenons donc à voir et à aimer le bien chez l’autre. Le bon exemple vaut plus que beaucoup de bonnes paroles. Ne soyons jamais un méchant compagnon ni un séducteur. Nous devons imiter la miséricorde divine et pardonner à notre prochain, même s’il nous gravement nui. Soyons un bon ami pour l’autre, un ange gardien.

Nous ne sommes pas tenus d’aimer également tous ceux qui sont autour de nous, car notre charité doit s’exercer d’abord à l’égard de ceux qui nous sont les plus proches.

Il y a une hiérarchie à observer dans l’amour du prochain. Au premier rang sont nos enfants, nos parents, nos amis, nos voisins, nos frères dans la foi. « C’est pourquoi, pendant que nous en avons le temps pratiquons le bien envers tous, mais surtout envers ceux qui partagent notre foi » (Ga 6:10).

La charité fraternelle se manifeste par les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle. Saint Jean écrit dans sa première épître :  » Mes petits enfants, n’aimons pas de parole, ni de langue, mais par les œuvres et en vérité » (1 Jn 3:18). Les secours que nous portons au prochain doivent être aussi multiples que ses besoins.

Les œuvres de miséricorde corporelle sont :
1° Donner à manger à ceux qui ont faim. 2° Donner à boire à ceux qui ont soif. 3° Vêtir ceux qui sont nus. 4° Abriter les étrangers. 5° Visiter les infirmes. 6° Visiter les prisonniers. 7° Ensevelir les morts.

Les œuvres de miséricorde spirituelle sont :
1° Conseiller ceux qui en ont besoin. 2° Instruire les ignorants. 3° Exhorter les pécheurs. 4° Consoler les affligés. 5° Pardonner les offenses. 6° Supporter patiemment les personnes ennuyeuses. 7° Prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

Les œuvres de miséricorde spirituelle ont une valeur plus grande que les œuvres de miséricorde corporelle.

Les œuvres de miséricorde ont une valeur particulière

  1. parce que notre foi est prouvée par elles; « Ainsi la foi qui n’a pas les œuvres est morte en elle-même » (Jc 2:17). « La charité effective adoucit toutes les douleurs, mais les paroles ne font que les augmenter » (Père Kolping).
  2. parce que le Christ déclare bienheureux les miséricordieux; « Bienheureux les miséricordieux, parce qu’ils obtiendront eux-mêmes miséricorde » (Mt 5:7). « Autant de fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de Mes frères, c’est à Moi-Même que vous l’avez fait » (Mt 25:40).
  3. parce qu’au Jugement dernier nous serons jugés selon nos œuvres. Le Souverain Juge couronnera les miséricordieux par la béatitude éternelle, tandis qu’Il repoussera ceux qui auront été impitoyables (Mt 25:35 ss)

Ce qui s’oppose à la charité fraternelle c’est la haine contre autrui. « Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur » (Lv 19:17).

La haine consiste à vouloir un préjudice au prochain, à refuser de lui être uni, de lui vouloir du mal voire même de le supprimer.
Un des malheurs des damnés en enfer est d’être animés d’une haine permanente de Dieu et des autres.
Nous, au contraire, nous haïrons l’injustice et le péché. « Haïssez le mal et aimez le bien » (Am 5:15). Le fait de haïr rend l’homme lui-même hideux.

Le Christ exige de nous que nous aimions même nos ennemis :

  1. parce qu »Il a versé Son très précieux sang pour tous les hommes;
  2. parce que la charité véritable inclut aussi l’amour des ennemis.

Jésus demande à Ses disciples : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous persécutent et qui vous calomnient » (Mt 5:44). Il nous apprend à prier : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Sur la croix Il a dit Lui-Même : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23:34).
Si quelque sentiment de vengeance surgit en nous, souvenons-nous alors que c’est Dieu qui venge toute injustice :  » A Moi appartiennent la vengeance et les représailles, parole du Seigneur » (Dt 32:35).

4. L’amour de soi

Nous sommes aussi tenus de nous aimer nous-mêmes.

Chacun est tenu de s’accepter tel que Dieu l’a créé avec ses déficiences et ses faiblesses. Nous ne devons pas nous haïr et nous ne devons pas nous suicider. Quand Jésus proclame le commandement « Tu aimeras le prochain comme toi-même » Il a ordonné aussi de s’aimer soi-même comme il convient.

Les devoirs qui nous sont imposés par l’amour de nous mêmes consistent à nous occuper d’une manière ordonnée des besoins du corps et de l’âme.

S’aimer soi-même comme il convient n’est possible que s’il l’on aime Dieu. Aussi nous devons nous soucier d’abord de notre âme immortelle. « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît » (Mt 6:33)
Le corps lui aussi a droit à des soins et à l’attention, car la santé, la beauté et la force physique sont des dons de Dieu. Il faut placer plus haut cependant, les qualités de l’esprit comme les talents; la formation, les compétences, le savoir et le savoir-faire; la mémoire et le bon caractère. Mais il y a quelque chose de plus excellent encore et ce sont la grâce divine, la foi et l’innocence de l’âme.

C’est l’amour désordonné de soi ou l’égoïsme qui s’oppose à l’amour chrétien de soi. L’amour de soi est désordonné lorsque l’homme s’occupe plus du corps que de l’âme, et plus du temporel que des choses éternelles.

L’égoïsme pousse les hommes à chercher leur propre avantage sans se soucier du bien des autres; ils en arrivent même à préférer leur propre gloire et leur volonté propre, à la gloire et à la volonté de Dieu.
L’égoïsme est la source de tous les péchés.

Cet article a été publié dans Doctrine catholique, Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.