1er dimanche de Carême 2017 – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, le Carême est commencé depuis Mercredi dernier, depuis ce Mercredi des Cendres. Pourquoi ce temps de pénitence, pourquoi le jeûne du Carême ? Qui, dès la fondation de l’Église, fut observé par les disciples de Notre Seigneur et qui l’ont recommandé aux fidèles? Dans ses commentaires, Dom Guéranger dit que l’homme étant demeuré pécheur, même après l’accomplissement des mystères divins par lesquels le Christ a opéré notre salut, l’expiation est donc encore nécessaire et il explique que l’on détermina tout naturellement pour cette carrière de pénitence le nombre de quarante jours, que l’exemple du Sauveur lui-même avait marqué.

Mais avant de vous parler de différentes résolutions à prendre pendant  le Carême, je vous donne quelques explications sur les trois tentations que le démon suggéra à Notre Seigneur à la fin des quarante jours de jeûne dans le désert. Et nous retiendrons bien sûr comment Notre Seigneur repousse la tentation.

La première tentation porte sur la nourriture corporelle : « Si tu es le Fils de Dieu, commande que ces pierres deviennent des pains ». Notre Seigneur répond : « Il est écrit que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Notre Seigneur nous montre, mes bien chers frères, donc que l’on repousse la tentation en opposant à l’ennemi le bouclier de l’inflexible Parole de Dieu.

Voilà pourquoi il est nécessaire, mes bien chers frères, pendant le carême tout particulièrement, de mieux connaître et méditer la sainte Ecriture, et de mieux connaître également le Magistère de l’Église, les actes du Magistère de l’Église.

Nous croyons à Notre Seigneur et à son enseignement, et nous croyons aussi à tout ce que croit et enseigne l’Eglise. Par conséquent, une fois encore je vous rappelle, aimez à lire les Actes du Magistère et vous comprendrez de mieux en mieux que ces Actes infaillibles ne contiennent que ce qu’il faut croire, et ce qu’il faut faire pour aller au ciel. L’Église ne pouvant ni se tromper ni nous tromper, puisque le Christ et l’Église c’est tout un, il n’est donc nullement question dans son enseignement d’opinions théologiques sujettes à l’erreur.

Alors ayant en horreur la malhonnêteté intellectuelle, je rappelle ici que même, même dans le clergé traditionnel, certains clercs se permettent de tronquer ou de faire des ajouts, je pense particulièrement dans une encyclique de Pie XII, pour soutenir par là que le Magistère puisse enseigner de telles opinions . Alors quelle est précisément l’instruction qui nous est donnée dans la deuxième tentation à Notre Seigneur, tentation du démon à Notre Seigneur ? C’est précisément que si certaines citations paraissent certaines, elles sont tronquées ou mal citées, ou mal traduites ou encore détournées de leur véritable sens.

Et cela, mes bien cher frères, vous l’aurez compris, c’est l’utilisation même que fait le démon de la sainte Écriture.  Vous avez entendu comment le démon s’y prend : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit que Dieu a confié aux anges la garde de tes voies ». En effet dans le Psaume 90 il est dit que les anges te porteront afin que tes pieds ne heurtent pas la pierre. Le démon cite donc ce passage, et l’on pourrait le croire, pourquoi ? Puisqu’il s’agit de la sainte Ecriture. Mais, mes bien chers frères, ce passage est sorti de son contexte car, réfléchissez bien : le démon cite mal la sainte Ecriture, pourquoi ? Parce que dans le Psaume 90 il n’est nullement question de se précipiter en bas !

Le Père Scupoli dans son ouvrage Le combat spirituel, dit au sujet des sortes de tentation au moment de la mort : « (…) n’écoutez même pas les autorités de la sainte Ecriture que l’ennemi vous alléguera ; car quelques claires et quelques certaines qu’elles vous paraissent, elles seront ou tronquées ou mal citées, ou détournées de leur véritable sens ».  C’est que le démon est le père du mensonge, et c’est bien pourquoi Notre Seigneur répond : « Il est aussi écrit : ’’Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu’’ ». Alors, mes bien chers frères, prenons la résolution, mes bien chers frères, de toujours agir en toute honnêteté intellectuelle, d’être soucieux de la vérité, je vous rappelle régulièrement d’avoir cette charité de la vérité, même à certains clercs et certains prélats que l’on connaît, d’être soucieux de la vérité, et prenant exemple sur Notre Seigneur chassant cette tentation, finalement de l’orgueil, – ah ! Se précipiter du pinacle du temple et arriver dans la foule comme ça, c’eut été spectaculaire, c’était jouer les vedettes, donc à l’exemple de Notre Seigneur chassant cette tentation de l’orgueil, de réprimer cet orgueil qui bien souvent fait que nos pensées, nos paroles, nos actions, sont faites dans un esprit de vaine gloire qui, au lieu de nous faire gagner des mérites, nous les fait perdre.

Et puis en ce qui concerne la troisième tentation, comprenons que le démon va même jusqu’à usurper les honneurs divins. Il joue sa dernière carte. En effet, en montrant à Notre Seigneur tous les royaumes du monde avec leur pompe, avec leur gloire, il montre son empire et tout cet esprit du monde qui est donc l’esprit du démon. « Je te donnerai tout cela, si tu veux te prosterner devant moi et m’adorer ». Notre Seigneur s’indigne évidemment et le repousse avec mépris : « Retire-toi Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que Lui seul ».

Rejetons donc immédiatement toute forme idolâtrie, toute forme idolâtrie. Les efforts de carême doivent être produits pour rejeter cette idolâtrie finalement de soi-même et par conséquent manifester une plus grande dépendance de nous-mêmes vis-à-vis de Notre Seigneur. Voilà, mes bien chers frères, les exemples que Notre Seigneur nous donne à travers ces trois tentations.

Alors comme je vous l’ai dit, après ces explications, regardons alors les autres exercices du Carême.

Le Carême est vraiment un temps de pénitences, et ces pénitences s’exercent principalement par la pratique du jeûne. Dom Guéranger explique que « le jeûne est une abstinence volontaire que l’homme s’impose en expiation de ses péchés ». Alors même avec les adoucissements par rapport aux siècles passés, il faut bien le reconnaître, je vous recommande la privation de la viande en semaine, personne n’en trouvera des gros ennuis de santé. Et cette privation de la viande en semaine, c’est un principe fondamental donc ce jeûne que vous pouvez observer avec l’abstinence du vin également.

Et ce jeûne doit s’étendre, dans une certaine mesure, jusqu’à la privation de la nourriture ordinaire. Alors vous allez me dire : Dans quelle mesure me direz-vous ? C’est tout simple : vous devez ’’sentir en creux’’ votre estomac quand arrive l’heure du repas, c’est la preuve que vous avez diminué la nourriture parce que votre estomac réclame, vous devez ’’sentir en creux’’ à ces moment là. Et, mes bien chers frères, l’on doit alors remercier l’Église de ce puissant moyen qui agit sur le corps et sur l’âme, sur notre vie intérieure.

Rappelons-nous à ce sujet ce que disait l’abbé Julio Meinvielle : « Les ennemis déclarés de l’Église commencèrent à avoir du succès dans leur criminelle entreprise seulement quand les chrétiens commencèrent à s’affaiblir dans l’esprit de leur vie intérieure ». Qui fait ce qu’il faut pour grandir dans l’esprit de cette vie intérieur, et qui suit correctement, comme il se devrait le carême aujourd’hui ? Il ne faut donc pas s’étonner, mes bien chers frères, de ce que nous vivons en ces temps actuels.

Aussi, si nous nous séparons pendant ces quarante jours des plaisirs légitimes et de tout ce qui nous distrait ou détourne de Dieu, c’est parce qu’il nous faut également triompher de trois ennemis : du démon, de la chair et du monde. Voilà donc pourquoi nous faisons ces efforts : pour repousser les tentations, les occasions de pécher, et manifester au contraire, certaines vertus, principalement l’humilité, et puis grandir en piété et pratiquer l’aumône.

En ce qui concerne la piété, Dom Guéranger dit de fréquenter plus assidûment la maison de Dieu et de se livrer à la prière avec plus d’ardeur. Je connais les conditions dans lesquelles vous êtes, mes bien chers frères, mais vous pouvez réaliser ces efforts.

Quant à l’Aumône, complément nécessaire du jeûne et de la prière pendant le Carême, voici ce que dit Dom Guéranger : « L’aumône renferme toutes les œuvres de miséricorde envers le prochain : aussi les saints Docteurs de l’Église l’ont-ils unanimement recommandé. C’est une loi établie de Dieu, et à laquelle Il a daigné Lui-même se soumettre ».

Alors pour pratiquer comme il faut cette aumône, pensez à ce que vos efforts, vos sacrifices dans le jeûne, qui se traduisent forcément, mes bien chers frères, par moins de dépenses financières, se concrétisent, chercher pas loin, se concrétise pour nos besoins ici, pour notre petite communauté (et que les personnes qui écouteront ou liront cette résolution, la concrétisent réellement, en ne pensant pas que d’autres le feront bien, j’ai déjà regardé ça bien souvent dans mon ministère « oh ce n’est pas pour moi finalement ce qu’il dit, il va bien y avoir quelqu’un d’autre qui va le faire » et alors si tout le monde réagit comme ça, il n’y a aucune concrétisation, aucun retour. Alors pour cela je précise à ceux qui m’écoute ou me liront, que toutes les coordonnées pour nous communiquer ces économies sont indiquées sur le dépliant également disponible sur notre site internet). Voilà mes bien chers frères, comment concrètement vous êtes tous et toutes invités, comme le souhaite l’Eglise pour ce carême, par vos sacrifices à soutenir nos œuvres.

Par conséquent, mes bien chers frères, et pour résumer, pour conclure faites véritablement pénitence. Observez le jeûne et ayez cet esprit de retraite et de séparation de l’esprit du monde. Que les habitudes de ce saint temps tranchent en toutes choses par rapport à celles du reste de l’année. Et alors, mettons alors ce Carême sous la protection de la très sainte Vierge Marie. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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