Dimanche de la Quinquagésime 2017 – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, dans l’Evangile de ce dimanche Notre Seigneur prédit sa Passion et puis il rend la vue à un aveugle-né. Le récit de ces deux faits nous montre donc d’un côté la Passion du Sauveur renouvelée par les péchés, et particulièrement en ces jours de désordres à l’occasion des carnavals, et puis de l’autre, le monde si aveugle sur les choses de Dieu et de l’éternité. Rappellez vous également aussi une grande partie de ce monde traditionnel, de la majorité traditionnelle, plongé dans l’aveuglement spirituel également, à cause des erreurs principalement sur l’infaillibilité de l’Église.


Alors, Dom Guéranger disait déjà à son époque, à propos des carnavals : « Combien donc sont loin d’être de véritables enfants d’Abraham ces chrétiens qui, aujourd’hui et les deux jours suivants, se livrent à l’intempérance et à une dissipation coupable, sous le prétexte que la sainte Quarantaine va bientôt commencer ! ».
Ce reproche m’amène bien sûr à aborder les résolutions que l’Église nous recommande pour réparer ces licences du carnaval !

Et comme ce n’est malheureusement pas seulement en ces jours de carnaval que les âmes se livrent à tous les désordres, je vous rappelle donc que les joies que l’Église tolère, sont les joies innocentes, celles qui sont réservées à ceux pour qui les jours du Carême se termineront par la réception des sacrements qui purifient les cœurs et renouvellent la vie de l’âme. Rappelez vous, au niveau d’une conversion particulièrement, qu’il y a plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se converti que pour 100 justes qui persévèrent. Ca ne veut pas dire qu’il ne faut persévérer, mais voilà ce que ce carême doit amener, une sincère conversion du cœur.

L’Église donc, a songé à ces occupations qui procurent ces joies innocentes. Ce n’est évidemment pas dans le sens de ces désirs, de ces amusements frivoles, ou encore de satisfaction de l’orgueil. Non, l’Église nous a préparé « une diversion puissante, dit là encore Dom Guéranger, en même temps qu’un moyen d’apaiser la colère de Dieu, que tant d’excès provoquent et irritent ». Ce moyen, ce sont ces trois jours, jusqu’au Mercredi des Cendres, ce service donc appelé des Quarante heures dont je vous ai parlé dans les annonces, où l’Église nous fait donc exposer le Saint Sacrement, Notre Seigneur Jésus-Christ réellement présent au Très Sacrement de l’Autel.

Par conséquent, mes bien chers frères, nous devons tout faire pour nous libérer, pour venir adorer Notre Seigneur et lui rendre les hommages qui lui sont dû, le reconnaître là encore pour notre roi, le roi de nos cœurs, lui présenter aussi le repentir, le regret des péchés. Dom Guéranger dit à ce sujet : Notre Seigneur agréant ces repentirs, s’offre à son Père pour les pécheurs qui, non contents d’oublier ses bienfaits, semblent avoir résolu de l’outrager en ces jours plus que dans tout autre temps de l’année. C’est incroyable mais c’est exactement vrai, alors que tout devrait concourir à être plus vertueux, et par conséquent moins pécher, moins produire de péchés

Aussi, mes bien chers frères, puisque l’Église demande à ce que Notre Seigneur soit exposé sur les autels, eh bien prévoyons, de rendre au près du Saint Sacrement, de nous dérober de toutes ces influences profanes, n’accordant rien à l’esprit du monde, et venons adorer Notre Seigneur, faisant aussi tout particulièrement cet amende honorable de nos péchés et pour les péchés commis en ces jours de carnaval.

Plus nous sommes conscients de la gravité de ces péchés, plus nous comprendrons l’importance et l’ampleur de la réparation à accomplir ; c’est pourquoi, et j’insiste, ne laissez pas passer cette occasion de prier Notre Seigneur et de lui demander pardon.

Et puis, mes bien chers frères, sachez que se sera également une bonne occasion, pendant ce temps donc d’exposition du Saint Sacrement, de manifester toute votre foi, votre espérance du ciel, et la charité que nous devons particulièrement à Notre Seigneur. L’Apôtre saint Paul, vous avez entendu l’Épître de ce dimanche, nous dit que la foi et l’espérance cesseront au ciel. En effet le ciel, c’est être en présence de la réalité contemplée, la vision de Dieu. L’espérance sera sans objet puisque le Ciel c’est la possession de ce dont on aura cru et espéré ici-bas : voir Dieu et l’aimer pour toujours. Seule subsistera donc la charité avec le degré que nous aurons atteint ici-bas. Alors progressons tout particulièrement dans cette vertu théologale de charité, en ce tout début de Carême, concrètement, pas seulement en désir,.

Et commençons par réaliser ce que Notre Seigneur nous demande par son Église : sachons donc Lui présenter cette amende honorable pour tous les péchés, nos péchés. Amende honorable que nous saurons évidemment faire passer par la médiation de la très sainte Vierge Marie. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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