Dimanche de la Sexagésime 2017 – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, en ce dimanche de la Sexagésime, l’Eglise nous rappelle l’état de bonheur parfait pour lequel le Bon Dieu nous a créé et que nous devons mériter.

Comme nous le rappelle en résumé notre catéchisme, Dieu nous a créé pour l’adorer, l’aimer, le servir comme un père, et ainsi obtenir le bonheur du Ciel. Pour réaliser ce but, il faut bien sûr connaître notre condition de pécheur suite au péché originel.
Cette condition de pêcheur nous a été rappelée dimanche dernier, mais il faut également bien comprendre, mes bien chers frères, ce que Dieu a voulu en créant l’homme à son image.

Il a voulu, le sixième jour, quand tout était prêt, il a voulu faire un chef d’œuvre de perfection digne de sa Majesté. Dieu en effet avait donné à nos premiers parents, Adam et Eve, et nous nous situons bien sûr avant le péché originel, avait donné un corps et une âme ornées des biens les plus précieux, tout spécialement de la grâce sanctifiante, et puis des dons naturels, des dons préternaturels et des dons surnaturels dans le but d’obtenir le Ciel. Alors, mes bien chers frères, regardons ces différents dons.

Tout d’abord les dons naturels : outre le corps et l’âme, ce sont l’intelligence, la volonté, ainsi que tous les moyens convenables qui lui permettaient d’atteindre sa fin naturelle.
Puis les dons préternaturels maintenant : alors, c’étaient d’insignes perfections, comme le nom l’indique, surajoutées, préternaturelles surajoutées aux qualités essentielles. Il y avait l’impassibilité, c’est-à-dire l’exemption de la souffrance, avec une santé inaltérable ; et puis la science infuse et éminente qui leur permettaient de remplir le rôle de père et d’éducateur du genre humain. Ensuite, l’intégrité, la droiture de la volonté toujours soumise à Dieu et à la raison. Ils étaient ainsi portés au bien sans penchant, sans inclination vers le mal. Ainsi, tout en conservant la pleine liberté de ses actes, la nature entière s’inclinait devant l’être humain.

Et puis il y avait aussi l’immortalité du corps : ainsi prémunis contre la mort, et nos premiers parents devaient après un certain laps de temps et sans agonie, être introduits corps et âme au Ciel. Voilà mes bien chers frères, pour les dons préternaturels, ajoutés en plus à la nature.

Maintenant les dons surnaturels, nous avons vu les dons naturels, mais là les dons surnaturels ! Comme le terme l’indique, ils élevaient l’homme à la hauteur de l’ordre surnaturel et le rendaient « participant de la nature divine ». Ces dons surnaturels, étaient la grâce et la gloire.

Alors il faut se rendre compte que tous ces dons, mes bien chers frères, étaient d’une totale gratuité de la part de Dieu, de leur créateur, et Il avait donc, Dieu avait donc le droit d’exiger de sa créature, sous la forme d’un acte d’obéissance, un hommage de dépendance et de gratitude avant de couronner ses bienfaits par la gloire du Ciel. Un acte d’obéissance, et c’est la raison pour laquelle Dieu a soumis Adam et Eve à l’épreuve qui nous est relatée, vous le savez bien, dans le Livre de la Genèse.

C’était une épreuve dont Adam et Eve pouvaient aisément triompher, mais, oubliant leurs dettes de reconnaissance et leurs propres intérêts, cette récompense qu’est le Ciel, ils se rendirent malheureusement coupables d’une faute qui fera à jamais la désolation de l’humanité. Le péché à l’origine, le péché d’origine, le péché originel.

Vous savez comment le démon mit tout en œuvre pour exciter dans le cœur de l’homme l’esprit de révolte. C’est l’orgueil qui est la première cause de la désobéissance. C’est un amour déréglé de leur propre excellence qui s’est introduit. Ils veulent en effet, trompé par le démon, ressembler à Dieu, d’une ressemblance de science puisque le  séducteur leur dit : « Vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal ».

Et puis il y a la défaillance de la volonté. Affranchis de la concupiscence, ils avaient, Adam et Eve avaient gardé la liberté de choisir un bien apparent et de se détourner de Dieu. Nous constatons en effet que la volonté, je vais donner quelques exemples, nous constatons en effet que la volonté, peut agir à l’encontre des lumières de l’intelligence. Considérez aujourd’hui, mes bien chers frères, toutes les décisions qui vont à l’encontre de la vérité connue. Les clercs tout particulièrement, ceux de la majorité traditionnelle qui refusent d’appliquer les connaissances qu’ils ont sur des sujets très importants, comme l’invalidité des sacres épiscopaux et des ordinations sacerdotales, et de l’invalidité de la nouvelle messe… La volonté peut donc agir à l’encontre des lumières de l’intelligence, et c’est ce qui s’est passé avec les anges déchus, avec Lucifer ; ils ont agit à l’encontre des lumières qu’ils possédaient à un degré suréminent par rapport à l’homme, en plus.

Et puis, mes bien chers frères, dans le péché originel, du côté d’Adam, il y eu aussi une complaisance coupable pour Ève. Dieu en fait un des motifs de sa punition : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme ». Et puis du côté d’Ève qu’il y a-t-il encore ? Qu’il y a-t-il encore ? Et bien il y a un sentiment de curiosité. La  curiosité, je vous en fais encore une fois la remarque mes bien chers frères, qui se retrouve dans les causes du modernisme. Saint Pie X le précise bien, dans l’encyclique Pascendi. Il s’agit alors de cette curiosité, dans le modernisme, de cette curiosité pour la nouveauté. Et c’est fort bien étudié dans l’encyclique Pascendi. La curiosité pour la nouveauté. On pourrait faire retenir ce petit raccourcis mes bien chers fères, concernant le modernisme, concernant la liturgie conciliaire, de la nouvelle doctrine, des doctrines erronées. Toute nouveauté est une hérésie.

Et puis enfin il y a bien sûr un péché d’ingratitude, car le Bon Dieu les avait vraiment comblés de faveurs.
Adam et Eve ne le lui ont pas rendu en retour, et nos premiers parents ne se sont pas seulement voués à la mort à eux-mêmes, ils ont voué aussi le genre humain, vous le savez, par quel moyen ? Par voie de génération.

Cet état originel, mes bien chers frères, fut donc perdu et chassés du Paradis, ils ne conservèrent que les dons naturels indispensables à toute créature douée de raison. Mais il est évident que ces facultés naturelles de l’intelligence et de la volonté se ressentirent de cet état de déchéance, et de la soumission désormais à l’influence du démon. C’est ce qui explique l’avilissement des êtres humains après le péché originel. Il faut pas chercher les millions d’années, différentes ères, les différentes catégories d’hommes qui évoluent. Cela s’explique par cette déchéance suite au péché originel.

Cet état originel fut donc perdu, mais, mes bien chers frères, celui-ci est restauré dans l’ordre de la grâce, par Notre Seigneur Jésus-Christ ; qui est le Grand Pontife, celui qui rétablit le pont entre le Ciel et la terre. Vous pouvez reprendre en grande partie l’épître de l’Apôtre Saint Paul aux Hébreux, cela nous sera d’ailleurs cité prochainement à la fin du carême.

Aussi, pouvant de nouveau atteindre la vision béatifique à laquelle Dieu nous destine, nous aurons compris qu’il faut bien sûr la mériter. Ce qui était donné gratuitement à Adam et Eve doit être désormais gagné. Et comme sans le secours de Dieu nous ne pouvons rien faire, la grâce sanctifiante et les grâces actuelles sont désormais les moyens surnaturels que Dieu nous accorde pour obtenir cette fin pour laquelle nous sommes créés.
Ces moyens surnaturels, vous le savez bien, nous ne les obtenons pas n’importe où et n’importe comment ; nous les obtenons au sein de l’Église catholique, par les prières, par la sainte messe, par les sacrements et ils nous sont accordés au nom des mérites acquispar Notre Seigneur Jésus-Christ, par sa Passion et par sa Croix.

Ainsi, lorsque nous regardons l’enseignement de ce dimanche, nous avons donc ce rappel des efforts que nous devons produire, secourus par la grâce de Dieu, et ces encouragements pour les futurs exercices du Carême qui sont des moyens d’atteindre ce bonheur du Ciel.

Alors, mes bien chers frère, comme le rappel l’enseignement de dimanche dernier, travaillons à notre salut, sans manquer d’espérance mais aussi sans présomption. Et puis sans laxisme doctrinal, mes bien chers frères, car ce monde libéral dans lequel nous sommes, croit que l’accès au Ciel est facile. C’est tout l’enseignement malheureusement de cette religion conciliaire. Qui prêche le relâchement finalement dans l’observance des préceptes de Notre Seigneur Jésus-Christ, des commandements de Dieu et de l’Eglise.

Alors, tous les jours, quotidiennement, pensez mes biens chers frères, à votre salut éternel et travaillez-y sans compter. C’est pour cela que l’Eglise nous fait regarder ce matin tout ce passage de l’Épître de l’Apôtre Saint Paul aux Corinthiens, la deuxième épitre aux Corinthiens, pour nous montrer tous les labeurs qu’a enduré donc l’Apôtre saint Paul, et nous stimuler. Vous avez entendu donc les différents périls par lesquels il a eut à subir, et je pense tout particulièrement aussi, au péril de la mer, mais péril des faux frères, car qui nous a attaqué depuis plusieurs années, des gens forts bien connus, qui ont logé plusieurs jours ici. Ce ne sont pas des conciliaires du village à coté, ce sont des gens de tradition, bien de tradition, bien accroché à la tradition, mais qui dans la réalité, dans la pratique sont devenus des faux frères, certains se reconnaîtront s’ils m’entendent ce matin. Tous les dangers qu’a subit donc l’Apôtre Saint Paul, tout cela nous est cité pour nous stimuler.

Alors, mes bien chers frères, chacun à notre place, produisons des efforts et des actes de vertus. L’Évangile nous rappelle ceux d’humilité car il faut avoir un cœur noble et bon, pratiquer les sacrements, ces moyens que le Bon Dieu a mis à notre disposition, par lesquels Il nous donne ses grâces qu’Il nous a méritées par sa Passion et par sa mort sur la Croix comme nous le disons dans l’oraison de l’Angelus.

Alors demandons à Notre Seigneur qu’Il daigne répandre ainsi sa grâce dans nos âmes, afin qu’ayant connu par la voix de l’Ange le message de l’Incarnation, nous puissions parvenir par sa passion et par sa mort sur la Croix à la gloire de sa résurrection. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

 

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