4e dimanche après l’Epiphanie 2017 – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, l’Evangile, par conséquent, de ce quatrième dimanche après l’Epiphanie nous présente le miracle de la tempête apaisée. J’ai eu deux fois l’occasion de traverser le lac de Galilée et effectivement l’on se rend facilement compte que si un fort vent se lève, les vagues puissent être assez hautes pour faire chavirer les embarcations des pêcheurs. Voici donc pour le contexte, mais cet épisode de la tempête apaisée comporte évidemment tout un enseignement puisqu’il y a avant même l’intervention de Notre Seigneur pour apaiser les éléments déchaînés, sa remarque aux Apôtres, principalement : « Hommes de peu de foi ! De quoi avez-vous peur ? »,

En premier lieu, dans son commentaire, Dom Guéranger dit que « cette force de l’Emmanuel, Notre Seigneur, à briser les obstacles, au moment même où les hommes s’inquiètent de son repos apparent, Notre Seigneur dort dans la barque, se montre souvent dans les annales de son Église. Que de fois il a choisi, pour sauver tout, l’instant où les hommes croyaient tout perdu ! ».

Le passage de la tempête apaisée nous montre donc que c’est lorsque les hommes se sont épuisés, ont tout épuisé dans leurs actions purement humaines, et croient tout perdu, qu’ils s’adressent enfin au bon Dieu.

Mais la remarque de Notre Seigneur ne se fait pas attendre. Avant d’apaiser les éléments naturels, Notre Seigneur dit bien : « Pourquoi avez-vous peur ? Hommes de peu de foi ! ».

Cette remarque a une application toute particulière, mes bien chers frères, une remarque qui s’adresse à tous ceux qui ne mettent pas d’abord, toute leur confiance en Dieu, et, j’amène le sujet principal de ce matin, et qui de plus en plus aujourd’hui, se confient en l’homme.

Je voudrais donc vous faire réfléchir, mes bien chers frères, aujourd’hui sur ce qui est manifeste : sur la place que l’homme tient désormais dans la liturgie conciliaire. Alors il y aurait bien des choses à dire sur ces philosophies et théologies modernistes qui mettent l’homme au centre de tout, au détriment de Dieu, bien sûr, mais je vous ferai considérer, seulement quelques instants, cette place de l’homme dans la liturgie conciliaire.

Jadis, l’autel, et le tabernacle, étaient le centre de tous les regards, et même si les fidèles se trouvaient éloignés de l’autel, vous pouvez penser aux grandes, aux cathédrales, donc se trouvaient avant le chœur, même séparer par un jubé et des grilles, donc avant le chœur strictement réservé au culte, espace sacré pour la louange divine et la célébration du saint Sacrifice de la Messe, ils savaient parfaitement s’unir au saint sacrifice de la messe, précisément.

Aujourd’hui, et je n’insisterai pratiquement que sur cela, l’inversion même de l’autel, qui n’est même en bien des endroits qu’une simple table, cette inversion manifeste cette volonté de mettre l’homme au centre du culte. Et je n’ai nul besoin de vous décrire ces mouvements liturgiques, ou plutôt ces déplacements, car vous savez comment tout cela se passe. Alors, aussitôt arrivé à, disons ce mobilier, qui n’a plus rien d’un autel quelquefois, n’ai-je pas vu il y a seulement une dizaine d’année, l’inauguration d’un « autel », une grande plaque de verre, supporté par un fer forgé représentant un nœud de vipères, alors il n’était pas question évident de mettre des reliques, naturellement, de saints martyres dans ce genre de mobilier. Passé ce petit détail, comprenez bien que, une fois arrivé à ce mobilier, ce clergé, ce faux clergé, se tourne vers le peuple. Et tous leurs actes sont ainsi accomplis, du début jusqu’à la fin. Dans ces conditions le prêtre ou le pseudo prêtre n’est plus que le président d’une assemblée. Et c’était le but recherché, le but voulut des réformateurs.

Alors je pose la question ce matin, et cela s’adresse aussi à ceux qui m’entendront, ou qui me liront, comment se fait-il que tout cela ne frappe pas plus les esprits, de voir par conséquent combien cette révolution conciliaire a placé l’homme au centre de sa liturgie ? Comment se fait-il que tout cela ne frappe pas plus les esprits ?

Et je pense qu’il est de mon devoir de vous faire remarquer qu’en assistant à ce genre de liturgie, et même en n’y assistant qu’occasionnellement, et je redis cela pour ceux qui m’entendront ou qui me liront, il est difficile de comprendre combien ces cérémonies conciliaires transpirent, transpirent, le culte de l’homme ! Et parce qu’il y a tout ce côté officiel qui fait croire qu’il s’agit de l’Église, et parce que cela se fait dans les églises.

Alors, mes bien chers frères, considérez un instant, un fidèle des siècles passés qui reviendrait aujourd’hui, un visiteur par exemple, pour me faire bien comprendre des jeunes générations. Imaginez-le lors de ces cérémonies conciliaires, lui le fidèle des siècles où se pratiquaient surnaturellement les vertus qui ont fait les saints ; la vertu de piété, la sainte vertu de religion … mais immédiatement, il dirait : « Où suis-je ? », « dans quelle époque suis-je ?», et il comprendrait très vite, parce que son esprit n’aurait pas été embué et que cette liturgie manifestant ce culte de l’homme est le signe de l’apostasie de la foi, qu’il est dans les temps prédit par Notre Seigneur, par les Apôtres, par l’Apôtre Saint Paul, et encore dans l’Apocalypse.

Et que par conséquent, en ces temps périlleux pour la foi, pour garder la foi, il n’est absolument pas question d’assister, et bien sûr de participer, mais aussi d’être en communion avec ces fauteurs d’erreurs, avec ces hérétiques au canon de la Messe, d’écouter leurs enseignements également, au cours de ces liturgies qui ne sont plus les rites de la sainte Eglise catholique, et qui sont tout simplement les rites de la secte conciliaire.

Et pourtant, il n’y a pas longtemps encore, parmi ceux qui se virent affublés, suite à la réaction au concile, du titre de traditionalistes, de lefèbvristes, par les médias, l’on reprenait la célèbre phrase de saint Athanase, vous la connaissez, qui devant l’occupation des églises par les hérétiques ariens, qui était la majorité des évêques de l’époque, leur disait : « Vous possédez les sanctuaires, mais nous nous gardons la foi ».

Alors, qu’en est-il maintenant, lorsque toute cette fausse majorité traditionnelle prie en union au Canon de la Messe  avec l’hérétique ! Et qu’il est devenu, et ça c’est donc un témoignage de cette semaine, qu’il est devenu impossible d’émettre une seule critique sur cette fausse majorité traditionnelle, sur la Fraternité Saint Pie X tout particulièrement, sans se voir traité d’ennemi de l’Église ?!

Et alors puisque je vous ai donné une comparaison avec ce fidèle de jadis, que j’ai placé dans une cérémonie conciliaire, eh bien imaginez vous dans la fausse majorité traditionnel, être un fidèle, encore de l’époque où l’on disait, à propos des hérétiques « Vous possédez les sanctuaires, mais nous nous gardons la foi » qui peut encore le dire maintenant parmi cette (fausse) majorité traditionnelle où il y a en place tout un coté légal maintenant, où la fausse majorité traditionnelle ou les autorités de la Fraternité Saint Pie X, se trouvent pratiquement reconnues officiellement par les pseudos autorités de cette secte conciliaire.

Voilà, mes bien chers frères, ce que je voulais vous faire remarquer aujourd’hui sur cette liturgie qui transpire le culte de l’homme.

Alors bien sûr je veux revenir quelques instants aussi, à l’Evangile de ce jour, et plus particulièrement sur le fait que Notre Seigneur dort, dormait dans la barque. Ça ne veut pas dire que Notre Seigneur dort dans son Eglise, il faut se méfier de ces mauvaises interprétations, mais c’est que Notre Seigneur nous donne ici une preuve de son incarnation, et oui, il est vrai homme, il est fatigué de ses courses apostolique, et il est vrai Dieu, il apaise les éléments. Et pas simplement quelques minutes où le vent s’est arrêté et les vagues se sont diminuées également, ça été net précis si bien, que ceux qui ont constaté ce miracle, n’ont pu être que dans la stupéfaction, une tempête qui s’apaise, mets plusieurs minutes, mais là ce fut automatique, plus un mouvement sur l’eau, plus de vent, alors effectivement, quel est celui-là au quel même la mer et le vent obéisse. Donc Notre Seigneur dormant dans la barque nous prouve son incarnation, donc il est vrai homme, et il nous prouve sa divinité par les éléments apaisés, ce miracle de la tempête apaisé. Et s’il y a une interprétation que je puis vous donner sur le sommeil de Notre Seigneur, c’est bien celle que nous donne, Dom Guéranger, mes bien chers frères, livre à notre méditation:
« Souvent les tentations nous agitent, dit-il, leurs flots semblent nous submerger, et cependant notre volonté demeure fortement attachée à Dieu. C’est que Jésus dort au fond de la barque, et nous protège par ce sommeil ». Comprenons et méditons qu’à travers les tempêtes dans notre âme, lorsque notre volonté demeure cependant fortement attachée à Dieu, Dieu veille et nous protège.

Alors, après cet enseignement à partir de la tempête apaisée, sachons toujours reconnaître, bien sûr, notre faiblesse, et recourir, dans les épreuves que notre divin Sauveur permet et permettra en réparation de nos péchés, donc recourons au secours de Notre Seigneur.

C’est ce que l’Église nous exprime dans l’Oraison Collecte, qui résume bien souvent l’enseignement qu’elle a voulu nous donner dans ces dimanches. Voici donc cette Oraison Collecte par laquelle je termine ce sermon, cette enseignement : « Ô Dieu, qui savez que, dans notre humaine fragilité, nous ne pourrions subsister au milieu de tant de périls qui nous environnent ; donnez-nous la santé de l’âme et du corps, afin que nous surmontions, par votre assistance, les maux que nous endurons pour nos péchés ». Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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