3ème dimanche après l’Epiphanie 2017 – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, l’Evangile de la Messe de ce troisième dimanche après l’Epiphanie, nous relate la guérison d’un lépreux. Dans son année liturgique, Dom Guéranger nous dit qu’il faut y voir le genre humain qui était malade de la lèpre du péché et le Fils de Dieu daignant le toucher dans le mystère de l’Incarnation, lui rendre la santé.

Et si Notre Seigneur exige que le malade ainsi guéri aille se montrer au prêtre, de l’ancienne loi, et qu’il accomplisse les cérémonies prescrites dans la loi, c’est bien, comme le précise là encore Dom Guéranger, pour montrer que Notre Seigneur associe un sacerdoce humain à l’œuvre de notre salut, le sacerdoce catholique, participation au sacerdoce même de Notre Seigneur.

Après cette courte explication, mais nécessaire explication, je voudrais maintenant vous faire considérer ce que nous dit Notre Seigneur à propos de la foi de ce centurion qui est venu, vous l’avez entendu, lui demander la guérison de son serviteur paralysé.

Cette foi du centurion fait dire à Notre Seigneur qu’il n’a pas trouvé une si grande foi en Israël, et Notre Seigneur ajoute que beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident, et auront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux : tandis que les enfants du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures, où il y aura pleurs et grincements de dents.

Comprenons bien la leçon, mes bien chers frères, cette leçon qui nous est commentée là encore par Dom Guéranger : « un soldat romain et des millions d’autres qui lui sont semblables, dit-il, seront réputés de vrais enfants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, tandis que les fils directs de ces Patriarches seront jetés hors de la salle du festin, dans les ténèbres de l’aveuglement (…) ».

La foi du Centurion annonce donc la vocation des Gentils, c’est-à-dire des nations ; c’est l’appel donc des nations païennes à la foi en Notre Seigneur et à son Eglise. Au détriment par conséquent des fils directs de ces Patriarches qui seront alors jetés hors de la salle du festin, dans les ténèbres de l’aveuglement.

A propos de l’aveuglement, mes bien chers frères, ne croyons pas qu’il ne s’agisse que de ceux chez qui il est venu et qui ne l’ont pas reçu, pour reprendre les termes de l’Evangéliste, de l’apôtre Saint Jean, que nous disons donc en dernier Evangile après la messe. Ne croyons pas donc qu’il s’agisse que de cet aveuglement-là.

Et vous savez que je vous rappelle souvent les trois sortes d’aveuglement, les trois sortes d’aveuglement spirituel que l’Abbé Bourdaloue, en s’appuyant sur saint Thomas d’Aquin, développe dans un de ses sermons ; aveuglement spirituel qui touche particulièrement la fausse majorité traditionnelle avec ses erreurs sur l’infaillibilité de l’Église. On pourrait dire que l’on touche presque quotidiennement, chaque jour, ces problèmes, qui sont liés à ces erreurs, les conséquences de ces erreurs sur l’infaillibilité de l’Eglise. Et donc je voudrais alors vous parler des raisons pour lesquelles certaines personnes ne retiennent pas comme il se doit les vérités de la foi ou les dogmes de la foi. Ne le tiennent pas comme il se doit, et finalement retiennent des opinions qui sont contraires au dogme de la foi, ou qui interprètent les dogmes de la foi. Dans le serment antimoderniste que j’ai prêté et que les clercs, donc, prêtent pour leur ordination, il y a bien, un point très précis, très important, qui dit bien que l’on prête serment de ne jamais interpréter les dogmes de la foi. Donc ce n’est pas pour dire, oui je crois, en un seul baptême pour la rémission des péchés et de dire, mais il se peut que… Ça c’est une interprétation directe du dogme en dehors de l’Eglise point de salut !

Alors j’insisterais ce matin mes bien chers frères, oh, pas très longuement mais d’une façon assez concise sur cette nécessité de vous rappeler que la vertu de foi doit être soutenue par deux dons du Saint-Esprit, par le don d’Intelligence et par le don de Science. Et si nous ne sommes pas dociles aux dons du Saint-Esprit il ne faut pas s’étonner alors, vous allez mieux le comprendre dans quelques instants, que le bon Dieu ne nous donne plus les lumières, qui sont nécessaires pour adhérer aux vérités de la foi, et comprendre les actes du Magistère, c’est la même chose. Alors que fait le don d’intelligence, qui vient donc en aide à la vertu de foi.

Et bien, précisément il aide cette vertu de foi dans la connaissance des vérités de Dieu, en faisant de telle sorte que notre esprit sous l’action du Saint-Esprit pénètre le sens des termes que comportent les affirmations divines, ou de toutes les propositions qui peuvent si rapporter, de manière, comprenez le bien, à pleinement entendre ces propositions ou ces affirmations.

Et alors que fait le don de Science maintenant ? Et bien par le don de Science, le don du Saint-Esprit, le fidèle, et il est précisé en état de grâce, sous l’action du Saint-Esprit, juge (et vous pouvez en faire une application pour toutes les difficultés que nous avons rencontré et aux quelles je viens de faire allusion il y a quelques instants), sous l’action du Saint Esprit, le fidèle juge avec une certitude absolue et une infaillible vérité, non point, c’est très important, non point en usant du procédé naturel du raisonnement mais comme d’instinct et de façon intuitive, c’est une action du Saint-Esprit. Il va juger donc, le vrai caractère des choses créées dans leurs rapports avec les choses de la foi selon qu’elles doivent être crues ou qu’elles doivent diriger notre conduite, la morale ! Voyant immédiatement, c’est cela : voyant ! Comprenez bien ceux qui sont dans les ténèbres et ceux qui sont inspirés, qui ont les lumières du Saint-Esprit, voyant immédiatement dans les créatures, ce qui est en harmonie avec la vérité première, objet de la foi et fin dernière de nos actes, ou alors voyant ce qui ne l’est pas. D’où cette distinction lorsque l’on est docile à ce don du Saint-Esprit et à ces deux dons du Saint Esprit que je vous rappelle ce matin, d’où l’application pratique de voir ce qui est infaillible et ce qui ne l’est pas. Ce qui est vérité de foi, ce qui est dogme de foi, ce qui est enseignement de l’Eglise, ou ce qui n’est qu’opinion privée sujette à l’erreur.

De là, mes bien chers frères, que si l’on n’est pas docile aux dons du Saint-Esprit, ou pire qu’il y a un péché grave en opposition à ces dons, il résulte que le fidèle n’obtient plus les lumières, qu’il obtiendrait, en étant docile à ces dons du Saint-Esprit.

Et cette opposition à ces dons peut être évidemment un péché d’orgueil. C’est ce qui sans m’étendre sur le sujet, c’est ce qui me semble être l’obstacle chez beaucoup de clercs de la fausse majorité traditionnelle. Et cela depuis la réaction au concile, depuis la création de séminaires traditionnels, depuis le début, il y a plusieurs éléments qui font qu’on est obligé de constater ces faits. Je vous en cite rapidement un, le fait que l’on puisse dire dans un sermon d’ordination, citons le, Mgr Williamson, qui ne fait plus partie de la Fraternité Saint Pie X maintenant, mais qu’il puisse dire, mais avec la formule « de par la grâce de Dieu », avec son accent anglo-saxon fort imitable d’ailleurs. « Nous qui possédons, de par la grâce de Dieu, la plénitude de la vérité » on est bien obligé de constater qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Et c’est cela, l’esprit chez beaucoup de clerc de la fausse majorité traditionnelle, je vous fais remarquer au passage que ce que je viens de vous citer de Mgr Williamson, je l’ai entendu de vive voix, mais quand même quelques séminaristes, ce sont aperçus que c’était tout de même un peu fort, et que dans l’enregistrement officiel vendu aux fidèles, du sermon donc, ce passage-là avait été censuré. « Nous qui possédons, de par la grâce de Dieu, la plénitude de la vérité », l’esprit de beaucoup de clerc dans la Fraternité Saint Pie X et dans la fausse majorité traditionnelle en générale. C’est une constations, ce sont des faits, c’est factuel.

Alors mes biens chers frères, voilà ce que je voulais vous dire ce matin, sur les causes de cet aveuglement spirituel. Cet aveuglement spirituel qui a des conséquences terribles, parce que lorsque l’on ne tient pas la véritable position catholique, à cause de cela, c’est ce qui est à l’origine de toutes les divisions que nous constatons à l’heure, de toutes les difficultés que nous pouvons supporter, difficultés que nous rencontrons donc aujourd’hui.

Et pourtant, et pourtant l’Epître de ce matin, vient nous le confirmer malgré toutes ces difficultés, mes bien chers frères, il faut bien sûr s’en tenir à la charité et appliquer ce que l’Apôtre saint Paul nous dit dans son Epître aux Romains, que vous venez d’entendre également : de ne rendre à personne le mal pour le mal, d’avoir soin de faire le bien, non seulement devant Dieu, mais encore devant tous les hommes.

C’est ce que, avec la grâce de Dieu, oui, je m’efforcerai de faire, en rappelant à temps et à contre temps, , pour reprendre là encore un passage de Saint Paul dans son Epître à Timothée, en reprenant à temps et à contretemps, en exhortant avec une entière patience et le souci d’instruction, pour reprendre, donc ces erreurs, à l’heure actuelle et enseigner la saine doctrine, car le temps, vous le constatez bien, est là où les hommes ne supportent pas cette saine doctrine, mais au gré de leurs désirs se donnent une foule de maîtres, et l’oreille, curiosité, et l’oreille leur démangeant, détournent leur oreille donc de la vérité pour se tourner vers les fables.

Que la Reine du clergé, la très sainte Vierge Marie nous obtienne de son divin Fils, d’être toujours dociles aux dons du Saint-Esprit, et aussi mes bien chers frères, pour rester fidèle par conséquent aux vérités de la foi, aux dogmes et à la morale catholiques. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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