2ème dimanche après l’Epiphanie 2017 – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, en ce deuxième dimanche après l’Épiphanie, l’Église nous livre l’Évangile des noces de Cana.

Je voudrais donc tout d’abord vous faire considérer la raison de la présence de la très sainte Vierge à ces noces. Dom Guéranger l’explique fort bien, fort justement : « Car après avoir coopéré au mystère de l’Incarnation du Verbe, il convient, dit-il, qu’elle soit associée à toutes les œuvres de son Fils, à toutes les faveurs qu’il prodigue à ses élus ».

Donc après cette explication l’on est conduit à considérer ce premier miracle de Notre Seigneur, ce miracle de l’eau changée en vin.

Au milieu du festin, le vin vient à manquer. La Très Sainte Vierge s’en apercevant, dit à Notre Seigneur : « Ils n’ont point de vin ». Alors c’est ici, mes bien chers frères, qu’il faut se garder de certaines interprétations à propos de la réponse de Notre Seigneur à sa très sainte Mère.

Je vous cite donc ce que dit Dom Guéranger, là encore, ce qui me semble le plus approprié. Il dit : « C’est à la Mère de Dieu de présenter à Notre Seigneur les besoins des hommes dont elle est aussi la mère. Cependant, Jésus lui répond avec une apparente sécheresse : « Femme, qu’importe à moi et à vous ? Mon heure n’est pas encore venue ». C’est que, continue Dom Guéranger, dans ce grand Mystère, il allait agir, non plus comme Fils de Marie, mais comme Fils de Dieu (…)».

Et puis Dom Guéranger ne manque pas de souligner toute l’importance du terme : « Femme » que Notre Seigneur adresse à sa très sainte Mère. Nous savons que ce terme « femme », Il l’adresse donc ici aux noces de Cana, mais qu’il l’a aussi adressé au pied de la croix, quand la Sainte Vierge était au pied de la croix et enfin que nous retrouvons ce terme de Femme, avec un F majuscule, dans l’Apocalypse de saint Jean.

Aux noces de Cana, il est évident que la très sainte Vierge Marie a fort bien compris l’intention de son Fils, la preuve en est puisque elle va dire aux serviteurs : « Faites ce qu’il vous dira ».

Alors retenons, mes bien chers frères, que l’Église nous dit que ces paroles : « Faites tout ce qu’il vous dira », elle les répète sans cesse à tous ses enfants, c’est-à-dire de faire la volonté de Dieu, de faire la volonté de Notre Seigneur, de faire tout donc, d’accomplir cette volonté de Dieu en toutes choses.

Voilà ce qu’il en est de la présence et de l’intervention de la très sainte Vierge Marie aux noces de Cana. Elle est toute puissante sur le Cœur de son divin Fils, et c’est elle qui suscite son premier miracle.

Maintenant je voudrais bien sûr retenir encore votre attention, en vous parlant des interprétations spirituelles sur le miracle de l’eau changée en vin. Et je cite là encore Dom Guéranger qui explique en résumant les Pères de l’Eglise, qui expliquent tout cela. Voici ce qu’il dit. « Jusqu’alors la Gentilité n’avait point connu le doux vin de la Charité, dit-il ; la Synagogue n’avait produit que des raisins sauvages. Le Christ est la vraie Vigne, comme il le dit lui-même. Lui seul pouvait donner ce vin qui réjouit le cœur de l’homme (vous aurez reconnu donc ici, Dom Guéranger reprend ici un verset du Psaume, du Psaume 103), donc lui seul pouvait donner ce vin qui réjouit le cœur de l’homme et nous présenter à boire de ce calice enivrant qu’avait chanté David (là il s’agit du Psaume 22) ».

Et puis Dom Guéranger cite les interprétations de saint Augustin qui explique comment la Nouvelle Alliance a pris le pas sur l’Ancienne. Alors nous retrouvons ces commentaires, ces explications sur les urnes, voici ce que dit Saint Augustin, « Or, il y avait là six grands vases de pierre et ils étaient vides. Le monde, en effet, était parvenu à son sixième âge (…). Durant ces six âges, la terre attendait son Sauveur, qui devait l’instruire et la sauver. Jésus commande de remplir d’eau ces vases, ces urnes ; mais l’eau ne convient pas pour le festin de l’Époux. Les figures, les prophéties de l’ancien monde étaient cette eau ; et nul homme, jusqu’à l’ouverture du septième âge, où le Christ, qui est la Vigne, devait se communiquer, n’avait contracté l’alliance avec le Verbe divin ». Vous pourrez reprendre ce passage de Saint Augustin par écrit, puisque vous en avez la possibilité.

Saint Augustin résume donc alors l’enseignement principal du miracle : « Mais lorsque l’Emmanuel est venu, il n’a qu’une parole à dire : « Puisez maintenant ». Le vin de la nouvelle Alliance, ce vin qui avait été réservé pour la fin, remplit seul maintenant les vases. En prenant notre nature humaine, nature faible comme l’eau, il en a ménagé la transformation ; il l’a élevée jusqu’à lui, nous rendant participants de la nature divine ».

Alors mes bien chers frères, comprenons que Notre Seigneur nous a rendus ainsi capables de contracter une union avec lui, de par le saint Baptême, de former ce corps mystique, l’Eglise, dont Notre Seigneur est le Chef. « (…) cette Église dont il est l’Époux, dit Dom Guéranger, et qu’il aimait de toute éternité d’un si ardent amour, qu’il est descendu du ciel pour célébrer ces noces avec elle ».

Par conséquent, il faut que vous reteniez, que nous retenions, mes bien chers frères, à partir de ce miracle de l’eau changé en vin, premièrement que nos âmes sont les réceptacles de la grâce divine et que Notre Seigneur désire les élever jusqu’à lui. « Les urnes de Cana, dit Dom Guéranger, figures de nos âmes, qui étaient insensibles, et nullement destinées à tant d’honneur. Et Jésus ordonne à ses ministres d’y verser l’eau ; et déjà, par cette eau, il les purifie ; mais il pense n’avoir rien fait encore tant qu’il ne les a pas remplies jusqu’en haut de ce vin céleste et nouveau, qui ne devait se boire qu’au royaume de son Père ». « Et pour ne pas déroger à sa gloire, Notre Seigneur qui veut épouser nos âmes, les élève jusqu’à lui ». Voilà de bons passages des commentaires que fait Dom Guéranger à propos de ces noces de Cana et de ce miracle de l’eau changée en vin, en citant les pères de l’Eglise, et principalement donc, comme je viens de vous le faire avec Saint Augustin.

Alors, mes bien chers frères, puisque le sacrement de l’Eucharistie est un canal qui nous communique Notre Seigneur lui-même et qui augmente en nous la grâce sanctifiante, c’est un appel avec cet enseignement à préparer toujours nos âmes pour cette union avec Notre Seigneur et de faire en sorte qu’elles soient, ces âmes, toujours purifiées pour le recevoir.

Et puis, pour résumer cet enseignement, rappelez-vous qu’à Cana il convenait que la Très sainte Vierge soit associée à toutes les œuvres de son Fils, à toutes les faveurs qu’Il prodigue à ses élus ; que Notre Seigneur a manifesté sa divinité afin que ses disciples croient en Lui et que se forme le collège apostolique ; et que nos âmes sont le réceptacle de la grâce divine et que Notre Seigneur désire les élever jusqu’à Lui.

Et puis il y a un autre enseignement aussi mes bien chers frères, dont je dis simplement 2 lignes avec vous ce matin, c’est que Notre Seigneur a voulu bénir à travers ces noces de Cana, Notre Seigneur a voulu bénir le mariage, c’est-à-dire l’élever au niveau de sacrement, bien sûr.

Alors, mes bien chers frères, de cet enseignement de l’Église et surtout, retenez bien cet enseignement de l’Eglise, et surtout préparez-vous toujours comme il se doit à cette union avec Notre Seigneur à la communion. Que vos âmes, à l’exemple des urnes, se remplissent des grâces que Notre Seigneur désire y verser. Et confiez donc ces résolutions à Notre-Dame, ayant donc compris maintenant combien la très sainte Vierge Marie est toute puissante sur le Cœur de son divin Fils. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

Publicités
Cet article a été publié dans Sermons. Ajoutez ce permalien à vos favoris.