Solennité de l’Épiphanie 2017 – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, l’Epiphanie, commémoraison de la venue des rois Mages pour adorer Notre Seigneur, et manifestation de Notre Seigneur Jésus-Christ à tout le genre humain, est une fête des droits de Notre Seigneur sur les souverains et sur les peuples, une fête, par conséquent, de la royauté universelle de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et je vous rappelle tout d’abord la raison pour laquelle les rois Mages ont suivi l’étoile miraculeuse et pourquoi leur arrivée à Jérusalem réalise également les prophéties concernant la naissance du Messie.

Le fondement historique de cette venue des rois mages se trouve évidemment, dans la sainte Ecriture, aux chapitres XXIIème et XXIIIème du Livre des Nombres, vous pourrez bien sûr vous y reporter. L’étoile miraculeuse qui s’est levée de l’Orient, réalise la prophétie de Balaam, prophétie qui eut lieu pendant la pérégrination du peuple hébreu dans le désert.

En effet, le prophète Balaam, mandaté par le roi de Moab pour proférer une malédiction sur ce peuple, ce peuple hébreu qui allait passer sur son territoire, prophétisa en ces termes : « Je le vois, dit-il, mais non comme présent ; je le contemple, mais non de près. Un astre sort de Jacob, un sceptre s’élève d’Israël ». Ce fut alors par tradition orale jusque dans leur pays d’origine que les Mages furent au courant du signe de la naissance du roi des juifs, et qu’ainsi, lorsque l’étoile miraculeuse leur est apparue, ils se mirent en route et la suivirent.

Et leur arrivée à Jérusalem réalise alors une autre prophétie, celle d’Isaïe, que vous venez d’entendre. Jérusalem, la ville de Jérusalem fut envahie par le flot de dromadaires, de Madian, d’Epha, c’est-à-dire par les caravanes de ces rois mages, apportant or, encens et myrrhe.

Alors, tous les Princes des prêtres et les Docteurs du peuple furent donc sollicités, par Hérode afin de regarder dans les prophéties ce qui concernait le lieu de la naissance du Messie. Ils étaient tous unanimes : « A Bethléem de Juda », donc vous l’avez entendu tout à l’heure dans l’Evangile. Unanimes à reconnaître dans les Ecritures le lieu de la naissance de Notre Seigneur, mais ne reconnaissant pas les signes qui leur étaient donnés. Dans son commentaire sur ce passage de saint Matthieu, saint Jean Chrysostome précise, tout en signalant qu’il faut compter aussi beaucoup d’autres faits que rapporte saint Luc, il dit donc Saint Jean Chrysostome : « Toutes choses qui pouvaient suffire à des personnes un peu curieuses pour leur donner occasion de connaître ce qui se passait ».

Les signes donnés ne furent donc pas reconnus et acceptés, et la défection du peuple juif est arrivée pour avoir suivi au contraire, les doctrines messianiques des démons et par la confusion entretenue volontairement sur les deux Avènements de Notre Seigneur. Et nous savons, mes bien chères frères, qu’une telle défection est annoncée pour les derniers temps de l’Église. Beaucoup s’écarteront de la foi et s’attacheront à des esprits d’erreurs.

Ecoutez, voyez, le nombre impressionnant des défections des catholiques et de ceux qui se disent catholiques, voyez l’apostasie de nos contemporains ! Mais voyez aussi, il faut le reconnaître, la corruption de la fausse majorité traditionnelle, principalement par ses erreurs sur l’infaillibilité de l’Église.

Erreurs qui mènent à soutenir, et parfois d’une façon grotesque, mais vraiment ridicule, à soutenir des opinions erronées.

Alors combien de fois, mais l’Apôtre Saint Paul dit bien, « Exhorte à temps et à contre temps ! Menace même » dit-il, mais combien de fois faudra-t-il répéter que le seul moyen pour être sûr d’être catholique, c’est de suivre le Magistère de l’Eglise et par conséquent de ne pas croire, de ne pas soutenir des opinions qui n’ont jamais été enseignées par le Magistère. C’est pourtant simple, ce n’est pas simpliste, c’est simple ! Sinon on ne va plus finir par croire, non pas en Dieu, mais ne plus finir par croire en l’Eglise, qui comme Dieu ne peut pas se tromper dans son enseignement infaillible.

Alors malheureusement ceux, qui soutiennent des opinions mauvaises, erronées au détriment donc du Magistère, ne se rendent pas compte qu’ils font partie de ces défections annoncées pour les derniers temps de l’Église. C’est comme ça que l’on prend le risque de partir à la dérive.

Alors en ces temps où l’on s’anathématise si facilement, s’érigeant soi-même en Magistère, il ne suffit donc pas de chercher dans les écrits, comme les princes des prêtres et les docteurs, du temps de la naissance de Notre Seigneur, et aujourd’hui dans le Droit Canon par exemple, pour traiter quelqu’un d’hérétique, mais de posséder la saine doctrine et avec humilité, reconnaître alors les signes que Dieu donne et les comparer avec ce qui est prédit.

Alors en ce début d’année, mes bien chers frères, tenons de véritables résolutions catholiques. Que ceux et celles qui lisent, méditent sur l’Imitation de Notre Seigneur Jésus-Christ ou sur d’autres bons ouvrages expliquant comment accomplir la volonté de Dieu, comment se sanctifier et combattre le bon combat spirituel, n’en restent pas à la lecture, on entend des passages, O c’est beau ! Mais concrétisent ce qui est lu, concrétisent par des actes vertueux.

Et puis, puisqu’en cette Fête de l’Epiphanie, l’Eglise nous fait considérer la royauté universelle de Notre Seigneur Jésus-Christ, puissions- nous manifester alors à Notre Seigneur toute notre dépendance.

L’Eglise, je viens de vous parler donc des sources historiques, pour la venue des rois mages, mais l’Eglise à partir de cette vérité historique de cette venue des rois Mages, a bâti bien sûr ses interprétations spirituelles. Les rois Mages ayant ouvert leurs trésors à l’Enfant-Jésus, alors mes bien chers frères n’oubliez pas de présenter spirituellement à Notre Seigneur, votre or, votre encens et votre myrrhe, c’est-à-dire, de manifester toute votre adoration à Notre Seigneur vrai Dieu et vrai homme, de faire en sorte qu’il soit toujours le Roi de vos cœurs.

Et, parce que l’Oraison Collecte de la messe de l’Epiphanie nous dit :

« O Dieu, qui avez manifesté aujourd’hui, par une étoile, votre Fils unique aux Gentils : faites, dans votre bonté, que, vous connaissant déjà par la foi, nous arrivions un jour à contempler l’éclat de votre gloire » !

Eh bien, désirons alors, véritablement, tout faire pour aller au Ciel. Car mes bien chers frères, c’est en surmontant toutes les difficultés rencontrées pour le maintien de la foi et de la morale, donc que nous pouvons parvenir et surmonter ces obstacles. Les rois Mages en sont un exemple : car je vous rappelle qu’ils sont morts martyrs. Leurs reliques sont conservées à Cologne, Köln en Allemagne. Ils sont allés jusqu’à donner leur vie pour Notre Seigneur Jésus-Christ, et ils le voient désormais dans sa gloire au Ciel.

Alors faisons passer ces intentions, ces intentions catholiques et ces applications pratiques, donc les grâces nécessaires pour cela, par la médiation de la très sainte Vierge Marie, qui est indissociable de Notre Seigneur Jésus-Christ. Le Cardinal Pie, dit bien, puisque les Rois Mages trouvèrent l’Enfant et Marie sa Mère, l’Enfant et Marie sa Mère, que les deux sont inséparables et qu’il s’agit d’une invitation à supplier la très sainte Vierge Marie qui nous a donné son divin Fils. Alors recourons à la très sainte Vierge Marie pour toutes ces intentions. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

 

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