Fête de Noël 2016 – par M. l’abbé Marchiset

Mes bien chers frères, il m’est de coutume depuis plusieurs années, depuis qu’un responsable de secteur paroissial écrivait dans son bulletin que l’on ne connaissait pas la date de la naissance du Christ, de vous rappeler alors ce qu’il faut savoir sur la date de la Nativité. En effet, la démonstration a été faite depuis longtemps. Saint Jean Chrysostome en fait l’objet de toute une partie de son sermon de Noël de l’année 386.

Retenons par conséquent l’essentiel de ce que dit saint Jean Chrysostome, docteur de l’Eglise :

C’est sur le sens spirituel et analogique du voile qui sépare le Saint des saints de tous les autres objets du culte de l’ancienne Alliance, que s’arrête particulièrement le saint Docteur de l’Église. Dans sa démonstration de la date de la naissance de Notre Seigneur, celui-ci établit donc le raisonnement suivant : puisque seul le grand prêtre pénétrait dans le Saint des saints, une fois l’an, si l’on arrive à connaître en quel temps Zacharie, le père de saint Jean-Baptiste, qui fut désigné cette année-là, pour rentrer précisément dans le Saint des saints, et où il apprit par l’Ange la conception de sa femme sainte Élisabeth, l’on peut ensuite, mes bien chers frères, puisqu’il y a six mois de différence entre Notre Seigneur et son Précurseur, entre Notre Seigneur et Saint Jean Baptiste, ce que nous savons de par l’archange Gabriel à l’Annonciation, nous pouvons donc connaître le temps de l’Annonciation, et en comptant neuf mois à partir de l’Annonciation, connaître le temps de la naissance de Notre Seigneur.

Alors de par les saintes Écritures nous savons que cet événement surnaturel, donc l’ange qui est apparu à Zacharie, s’est passé le jour de la Fête des Tentes, des tabernacles, toujours dans la deuxième moitié de septembre, deuxième moitié de septembre. Et comme nous sommes sûrs qu’il s’agit de cette fête des Tentes, Fête qui je le rappelle, n’arrive qu’une seule fois par an, dans la deuxième moitié de septembre, par conséquent, en comptant six mois de plus, cela nous reporte à la deuxième moitié du mois de Mars. Et qu’es ce qu’il y a dans la seconde moitié du mois de Mars, dans la deuxième quinzaine, il y a l’Annonciation, le 25 mars, où l’Eglise a toujours fêté le 25 mars, l’Annonciation. Pourquoi 25 mars ? Elle savait très bien. Donc 25 mars l’Annonciation. Alors en comptant à partir du 25 mars, en comptant neuf mois, eh bien nous arrivons dans la deuxième quinzaine de décembre, et donc nous avons le 25 décembre la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ. Voilà, mes bien chers frères, en résumé, parce que tout le sermon de Saint Jean Chrysostome serait à reprendre. Mais voilà donc en résumé la démonstration de saint Jean Chrysostome, sur la date de la nativité de Notre Seigneur.

D’autres auteurs récents1 qui, il faut l’avouer, sont rares, fixent également Noël au 25 décembre, et c’est intéressant car ceux-ci affirment bien que le calcul très détaillé, mais très simple de Jean Chrysostome, n’est pas si simpliste que l’on voudrait bien le faire croire.

Alors, c’est cette démonstration qu’il faut retenir pour répondre à tous ceux qui disent que l’Église, ne connaissant pas la date de la naissance de Notre Seigneur, a placé la date de la Nativité au 25 décembre pour   christianiser soit disant, les fêtes païennes du solstice d’hiver !

Mais, mes bien chers frères, Dieu faisant bien toutes choses, cette date donne lieu aussi à une signification que les Pères de l’Eglise expliquent fort bien à partir des jours qui effectivement décroissent jusqu’au 25, jusqu’à fin décembre. Et saint Jérôme nous dit en effet, écoutez bien : « Jusqu’à ce jour les ténèbres croissaient, à partir d’aujourd’hui elles décroissent : la lumière croît (du verbe croitre, pas du verbe croire), la lumière croît, décroissent les ténèbres : le jour croît (toujours le même verbe), l’erreur décroît, la vérité s’avance. Aujourd’hui naît notre Soleil de justice ». Voilà, Notre Seigneur Jésus Christ.

Voilà ce que nous devons savoir de notre sainte religion, ce que nous devons connaître sur la sainte Incarnation et sur la Nativité de Notre Seigneur. Dieu fait bien toutes choses ! Et malheureusement la perte de ces connaissances, la perte de la doctrine catholique tout simplement, engendre bien des dangers. Ne serait-ce que celui de partir à tous vents de doctrines alors. Et puis il y a aussi comme conséquence l’impiété et l’indifférentisme de notre monde contemporain. Je pense que beaucoup d’entre vous ce sont déjà dit, et ces années précédentes également mais encore plus cette année, qu’est devenu cette fête de Noël ?

Alors, mes bien chers frères, il y a bien comme conséquence l’impiété et l’indifférentisme de notre monde contemporain.

Alors que la connaissance de cette économie du salut, de ce que Dieu a manifesté à notre égard, nous porte, au contraire, à mieux adorer Notre Seigneur et à le remercier.

C’est pourquoi j’insiste maintenant, mes bien chers frères, sur deux devoirs, deux devoirs à remplir envers Notre Seigneur. Les hommes bravent de plus en plus et de plus en plus ouvertement, effrontément même, la puissance de Dieu, alors que pendant ce temps, c’est sur cela que nous devons méditer ce soir, en cette nuit sainte, pendant ce temps cela n’empêche pas du tout, au contraire, le Ciel ; tout le Ciel d’adorer Notre Seigneur Jésus Christ et de le louer sans cesse. C’est pourquoi j’aimerai donc que vous méditiez aussi sur tous les anges, tous les anges qui continuellement et qui le feront éternellement adore, loue Notre Seigneur, le remercie. Les saints Patriarches, depuis la promesse faite à nos premiers parents d’un sauveur, les saints Patriarches qui ont tout fait pour assurer la généalogie du Messie, pensez à Abraham, et Notre Seigneur dit lui-même de lui, « Abraham a désiré voir mon jour, il l’a vu et il s’est réjoui » Sur quoi les juifs lui dire « Quoi ? Tu n’as pas encore 50 ans et tu dis avoir vu Abraham » Réponse divine de Notre Seigneur, bien sûr, « Avant qu’Abraham fut, je suis ». Alors pensez à tous les patriarches qui ont tout fait pour assurer la généalogie de Notre Seigneur, tous les prophètes qui l’ont annoncé, à saint Jean-Baptiste son Précurseur, le dernier et le plus grand de tous les prophètes, et bien sûr à la très sainte Vierge Marie, à saint Joseph, et puis à tous les membres de l’Eglise qui parvenus au Ciel, sont dans cette adoration et cette louange qui ne finit pas, envers Notre Seigneur.

Alors, mes bien chers frères, quand l’Eglise nous fait célébrer, et nous fait considérer Notre Seigneur se montrant à nous dans son abaissement, nous avons chanté plusieurs cantiques qui manifestent cela. Nous le montrant donc dans son abaissement, à cause de nous, pour nous, comment ne pas lui manifester en retour notre adoration ! Et non pas avec tiédeur, mais avec empressement, un peu à la manière dont ce sont dépêchés d’aller adorer Notre Seigneur les bergers, suite à l’annonce des anges. L’Évangile qui nous est donné de dire, de chanter à la messe de l’aurore, la deuxième messe de Noël, nous rappelle, qu’eux qui gardaient leur troupeau dans la nuit sainte de Noël, qu’ils entendirent donc l’annonce de sa naissance faite par les anges et l’Evangile nous précise bien. « Qu’ils se rendirent en toute hâte à Bethléem » pour l’adorer. Ceux qui sont allés en Terre Sainte. Oui certains sont allés en Terre Sainte ont vu ces fresques sur la chapelle de l’Annonce des Anges. Et ces différentes phases sont bien représentée sur fresques, alors mes bien chers frères.

Alors, après cette adoration, sachons également manifester notre reconnaissance à Celui, qui, sans être arrêté par notre indignité, nous dit la liturgie, ni retenu par les égards dus à sa Majesté, s’est incarné en la très sainte Vierge Marie, préservée de toute éternité pour cette maternité divine.

Ayons cette profonde reconnaissance envers Notre Seigneur, parce que Celui que le ciel ne pouvait contenir, s’est fait chair, qu’il fut même déposé dans une mangeoire, dans une étable, et qu’Il a voulu dans cet abaissement, prêcher à tous, aux puissants, fiers de leur grandeur actuelle, cette humilité, « et ainsi, nous dit Dom Guéranger, nous encourager par son exemple dans la voie d’humilité où il nous faut cheminer pour remonter au Ciel ».

Voilà donc, mes bien chers frères, ces deux devoirs que nous devons manifester à Notre Seigneur à Noël : Adoration et reconnaissance.

Aussi, puisque toute âme fidèle a normalement préparé la voie à Notre Seigneur, par le regret et le pardon de ses péchés, eh bien que cette âme reçoive dans quelques instants Notre Seigneur qui est la lumière du monde. Et que sa lumière, par son Avènement dans nos âmes, nous permette de parvenir à une union intime et habituelle avec Notre Seigneur.

Ainsi, en cette sainte nuit de Noël, mes bien chers frères, après avoir considéré cette libéralité de Notre Seigneur envers nous, que la très sainte Vierge Marie qui conservait toutes ces choses dans son Cœur, intercède pour nous, afin que nous puissions tous et toutes manifester pieusement, profondément, cette adoration et cette reconnaissance que nous devons à son divin Fils, l’Enfant-Dieu, c’est le seul enfant que nous adorons, les autres enfants ne sont pas adorable, ils sont peut-être bien beaux, bien gentils peut-être, mais c’est seul l’Enfant-Dieu qui a droit à notre adoration et tout particulièrement lors de son Avènement en nos âmes dans quelques instants, à la communion. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

 

1: Thomas J. Talley (Les origines de l’année liturgique, Paris, 1990) et Susan  K. Roll (Toward the Origins of Christmas, Kampen, 1995).

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