1er dimanche de l’Avent 2016 – Abbé Marchiset

Mes bien chers frères, en ce temps de l’Avent, temps de la préparation à recevoir Notre Seigneur à Noël, l’Église nous fait attendre la venue donc de Notre Seigneur.

Il est de coutume alors de prêcher aujourd’hui sur les trois Avènements, les trois Avènements de Notre Seigneur, qui se résument en ces termes: Il est venu, Il vient, Il reviendra.

Il est venu. C’est bien sûr sa sainte Incarnation et sa sainte Nativité. Ensuite : Il vient. Il vient dans nos cœurs par la sainte communion. Et enfin : Il reviendra. Il s’agit de son retour glorieux.

L’Église nous fait donc attendre la venue de Notre Seigneur en son premier Avènement. Alors, pour cela il suffit de regarder la liturgie. De bien suivre sur ce qui est sur votre missel, car la liturgie emprunte les expressions des Prophètes de l’Ancien Testament, elle y ajoute ses propres supplications. Dom Guéranger dit que « dans la bouche de l’Église, les soupirs vers le Messie ne sont point une pure commémoration des désirs de l’ancien peuple, (dans l’Ancien Testament) mais qu’ils ont une influence efficace sur la libéralité de notre Père des Cieux qui nous a donné son Fils ».

Alors vous le savez, comme le catéchisme nous le résume, vous savez qu’après le péché originel, Dieu n’a pas abandonné nos premiers parents, il leur a promis un sauveur. Et nous nous associons donc à cette attente grâce à la liturgie. Nous nous mettons en quelque sorte dans les dispositions, dans les sentiments d’Adam et Eve, qui avaient reçus la promesse du Rédempteur et de tous ceux qui ont désiré la venue du Messie.

On peut prendre quelques étapes, particulièrement avec Isaïe, espérant la réalisation du signe qu’il annonça : une Vierge enfantera. Vous avez dans certaines Bibles récentes, un changement de traduction, vous savez qu’Isaïe dit bien que le signe c’est qu’une vierge enfantera ; eh bien dans ces traductions qui sont mauvaises bien sur, ça été fait dans un but bien précis, à mauvais escient, il est marqué : « une jeune fille enfantera ». Eh bien, une jeune fille qui enfante ce n’est pas un signe de la naissance miraculeuse du Messie. Alors restons avec cette juste traduction, selon le prophète Isaïe, Une Vierge enfantera. Ce qui est humainement impossible. Mais à Dieu rien n’est impossible.

Je me rappelle qu’un docteur, chercheur au CNRS, me disait « scientifiquement effectivement, il me disait, c’est impossible, une vierge qui enfante c’est un impossible. » Mais ce monsieur avait la foi, naturellement, « Mais tout est dans l’ordre du miracle alors ! » Mais bien sûr, évidement. Voilà mes bien chers frères cette précaution, qu’il faut avoir, quand vous lisez donc des bibles, qui n’ont pas de bonnes traduction. Une vierge enfantera, c’est donc la prophétie d’Isaïe, chapitre 7 verset 14, pour la référence biblique. Adam et Eve donc, et puis Isaïe et tout ceux qui ont désiré la venue du Messie. Nous sommes donc avec toutes les promesses faites par les prophètes jusqu’à saint Jean-Baptiste, dont l’Église, dont la liturgie va nous parler abondement pendant ce temps de l’Avent.

Dieu a donc exaucé les prières adressées dans l’Ancien Testament : il a envoyé sur terre cette rosée bénie qui a fait germer le Sauveur, comme nous le chantons, en latin, dans le Rorate caeli de super et nubes pluant justum. Cette rosée bénie qui a fait germer le Sauveur. Ce sont donc vraiment ces dispositions que l’Eglise nous demande, mes bien chers frères, dans cette espérance en la réalisation de cette promesse du Sauveur à laquelle nous ajoutons désormais les supplications de l’Église, par la liturgie, par cette belle liturgie de l’Avent. Voilà en quoi consiste donc cette attente de la venue de Notre Seigneur en son premier Avènement.

Et puis l’Église aspire vers le second avènement qui a lieu à la fête de Noël, à cette condition, mes bien chers frère, que Notre Seigneur lui-même indique : que nous soyons tels qu’il puisse ainsi venir à nous, car l’Evangéliste dit bien : « Si nous l’aimons, il viendra à nous et fera sa demeure en nous ». Cela signifie de ne pas avoir commis de faute grave et de ne pas en avoir sur la conscience. En nous souvenant que par les bienfaits de sa sainte Incarnation, par ses sacrements, Il revient produire ou augmenter la grâce en nous, augmenter la vie surnaturelle, il est donc nécessaire, en ce temps de l’Avent, de songer à la venue de Notre Seigneur en notre cœur par la sainte communion, et par conséquent à la préparation à cette communion par la réception bien sûr, du sacrement de Pénitence.

A la fête de Noël, Notre Seigneur aime à répandre dans les âmes les grâces toutes spéciales qui sont liées à sa Naissance. Des grâces toutes spéciales pour Noël. Des grâces relatives à sa Nativité. Mais, mon Dieu, qu’est devenue la fête de Noël aujourd’hui… Ce n’est plus la fête de Noël ; elle est incluse dans ce terme les fêtes de fin d’année. Et déjà il y a 2000 ans, mes bien chers frères, Notre Seigneur, dans le sein de sa très sainte Mère, frappait déjà à la porte des habitants de Bethléem.

En s’inspirant du prologue de saint Jean, Dom Guéranger dit : « Mais, quoique la maison qu’Il réclame soit à Lui, puisqu’Il l’a bâtie et la conserve, Il s’est plaint que les siens ne l’ont pas voulu recevoir ; au moins un grand nombre d’entre eux. Quant à ceux qui L’ont reçu, Il leur a donné de devenir fils de Dieu, et non plus enfants de la chair et du sang ». Vous avez bien sur reconnu, ce que l’on dit dans le dernier Evangile, après la messe. C’est le prologue, le début de l’Evangile de Saint Jean.

Notre Seigneur frappe donc toujours à la porte des âmes afin de leur demander s’il y a de la place pour qu’Il naisse en elles. Ce second Avènement de Notre Seigneur comprend donc ce souci des âmes, car parmi les membres de l’Eglise, spirituellement, bien sûr spirituellement, les uns sont vivants et les autres sont morts, et l’Eglise sait que les membres morts peuvent revivre. Rappelez vous ce passage de la sainte Ecriture : « Ce que Dieu veut, ce n’est pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive ». C’est tout l’effet du sacrement de pénitence, vous l’aurez compris, et c’est ainsi que, bien préparé, peut se réaliser ce second événement auquel l’Église aspire : la venue de Notre Seigneur dans les cœurs.

Et puis, enfin, l’Église aspire à ce troisième de ces avènements. C’est la raison pour laquelle Elle a choisi ce récit prophétique de la fin du monde que vous venez d’entendre. Dom Guéranger dit que « L’Eglise soupire après le complément du nombre des élus, pour voir paraître sur les nuées du ciel le signe de son libérateur et de son Époux ». Et Dom Guéranger dit encore : dans son cœur de Mère, l’Église, s’inquiétant pour ses enfants, elle n’hésite pas alors à leur rappeler que l’arrivée de l’Époux sera un jour de colère, afin de réveiller une terreur salutaire dans l’âme de ceux qui dormiraient d’un sommeil de péché. Voilà pourquoi en ce premier dimanche de l’Avent, l’Église a choisi ce passage qui nous relate la prophétie de la fin du monde, du second avènement de Notre Seigneur.

Vous savez bien que les conséquences du modernisme, du libéralisme tout particulièrement, sont telles que la nécessité d’éviter le péché et de travailler à son salut, d’éviter l’Enfer et de mériter le Ciel, n’existe plus. C’est de l’indifférentisme même, et par surcroît une quiétude fort inquiétante et fort gravissime pour le salut des âmes. Alors que ce sont bien les pensées sur le jugement particulier et sur le jugement général, mes bien chers frères, ainsi que le travail de sanctification qui sont salutaires.

Alors, mes bien chers frères, après ce rappel sur ces trois Avènements, efforçons-nous pendant ce temps de l’Avent, d’entrer dans ses sentiments de préparation dont l’Église Elle-même est pénétrée, et pour cela je vous donne quelques résolutions, résolutions pratiques.

En ce qui concerne le premier Avènement, considérez les attitudes des véritables Israélites qui attendaient le Messie sous le sac et la cendre, et qui pleuraient à cause de la gloire de Sion éclipsée. En considérant cette attente, pensez, ce sont des jalons que je vous donne, pensez au vieillard Siméon et à la prophétesse Anne, que nous allons retrouver le 2 février, et bien sûr à saint Joseph et à la très sainte Vierge Marie. Combien la très sainte Vierge Marie désirait cette naissance pour voir celui qu’elle savait être son propre Fils et le Fils de Dieu, pour l’adorer, vrai Dieu et vrai homme. Par conséquent, dans les pénitences de l’Avent, quoique avec une moindre rigueur que pendant le Carême, fournissez quelques sacrifices en ayant ce désir de la naissance de Notre Seigneur.

Quand on chante le Rorate caeli de super et pluant nubes justum il faut y mettre tous ces sentiments là. Pas simplement pour la beauté du grégorien, il faut que ça corresponde à une vie intérieure.

En ce qui concerne maintenant le second avènement, il faut que vous soyez tels qu’Il puisse ainsi venir à vous. « Préparez la voie du Seigneur », va nous répéter régulièrement la liturgie pendant ce temps de l’Avent. Ce sont donc les paroles du prophète saint Jean-Baptiste. Ce second Avènement demande donc de se dépouiller des vices les plus contraires à la venue de Notre Seigneur, comme l’orgueil, les mauvaises pensées, et au contraire, de se revêtir de ses vertus, comme l’humilité, la douceur, avoir des intentions droites dirigées vers le Ciel, en se dégageant de cet esprit du monde qui se manifeste de plus en plus malheureusement aux approches de la fête de Noël, donc en se dégageant de cet esprit du monde qui est opposé à Dieu.

« Préparer la voie du Seigneur ». Alors concrètement mes bien chers frères, quels sont ceux et celles qui entendront cet appel à cette préparation à Noël ? Alors, pour vous du moins, mes bien chers frères, préparez ce chemin à Notre Seigneur, recourez au sacrement de Pénitence, vous avez donc toutes ces semaines prochaines pour le faire, pour faire une sincère confession de vos péchés pour Noël.

Et puisque l’Église, en ce jour, s’adresse aussi à ceux qui dormiraient d’un sommeil de péché, prions pour eux et que l’exemple que nous pouvons donner en étant vertueux, par votre fidélité à la pratique religieuse et par le rappel pour ceux qui peuvent encore écouter le rappel des fins dernières : tout cela correspond au passage d’Evangile que nous venons d’entendre. Eh bien, qu’ils puissent par la grâce de Dieu, être réveillés par cette terreur salutaire, comme le dit Dom Guéranger, qu’inspire ce récit prophétique de la fin du monde.

Alors dès aujourd’hui, mes bien chers frères, soyez attentifs à ces préoccupations de l’Église pendant ce temps de l’Avent. Confiez ce Temps de préparation de Noël, à la très sainte Vierge Marie, tout particulièrement, je vous l’ai dit là encore dans les annonces, par la neuvaine à son Immaculée Conception. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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