5ème dimanche après l’Epiphanie 2016 – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, la parabole que vous venez d’entendre dans l’Evangile, nous rappelle que nous devons supporter ceux que Notre Seigneur désigne comme l’ivraie, ne pouvant nous-mêmes éliminer cet ivraie du bon grain pour la raison que Notre Seigneur nous en donne : « (…) de peur qu’en cueillant l’ivraie, vous n’arrachiez en même temps le froment (le bon grain). Laissez-les croître l’un et l’autre jusqu’à la moisson ».

Alors il nous faut en effet bien comprendre que depuis le péché originel, depuis Genèse 3/15, deux civilisations s’opposent irrémédiablement : la cité du bien et la cité du mal. Saint augustin en parle dans ses écrits. Et Mgr Gaume dans son ouvrage Où allons-nous ? dit que « nous voyons ces deux cités, jusqu’ici mêlées ensemble comme les eaux de deux rivières coulant dans le même lit, se dégager l’une de l’autre avec une activité d’autant plus grande qu’elles approchent de leur séparation finale ». Par conséquent bon grain et ivraie croissent ensemble jusqu’à la moisson, mais cités du bien et du mal se dégagent aussi l’une de l’autre aujourd’hui avec cette activité dont nous sommes à la fois acteurs et témoins.

Acteurs, parce qu’en tant que membres de l’Eglise, ayant compris l’existence de ces deux cités, il faut combattre soutenus par la grâce de Dieu, pour le maintien de la foi et de la morale. Et puis témoins, car tout en combattant ainsi, nous sommes cependant bien incapables d’arrêter le cours des événements. C’est donc consternés que nous voyons toutes les débauches d’aujourd’hui, à un degré jamais égalé parce que l’on a rejeté Notre Seigneur Jésus-Christ et sa loi sainte, de la société, des familles et d’une façon individuelle également.

Tout cela aussi, nous fait voir aussi comment les âmes, perdant la foi, apostasiant, n’ayant plus la vraie pratique religieuse, j’ai bien dis la vraie pratique religieuse, se perdent. Et tout cela nous fait évidemment considérer le petit nombre qui tente, lui, de se sauver, en se dégageant du flot de toutes ces iniquités, en s’en préservant évidemment, tout en étant dans ce monde mais en se préservant de l’esprit du monde, qui est l’esprit du démon. De se dégager aussi de cette infidélité et de cette immoralité bien sur. Par conséquent, vous l’aurez compris, mes bien chers frères : il y a bien deux cités qui se dégagent l’une de l’autre, et cela avec une activité d’autant plus grande qu’elles approchent davantage de leur séparation finale. C’est à dire de la fin du monde. Notre Seigneur dans la parabole parle donc du temps de la moisson, donc veut bien désigner effectivement la fin du monde.

C’est donc dès le péché originel que toute cette ivraie existe dans le monde. C’est l’œuvre du démon par l’œuvre de ceux qui se mettent à son service. Il a ses rituels, il a ses instruments, il a son plan bien sur, toujours le même, pourquoi changerait-il puisqu’il marche dès le début. Nous voyons donc bien que c’est l’œuvre du démon, par ceux qui se mettent à son service. Et Notre Seigneur l’indique dans la parabole du bon grain et de l’ivraie, Il indique bien cela : d’où vient, disent les serviteurs, qu’il y a de l’ivraie ? Et le maître répond : C’est l’homme ennemi qui a fait cela, pendant que les serviteurs dormaient. C’est-à-dire pendant que les gardiens de la foi ne faisait plus leur travail, principalement l’épiscopat, on peut en tirer cette conclusion sans aucune difficulté. C’est donc bien le démon, ennemi de Notre Seigneur et de son Eglise qui inspire, fomente par les ennemis visibles de nos âmes, tous ces complots contre l’Eglise.

Le rejet à tous les niveaux de la société, mes bien chers frères, le rejet du Christ, de sa royauté, font donc partie d’un plan maçonnique et luciférien. Par conséquent, vouloir établir, comme certains le disent et tentent de le faire, vouloir établir la concorde et la paix sans Notre Seigneur Jésus-Christ, sans sa royauté, c’est une véritable une injure faite à Dieu, notre créateur, notre rédempteur. Alors, que voulez-vous lorsque l’on ne veut plus de la loi sainte de Notre Seigneur, c’est-à-dire de son joug suave et léger, c’est l’esclavage du démon ! C’est l’immoralité, l’immoralité et son esclavage, alors l’esclavage de l’immoralité.

Par conséquent, mes bien chers frères, demeurons fermes dans la foi et la morale, et dans la vraie pratique religieuse en ces temps où nous voyons les deux cités du bien et du mal se dégager l’une de l’autre. Restons fermes dans ce combat, et que tout ce que nous faisons, pour faire allusion au passage de l’épître de Saint Paul aux Colossiens, tout ce que nous faisons , nos paroles, nos actions, soit faites pour la plus grande gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Demandons bien sûr à Notre Seigneur, comme l’Eglise le fait dans l’Oraison Collecte, de ce dimanche, de nous garder dans cette famille que nous composons par notre baptême, par une continuelle miséricorde, et de nous défendre par sa constante protection, protection qui repose sur la seule espérance de sa grâce. Alors demandons-le par l’intercession bien sur, de la très sainte Vierge Marie, médiatrice de toutes grâces. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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