Fête de la Toussaint 2016 – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, en la Fête de la Toussaint, l’Eglise nous fait célébrer en une seule solennité les mérites de tous les saints. Elle nous fait aussi considérer le but que chacun d’entre-nous peut atteindre, le ciel, le bonheur du ciel ! C’est ce qui est signifié par le passage de saint Jean : cette multitude qui acclame la puissance et la gloire de Dieu, ces hommes et ces femmes sauvés, qui ont gagné le Ciel, et qui composent l’Église glorieuse du Ciel.

En cette fête de la Toussaint, nous célébrons donc les mérites de tous les saints, j’insiste bien. Ce sont les saints Apôtres et Evangélistes, les disciples de Notre Seigneur, les saints martyrs, les saints Papes, les saints Evêques, les saints docteurs, les saints confesseurs de la foi, les saints religieux, les pères abbés et les religieux, les religieuses, les saintes femmes, et tous les saints ! selon la description que nous rappelle la liturgie. Les saints et saintes connus, canonisés, mais aussi tous les saints et saintes inconnus, c’est-à-dire les âmes parvenues au ciel après leur passage et leur délivrance du purgatoire.

Cette Fête nous fait considérer ce bonheur qui est déjà le leur, leur possession. Et l’Eglise non seulement nous les montre en exemple mais nous incite aussi à faire comme eux, à employer les mêmes moyens qu’ils ont utilisés pour se sanctifier.

Aussi nous faut-il, mes bien chers frères, éviter plusieurs fausses idées sur la sainteté. Tout d’abord, l’argument, je n’ose pas penser à tout ce qui se dit dans tous les sanctuaires conciliaires à l’heure actuelle, l’argument de tous ceux qui sont imbibés de l’esprit du monde, qui est opposé à Dieu. Ceux qui pensent, par exemple, que l’on va directement au Ciel après la mort et qui prêchent par conséquent l’inutilité de l’effort pour gagner le Ciel. C’est même, aussi, le rejet de l’esprit de sacrifice, c’est la fausse assurance que la religion conciliaire entretient dans les esprits, par des enseignements qui ne sont plus ceux de la foi catholique.

Cette assurance d’aller au Ciel très rapidement ou directement et l’inutilité de l’effort, mes bien chers frères, s’opposent bien sûr à l’enseignement direct de Notre Seigneur. Car Notre Seigneur dit bien, de se renoncer à soi-même, de prendre sa croix et de le suivre. Dans un de ses sermons, le saint Curé d’Ars dit que n’auront ce bonheur de voir Dieu que ceux qui pour autant auront retracé en eux ici-bas son image, ses perfections, sa sainteté.

Et puis il y a un autre argument sur les mauvaises idées que l’on peut se faire sur la sainteté, celui qui consiste à faire croire que pour être saint il faut accomplir des actions extraordinaires. Je cite toujours l’exemple de Sainte Thérèse de Lisieux. Quand les personnes déléguées pour cela sont venues faire le procès de canonisation, d’abord vénérable, après bienheureuse, et après donc, sainte, les religieuses, les Carmélites à Lisieux, se sont dit : qu’est-ce que l’on va avoir à dire, elle n’a rien fait d’extraordinaire ! Et pourtant, elle est même déclarée patronne des missionnaires alors qu’elle n’a pas quitté son carmel de Lisieux.

Par conséquent mes bien chers frères, cette fausse idée de la sainteté, va toucher aussi, (donc vouloir dire, il n’est pas saint il n’a pas fait de choses extraordinaires), eh bien cette fausse idée de la sainteté touche aussi bien des personnes pieuses que les personnes engagées dans la vie religieuse, des religieux et des religieuses. Le Père Scupoli, dont je vous cite régulièrement des passages de sermons et de ses écrits, dit que « les œuvres extérieures sont des moyens d’acquérir ; mais on ne peut pas dire qu’elles constituent la perfection chrétienne et la vraie spiritualité. Ce sont des moyens puissants d’acquérir la sainteté » ; et il ajoute « si saintes qu’elles soient en elles-mêmes, ces œuvres, par le mauvais usage qu’elles en font (ces personnes) peuvent devenir l’occasion de leur ruine et leur causer plus de dommage même que des fautes manifestes ».

Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de la vaine gloire. Ce qui importe donc, c’est de pratiquer toutes les vertus uniquement pour la gloire de Dieu et en vue de Lui plaire, ce qui importe c’est de travailler à mortifier ses passions ! Une personne qui est connue pour avoir fait beaucoup d’œuvres, et surtout par les moyens internet, maintenant, mais qui est orgueilleux et qui n’a finalement presque jamais lutté contre son orgueil personnel, et bien tout cela peut rentrer dans précisément cette vaine gloire.

« Ce travail, à mortifier les passions, à mortifier l’orgueil, dit encore le Père Scupoli, procure plus de gloire à Dieu que l’œuvre en apparence la plus importante que vous accompliriez avec un cœur dominé par la passion ».

Voilà donc, mes bien chers frères, ces fausses idées sur la sainteté : d’une part l’inutilité des efforts pour gagner le Ciel, et d’autre part, croire que pour être saint il faut accomplir des actions extraordinaires. Et puis ce danger alors, j’insiste encore, de la vaine gloire, de la fausse gloire, qui ne permet pas d’atteindre la sainteté et qui fait perdre bien des mérites à tous ceux qui, finalement, même s’il y a beaucoup d’œuvres extérieures, ne travaillent pas à mortifier leurs passions et l’orgueil.

C’est alors un travail de tous les jours, quotidiennement toujours stimulé par l’exemple de Notre Seigneur et de tous les saints, et c’est ainsi que les âmes vertueuses appliquent quotidiennement l’enseignement de Notre Seigneur sur les béatitudes que vous venez d’entendre, qui vous sont rappelées en cette fête de la Toussaint : «  Bienheureux les humbles, bienheureux les pauvresbienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu ». Je vous en cite donc quelques unes de ces béatitudes.

Dans les événements actuels, c’est une grande consolation de savoir aussi, que nous devons souffrir pour la justice, dans les calomnies, rappelez vous depuis plus de deux ans ce qui nous est tombé sur nos épaules : les calomnies, les médisances, les jugements téméraires, l’atteinte à la réputation du prochain, pour beaucoup actuellement nous avons encore une étiquette sur le front, ne serait-ce que sédévacantiste, alors que nous tenons une position qui est absolument catholique. Donc nous devons souffrir pour la justice, les calomnies, les médisances, les jugements téméraires puisque nous défendons l’honneur Notre Seigneur et de l’Église, mais Notre Seigneur nous dit que notre récompense sera grande dans les cieux.

Alors mes bien chers frères, fuyez, fuyons, les occasions prochaines comme lointaines de pécher, afin de conserver purs notre âme et notre corps. Si nous avons vraiment le désir d’aller au Ciel, il ne peut être question pour vous, comme pour moi d’attitudes et de tenues contradictoires. Et j’ajouterais bien et de positions contradictoires.

Ainsi, déjà par l’observance des commandements de Dieu et de l’Église, puis par la fuite des occasions de pécher, par la pratique des vertus, vos pensées, vos paroles, vos actions, seront alors la réalisation de cet enseignement de Notre Seigneur sur le Mont des Béatitudes, qui domine le lac de Galilée. La mise en pratique des béatitudes, l’imitation quotidienne, chaque jour, de Notre Seigneur Jésus-Christ et des saints pour votre sanctification et ainsi parvenir au Ciel.

C’est tout cela, mes bien chers frères, que l’Eglise nous rappelle en cette Fête de tous les saints, et c’est bien un encouragement à devenir des saints. Depuis notre baptême nous sommes des saints en puissance car il nous faut passer aux actes. Vous avez bien fait de répondre, dans cette cérémonie (baptême célébré par un pseudo prêtre conciliaire) que le baptême nous donnait la possibilité d’aller au ciel, nous ouvrait les portes du ciel donc nous sommes des saints en puissance. Mais il nous faut produire des actes de vertus, car le saint Curé d’Ars le dit bien, vous vous souvenez de ce passage mes bien chers frères, « l’enfer est pavé de bonnes intentions » : « Ah je ferai ceci ! Oui je me convertirai ! Demain vous allez voir ce que vous allez voir », puis rien ne se passe, l’enfer est pavé de bonnes intentions, c’est fort juste, bien sûr.

Alors mes bien chers frères voici les écueils qu’il faut éviter mais voici aussi ce qui nous est rappelé pour notre vertu d’espérance ; les saints qui sont au ciel, ont mérité donc de gagner le ciel par ces actes de vertus et cela n’est pas impossible pour nous également. Eux aussi, eux comme nous, vous ici, je ne parle pas ailleurs, ont participé aux mêmes sacrements, obtenant ainsi les grâces nécessaires pour obtenir le ciel. C’est la raison pour laquelle vous vous déplacez, pour obtenir les vrais sacrements, les vrais sacrements valides, et aussi un véritable enseignement catholique. Je vous ai dit tout à l’heure, je n’ose pas penser à ce qui se raconte dans les sanctuaires conciliaires à l’heure actuelle.

Alors, mes bien chers frères, en cette fête de la Toussaint, vous qui bénéficiez ici des mêmes secours dont ont bénéficié les saints, persévérez donc dans vos efforts, et bien sûr dans vos préparations à recevoir les sacrements.

En cette fête de la Toussaint alors, ayons donc tous ce profond désir d’aller au Ciel. Nous ne sommes que pèlerins ici bas ; nous ne sommes que de passage ici bas ; et parce qu’il nous faut toute la miséricorde et les secours de Notre Seigneur, supplions alors Notre Seigneur, comme l’Oraison Collecte de la Messe de cette Fête, nous le précise, de daigner octroyer à tant d’intercesseurs priant ensemble pour nous, cette miséricorde surabondante pour notre sanctification. Et demandons bien sûr cette miséricorde et ces secours par la médiation de la très sainte Vierge Marie, Reine de tous les saints. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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