Quatorzième dimanche après la Pentecôte 2016 – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, avec le passage de l’Épître de l’Apôtre saint Paul aux Galates, l’Eglise nous indique en ce dimanche le combat que nous devons livrer contre le démon, contre l’esprit du monde, et contre la chair ; trois ennemis qui demandent une vigilance toute particulière ainsi que des précautions afin d’en être vainqueurs.

A propos du combat contre la chair, Dom Guéranger fait cette remarque: « N’eussions-nous aucune faute à expier, la plus élémentaire sagesse nous dicterait encore, contre cette persévérante et trop intime ennemie qu’est la chair, des mesures de répression préventive ».

Ces mesures de répression préventives, mes bien chers frères, ce sont particulièrement les actes de pénitence.

Tous les auteurs qui traitent de la conduite des âmes, professent qu’aucun homme soucieux de la perfection et de son salut ne doit se borner seulement à l’observation des règles de la simple tempérance, qui prohibe l’excès dans l’usage des jouissances de tout genre, mais qu’il faut, de plus, s’armer de force, c’est-à-dire se refuser de temps en temps des plaisirs permis, s’imposer des privations et faire régulièrement des sacrifices.

Alors, mes bien chers frères, faites régulièrement pénitence, même en dehors des temps qui sont plus spécialement réservés pour cela. Et évidemment ayez l’esprit de sacrifice, l’esprit de sacrifice qui est à l’opposé de l’esprit du monde.

C’est cet esprit de sacrifice qui permet également de ne pas servir deux maîtres à la fois, de ne pas avoir d’attache avec les biens de ce monde, comme Notre Seigneur nous l’enseigne dans ce passage de l’Évangile que vous venez d’entendre. Il nous enseigne que l’on ne peut servir Dieu et l’argent, et il est donc nécessaire de mettre Dieu à la première place pour pratiquer avec la vertu d’humilité, ce détachement des biens de ce monde. Dom Guéranger dit que « celui qui se reconnaît humblement l’économe de notre Père qui est aux cieux, Mammon ne le domine pas (…). Il suit la parole du Seigneur, cherchant d’abord le royaume de Dieu ; et la richesse qui passe par ses mains en bonnes œuvres ne distrait point ses pensées du ciel où est son cœur et son trésor ».

Par contre, il en est tout autrement quand la richesse, les plaisirs de ce monde, deviennent le but de l’existence, et il faut régulièrement vous interroger, mes bien chers frères, si vous n’avez pas quelques attaches aux biens de ce monde au point peut être de vous faire négliger vos fins dernières.

Dans ces attaches il y a bien sûr l’amour de l’argent qui conduit toujours plus profondément les âmes dans les filets, oui ! Les filets du démon !, et cet amour de l’argent, est souvent accompagné du désir d’être considéré par les hommes.

Ces attaches sont des moyens par lesquels les âmes se laissent entraîner et vaincre par l’esprit du monde. Ces personnes seront alors hautement considérées par les hommes. Elles auront, comme certains le disent, réussies dans la vie. Mais, mes bien chers frères, ce n’est pas réussir dans la vie qui compte, mais réussir sa vie, et atteindre ses fins dernières, le bonheur éternel.

Les honneurs du monde, les considérations, la gloire, le succès, tout cela passe. Dans le livre de l’Ecclésiastique nous trouvons « Tout passe, tout lasse, tout casse ». Et ces honneurs du monde ces considérations la gloire, le succès tout cela n’aura réussi qu’une seule chose chez certaines personnes : mettre en péril leur salut.

Voilà donc en quoi consiste cette forme d’attachement aux richesses de ce monde et ce danger de perdre son âme. Dieu nous dit bien dans la sainte Ecriture : Que sert à l’homme de gagner l’univers si vient à perdre son âme ?

Voilà cette forme d’attachement, mais il en existe bien d’autres, mais je voudrais vous parler aussi de celle ci : c’est l’attachement à soi-même. C’est l’égoïsme évidemment, mais il y a cet attachement qui empêche d’agir comme il se doit, on est lié à cause de cela. Pour ne pas être déconsidérés, ou tout simplement donc l’on va invoqué le fallacieux prétexte de prudence : eh bien, ainsi, l’on ne prend jamais les bonnes résolutions, et on applique jamais les bonnes décisions.

Je pense tout particulièrement au fait que depuis plus de 50 ans la fausse majorité traditionnelle a malheureusement cette sorte attachement avec ce fallacieux prétexte de prudence. Sous prétexte de ne pas heurter certaines consciences, ou pour préserver leurs œuvres, leurs fondations, toujours ce côté matériel qui revient, et bien les choses n’ont pas été dites, comme il fallait, comme il se devait.

Alors, mes bien chers frères, que ces différentes formes d’attachement, attachement aux richesses de ce monde, aux plaisirs et aux réjouissances de ce monde, à l’argent, à Mammon, comme l’on dit, et cet attachement à soi-même, aussi, dont je viens de vous parler, vous fassent comprendre cette nécessité de mener réellement le combat contre ces trois ennemis, contre le démon, contre l’esprit du monde, et contre la chair.

Faisons donc tous pénitence dans cet esprit de sacrifice. Vous le savez bien, c’est le rappel de la très sainte Vierge Marie à La Salette, à Lourdes : « Prière et pénitence ». Et puis à Fatima également. Alors pour ne pas écouter les avertissements et ne pas faire pénitence, pour ne pas avoir ou avoir perdu cet esprit de pénitence, de sacrifice, voyez comment le monde court toujours plus à sa perte.

Alors ne nous laissons pas entraîner sur ces inclinaisons glissantes, savonneuses, et menons donc réellement ce combat spirituel, contre le démon, contre l’esprit du monde, et contre la chair, cherchant premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et Notre Seigneur nous le dit, tout le reste vous sera donné comme par surcroît, faisons confiance à la Providence. Et sachons reconnaître toujours l’action de la Providence lorsque l’on est fidèle lorsque l’on est fidèle à cette Providence, que l’on est fidèle à Dieu.

Alors demandons, mes bien chers frères, véritablement ces grâces nécessaires pour mener ce combat. Demandons-les à Notre Seigneur Jésus-Christ, bien sûr au cours du saint sacrifice de la messe, et par l’intercession de sa très sainte Mère, la très sainte Vierge Marie, Médiatrice de toute grâce, par son Cœur Immaculé que nous fêterons demain. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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