Onzième dimanche après la Pentecôte 2016 – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, en ce dimanche, l’Église continue de nous recommander la vertu d’humilité. L’Apôtre saint Paul dit en effet dans l’Epître aux Corinthiens qu’il est le moindre des Apôtres, qu’il n’est pas digne d’être appelé apôtre, parce qu’il a persécuté l’Église de Dieu.

Nous voyons donc comment la vertu d’humilité nous maintient dans un abaissement de nous-mêmes, tout particulièrement grâce à la considération de nos péchés. Dom Guéranger le souligne dans son commentaire sur ce dimanche : « A mesure que le pécheur vit avec Dieu, d’une union plus étroite, et qu’il s’élève par la contemplation dans la lumière et l’amour, la divine charité (…) se fait un aliment du souvenir même de ses fautes ».

Le souvenir de nos fautes est donc un moyen de progresser dans l’union à Notre Seigneur.

Mais comme l’ennemi de l’humilité c’est l’orgueil, l’Église nous le fait considérer dans l’Evangile avec ce récit de la guérison du sourd muet, car mes bien chers frères, c’est bien l’orgueil, qui est la cause de la surdité et du mutisme spirituels.

L’Eglise a toujours vu dans cet homme sourd muet, le genre humain lui-même que la ruse perfide du démon a privé du paradis et rendu esclave. Il nous faut donc comprendre comment certaines âmes se trouvent réduites à cet état de surdité et de mutisme spirituels.

Comme beaucoup de baptisés en sont malheureusement victimes, tout spécialement pour la confession des péchés, je vous fais considérer ce matin cette surdité et ce mutisme ainsi que leurs conséquences en vous rappelant ce passage de l’un des sermons du saint Curé d’Ars. Celui-ci dit que « les uns sont sourds à la voix de leur conscience qui les presse de déclarer leurs péchés, les autres sont muets, quand il faut les accuser ils se taisent, et par là profanent les sacrements ».

Et, cela va vous rappeler quelques souvenirs, le saint Curé d’Ars cite un de ces cas qui s’est trouvé dans le ministère du jésuite Jean d’Avilla : celui d’une femme qui n’ayant accusé que ses péchés véniels, fut serrée à la gorge par le démon et mourut sans avoir accusé son péché grave, alors qu’elle aurait dû commencer par celui-ci.

Après sa mort, apparaissant à Jean d’Avilla, celui-ci lui demanda quelle était la plus grande de ses peines en enfer : « C’est de voir, lui répondit-elle, que j’aurais pu me sauver en avouant mon péché, aussi facilement que je viens de vous le dire, sans que j’en tire (maintenant) aucun fruit ». Ce remords…

Après cet exemple, le saint Curé d’Ars insiste donc sur l’orgueil, cause de ce terrible mutisme et sur la façon dont le démon s’y prend pour lier le pécheur : « Il représente le péché comme bien peu de chose, il fait croire que la confession en sera facile. Mais quand le péché est commis, il fait tout le contraire. Il nous le représente comme une montagne, il nous en donne tant d’horreur que nous n’en avons plus la force de nous en confesser ».

Comprenez alors, mes bien chers frères, toute l’importance à bien confesser vos péchés, mais tous vos péchés, pour ne pas manquer votre salut. Ne dites pas, surtout pas : « je me confesserai de certains péchés plus tard ». Le démon s’efforce de persuader les âmes pécheresses qu’elles ont encore bien du temps à vivre, qu’elles peuvent différer leur conversion, et cette accusation. Le Père Scupoli dit bien que « c’est un piège où beaucoup de gens se sont laissé prendre, et où plusieurs se trouvent pris tous les jours (…) ». « Que chacun donc, poursuit-il, au lieu de dire : demain, demain, dise : aujourd’hui, dès à présent ! ».

Voila, mes bien chers frères, comment le démon s’y prend pour le mutisme dans la confession des péchés ; comment le démon se sert de l’orgueil, cause de ce mutisme dans les confessions, et puis également, comment il fait croire aux âmes qu’elles sont tranquilles avec leurs consciences.

Aujourd’hui, vous le savez bien, bien rares sont les personnes qui se confessent et reçoivent le sacrement de l’Extrême Onction. Fausse tranquillité de l’âme qui se rencontre dans les maisons de retraite, par exemple, parce que le sacrement des malades, comme on leur est dit, est donné collectivement et qu’il n’y a pas de confession des péchés.

Le démon sait que les péchés qu’ils soient graves ou véniels ne sont pas pardonnés, puisqu’il n’y a pas cette accusation des péchés nécessaire et que de toute façon il y a aussi, vous le savez, l’invalidité des sacrements.

Voilà quelques considérations sur le mutisme des péchés.

Et puis il existe également un autre mutisme, mes bien chers frères, c’est le mutisme dans la confession de la foi. Là encore c’est l’orgueil qui fait que ceux qui devraient confesser la vraie foi ne le font pas ou ne le font pas bien, ne la confessent pas correctement. C’est l’un des moyens qu’utilise le démon en ce qui concerne particulièrement les clercs, le clergé.

Et en faisant allusion à toutes ces difficultés que nous avons eues ces années passées que nous avons donc rencontrées, mes bien chers frères, il faut fermement tenir dans la foi, ne pas se compromettre dans les vérités de la foi, et le seul moyen c’est de suivre le Magistère de l’Eglise dans son enseignement infaillible ! La sainte Ecriture certes, mais aussi le Magistère de l’Église.

Par conséquent si les clercs n’avouent pas leurs erreurs, n’avouent pas leurs erreurs, ne reconnaissent pas leurs erreurs et ne les avouent pas, ne les confessent pas et ne reconnaissant pas la position erronée qui en découle, ils auront bien sûr à en répondre. Et si nous nous souvenons, et nous nous en souvenons, de cette personne citée par le saint Curé d’Ars, pour n’avoir pas confessé son péché grave, eh bien, il arrivera quelque chose de semblable, mes bien chers frères, en ce qui concerne le manque de la confession de la vraie foi. L’obstination d’aujourd’hui risque de devenir demain un obstacle infranchissable.

Voilà donc, mes bien chers frères, comment l’orgueil est la cause de ce mutisme spirituel aussi bien au niveau de la confession des péchés que de la confession de la vraie foi.

Aussi, puisque l’Eglise nous met en garde sur l’orgueil, cause du mutisme spirituel, aussi bien dans la confession des péchés que dans la confession de la vraie foi, comprenons cette nécessité de confesser correctement les péchés et de confesser la vraie foi.

Pour cela ayez toujours recours à la très sainte Vierge Marie, Reine des Confesseurs, afin d’obtenir par sa médiation les grâces dont nous avons besoin, dont vous avez besoin pour affirmer et la saine doctrine catholique et la confession bien sur de vos péchés. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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