Sermon du 24ème dimanche après la Pentecôte – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, en ce dernier dimanche après la Pentecôte, l’Eglise nous livre le récit prophétique de la fin du monde et je vous rappelle ce qu’il faut savoir sur les signes précurseurs de la fin du monde. Nous considérerons ensuite la manifestation des consciences lors de ces événements.

Les modernistes interprètent cette prophétie et certains disent qu’il ne faut pas la prendre au pied de la lettre, qu’il s’agit d’un langage allégorique.

Or, mes bien chers frères, c’est bien de réalités physiques dont nous parlent saint Matthieu ainsi que l’Evangéliste saint Luc dans le passage de l’Evangile que l’Eglise nous cite au 1er dimanche de l’Avent. Il s’agit de l’ébranlement de la terre, de l’air, de la mer, du règne végétal et animal, et de l’apparition de signes dans les étoiles, dans les astres. Saint Thomas d’Aquin énumère tous ces ébranlements dans son traité sur les fins dernières et la raison de ce grand nombre de signes s’explique. Le Père du Pont dans l’une de ses méditations dit: parce que toutes les créatures s’armeront pour tirer vengeance des ennemis de leur créateur et tout l’univers combattra pour Lui contre les pécheurs insensés.

Avec tout ce que nous pouvons constater aujourd’hui, nous comprenons bien qu’il est impossible que toutes ces corruptions subsistent, et que par conséquent, suite à ces bouleversements, il y aura purification par le feu. Le saint Curé d’Ars dit qu’« il faut que cette terre qui a été souillée par tant de crimes, soit purifiée par le feu qui sera allumé par la colère du Seigneur, d’un Dieu justement irrité ». C’est ce qui correspond à ces cieux nouveaux et à cette terre nouvelle dont parle l’Apôtre saint Paul. Voilà donc l’essentiel, mes bien chers frères, de ce qu’il faut retenir sur ces signes précurseurs de la fin du monde.

Et il est également nécessaire de considérer l’action de ces signes sur les âmes. « Tous craindront (…), dit le Père du Pont ; mais la crainte des bons sera mêlée de confiance en la divine miséricorde ; ils se rappelleront les paroles de leur Sauveur : « Lorsque ces choses commenceront, regardez, et levez la tête, parce que votre rédemption est proche ». La crainte des méchants, au contraire, sera accompagnée de désespoir et de fureur.

Dans ces temps d’apostasie de la foi et de la morale catholique, mes bien chers frères, il y a le dérèglement des esprits qui est un signe précurseur, et je vous le fais remarquer encore une fois, des traditionalistes basent leur avenir sur des prédictions, en accordant un crédit certain à un assemblage forcé d’interprétations, assemblage qui ne correspond donc pas à la Révélation. Ce dérèglement des esprits correspond donc à ces temps d’apostasie de la foi et de la morale catholique, Notre Seigneur disant bien : « lorsque je reviendrai y aura-t-il encore la foi sur terre ? ».

Et puis même si nul ne connaît ni le jour, ni l’heure, mes bien chers frères, il est certain que la fin du monde arrivera avec rapidité. Quand beaucoup, ou la majorité des êtres humains n’y pensera plus ! … si l’on n’y croit déjà plus maintenant ! Dans un de ses sermons, le saint Curé d’Ars donne l’exemple du mécanisme d’une horloge qui se met soudainement en action pour sonner l’heure, dans un clocher…parce que nos horloges électroniques ne posent pas de problème. Tous ces événements arriveront donc rapidement et inspireront la crainte.

Et, mes bien chers frères, rien ne restera impuni, rien ; la justice de Dieu se manifestera d’une façon implacable. Tous comprendront, trop tard pour certains, tous comprendront que Dieu avait prévenu par ces signes pour remuer les cœurs et inciter les âmes à se convertir. Car, mes bien cher frères, n’oubliez pas que Dieu est infiniment miséricordieux et infiniment juste. C’est pour cela qu’il n’envoie jamais ses châtiments sans prévenir. Ce qui a été écrit dans l’Ancien Testament l’a été pour notre instruction, c’est pourquoi je vous rappelle qu’avant le déluge, la construction de l’arche de Noé fut un signe pendant cent ans, un signe qui dura cent ans, pour inciter les hommes à la pénitence ! Comprenons alors que nous sommes dans ces temps préludant aux signes précurseurs plus forts qui nous sont donc annoncés et qui marqueront la fin du monde.

Tous ces événements annoncés arriveront donc, et malgré cela, mes bien chers frères, des pécheurs endurcis s’obstineront encore. Refusant de reconnaître les signes qui leur permettront de se convertir, ils seront malheureusement damnés, pourquoi ? Parce qu’ils auront refusé, comme pour le cas des pécheurs impénitents, le pardon de Notre Seigneur jusqu’à leurs derniers instants.

Ainsi, toujours pour vous faire considérer la manifestation des consciences, il y aura aussi, suite à ces signes précurseurs, et précédant le retour de Notre Seigneur, l’apparition de sa sainte Croix. Vous l’avez entendu : « Et alors paraîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme, et alors se lamenteront toutes les tribus de la terre ».

Quelle vision, mes bien chers frères, que cette apparition de l’instrument de notre rédemption qui bouleversera toutes les consciences ! C’est alors que l’on comprendra toute la miséricorde, je vous l’ai dit, mais aussi toute la justice de Dieu si méprisée.

Vous le savez bien, dans la religion conciliaire il n’est question que de la miséricorde de Dieu ; de cette miséricorde de Dieu qui, déformée, se concrétise avec cette civilisation de l’amour, une civilisation qui engendre évidemment cette quiétude, comprenez-le bien, cette quiétude fort dangereuse pour le salut des âmes.

La sainte Liturgie exprime au contraire un parfait équilibre. La Séquence du Dies irae nous dit : « Lors donc que siègera le Juge, tout secret se révélera, et rien ne restera dans l’impunité », et elle affirme aussi le pardon que Notre Seigneur accorde à Marie-Madeleine et signale la prière du bon larron qui est exaucée.

Voilà donc, mes bien chers frères, la justice et la miséricorde de Dieu ; et il est donc certain qu’à la fin du monde, après ces bouleversements et toutes ces actions sur les consciences, ce sera alors le retour glorieux de Notre Seigneur qui révélera pleinement aux âmes sa Royauté. Tous les ennemis de Notre Seigneur et de l’Eglise, de cette royauté de Notre Seigneur, tous les ennemis donc paraitront au grand jour, et Notre Seigneur les remettra alors sous les pieds de son Père, et tous, mes bien chers frères, tous ressuscités, nous entendront la sentence. Ce sera la séparation des bons et des méchants. Aux élus Notre Seigneur dira : « Venez, les bénis de mon Père, posséder le royaume qui a été préparé pour vous dès le commencement du monde », et à l’adresse des réprouvés : « Retirez-vous de Moi ! (retirez-vous de Moi ! Maudits !) Allez au feu éternel qui a été préparé pour Satan et pour ses anges ».

Ainsi, comme vous l’aurez compris, ce récit prophétique de la fin du monde nous invite à tout faire pour éviter l’Enfer et gagner le Ciel. C’est ce que rappelait le saint curé d’Ars sous la forme d’une demande de grâce qu’il faisait pour ses paroissiens, voici ce que je vous souhaite à mon tour, pour chacun et chacune d’entre vous et pour moi-même : « Mon Dieu ! Faites-moi la grâce de ne jamais perdre le souvenir de ce moment terrible, surtout lorsque je serai tenté, pour ne pas me laisser succomber ; afin qu’en ce jour nous entendions ces douces paroles sorties de la bouche du Sauveur :

“Venez, les bénis de mon Père, posséder le royaume qui vous est préparé depuis le commencement du monde“ ». Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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