Sermon du 5ème dimanche après l’Epiphanie – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, dans le passage de son Epître aux Colossiens, saint Paul énumère les vertus de bonté, d’humilité, de modestie, de patience. L’Apôtre rappelle ces vertus car l’Eglise est certes sainte en tant que Corps mystique de Notre Seigneur, mais ses membres ne le sont qu’en puissance et ce sont donc les actes vertueux qui doivent être manifestés. Avec ces vertus, saint Paul dit également de se supporter mutuellement et de se pardonner les uns aux autres.

C’est le lien que l’on peut faire avec la parabole que nous venons d’entendre dans l’Evangile, car se supporter les uns les autres signifie de supporter aussi ceux que Notre Seigneur désigne comme l’ivraie, ne pouvant nous-mêmes éliminer cette ivraie du bon grain pour la raison que Notre Seigneur nous donne : « (…) de peur qu’en cueillant l’ivraie, vous n’arrachiez en même temps le froment. Laissez-les croître l’un et l’autre jusqu’à la moisson ».

C’est ce qui fait que depuis le péché originel, depuis Genèse 3/15, deux civilisations s’opposent irrémédiablement : la cité du bien et la cité du mal. Saint augustin en parle dans ses écrits. Mgr Gaume, dans son ouvrage Où allons-nous ?, dit que « nous voyons ces deux cités, jusqu’ici mêlées ensemble comme les eaux de deux rivières coulant dans le même lit, se dégager l’une de l’autre avec une activité d’autant plus grande qu’elles approchent davantage de leur séparation finale ». Par conséquent, bon grain et ivraie croissent ensemble jusqu’à la moisson, mais cités du bien et du mal se dégagent aussi l’une de l’autre aujourd’hui avec cette activité dont nous sommes à la fois acteurs et témoins.

Acteurs, mes bien chers frères, car en tant que membres de l’Eglise, ayant compris l’existence de ces deux cités, c’est sous les étendards du Christ-Roi et de sa très sainte Mère qu’il faut combattre pour le maintien de la foi. Et puis témoins, car si nous combattons sous de tels étendards, nous sommes, comprenez-le bien, cependant bien incapables d’arrêter le cours des événements, des évènements actuels, car nos contemporains en général, et en cela je n’ai guère de mal à vous le faire constater, sont, en pire, dans les attitudes du peuple au temps du veau d’or, de Noé, ainsi qu’au temps de Sodome et Gomorrhe.

C’est donc consternés que nous voyons toutes ces débauches aujourd’hui, à un degré jamais égalé parce que l’on a rejetés Notre Seigneur et sa loi sainte. Tout cela nous fait voir aussi comment les âmes, perdant la foi, la vraie pratique religieuse, se perdent, se damnent elles-mêmes. Et tout cela nous fait évidemment considérer le petit nombre qui tente de se sauver, en se dégageant du flot de toutes ces iniquités, mes bien chers frères, de cette infidélité, comprenez bien le sens du terme, de cette infidélité, et de cette immoralité. Par conséquent, vous l’aurez compris : il y a bien deux cités qui se dégagent l’une de l’autre, et cela avec une activité d’autant plus grande qu’elles approchent davantage de leur séparation finale. C’est à dire de la fin du monde.

C’est donc dès le péché originel que toute cette ivraie existe dans le monde. C’est l’œuvre du démon et particulièrement depuis plus de 100 ans, bien plus de 100 ans, l’œuvre de ceux qui se sont mis à son service. Notre Seigneur l’indique dans la parabole du bon grain et de l’ivraie : d’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?, demandent les serviteurs. Et le maître répond : « C’est l’homme ennemi qui a fait cela ». C’est donc bien le démon, ennemi de Notre Seigneur et de son Eglise, qui inspire, fomente tous ces complots contre l’Eglise.

Le rejet à tous les niveaux de la société, le rejet du Christ, de sa royauté, font partie d’un plan maçonnique et luciférien. La plupart d’entre vous le savent. Par conséquent, et j’insiste, vouloir établir la concorde et la paix sans Notre Seigneur Jésus-Christ, sans sa royauté, c’est vraiment une injure faite à Dieu, notre créateur, notre rédempteur. Alors, que voulez-vous lorsque l’on ne veut plus du joug suave et léger de Notre Seigneur, c’est l’esclavage du démon, c’est l’immoralité, l’immoralité et son esclavage, l’esclavage de l’immoralité.

Mes bien chers frères, nous devons donc demeurer en ces temps où nous voyons ces deux cités du bien et du mal se dégager l’une de l’autre, demeurer, vous l’aurez compris, sous les étendards du Christ-Roi et de sa très sainte Mère. Restons fermes dans ce combat du maintien de la foi, et, mes bien chers frères, que tout ce que nous faisons, nos paroles, nos actions, soit fait au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ comme l’écrit l’Apôtre saint Paul dans cette Epître aux Colossiens.

Demandons le bien sûr à Notre Seigneur, comme l’Eglise le fait dans l’Oraison Collecte. Je vous le rappelle encore une fois : c’est admirable la composition de ces Oraisons Collectes, car cette Oraison Collecte de chaque dimanche, vous pouvez le vérifier, le goûter également, nous résume l’enseignement que l’Eglise veut nous donner chaque dimanche. Et bien, comme l’Eglise le fait dans l’Oraison collecte, demandons à Notre Seigneur de nous garder dans cette famille que nous composons par notre baptême, par une continuelle miséricorde, et de nous défendre par sa constante protection, protection qui repose sur la seule espérance de sa grâce. Demandons-le par l’intercession de la très sainte Vierge Marie, médiatrice de toutes grâces. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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