Fête du Christ-Roi – Sermon de M. l’abbé Marchiset

Mes bien chers frères, depuis des décennies les puissants de ce monde et les antichrists à Rome, parlent de paix, mais ils évincent et luttent même contre la royauté de Notre Seigneur. Les antichrists disent que le Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ n’est plus possible, que les Souverains Pontifes de jadis parlaient pour leur époque et, chose incroyable, disent qu’ils ne diraient plus la même chose maintenant, ce qui est bien sûr contraire à toute la Tradition, à l’infaillibilité de l’Eglise, et puis finalement entrainant, forçant même les autorités civiles, ils luttent contre le Règne social de Notre Seigneur.

En cette Fête du Christ-Roi, je voudrais donc vous faire considérer cette Encyclique Quas primas de Pie XI qui fut publiée en décembre1925 lors de l’institution de cette Fête, car Pie XI dit précisément dans cette Encyclique : « que jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples, tant que les individus et les Nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Seigneur ».

Par conséquent, et à l’instar de tous les puissants de ce monde et de tous les antichrists passés et actuels, Pie XI, affirmait, confirmant alors ses frères dans la foi, qu’il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ.

Cette encyclique Quas primas, mes bien chers frères, est importante, car elle analyse à la fois les causes des désordres de la société, et explique cette royauté de Notre Seigneur, le fondement de cette royauté et ses droits.

Pie XI rappelle donc que le débordement des maux sur l’univers (n’oubliez pas que nous sommes en 1925 !) provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Notre Seigneur Jésus-Christ et sa loi très sainte, des habitudes de leur vie individuelle, familiale et publique.

Depuis, vous le savez bien, Notre Seigneur Jésus-Christ et sa loi ont toujours été de plus en plus rejetés publiquement et les maux actuels sont forcément les conséquences toujours plus graves de ce rejet de la royauté de Notre Seigneur.

Tout cela d’ailleurs est stigmatisé dans le Syllabus de Pie IX qui dénonce et condamne le libéralisme. Ce sont donc bien les conséquences de la liberté de conscience et de l’égalité des cultes, les conséquences du rejet du joug suave et léger de Notre Seigneur. Il n’est pas difficile de le constater, tout cela, quand d’un seul homme les français, républicains, avec le slogan ’’je suis Charlie’, affirmaient donc leur solidarité dans cette liberté d’expression, qui n’est tout simplement, mes bien chers frères, que la liberté d’exprimer l’erreur, que la liberté de perdition.

Par conséquent dans cette Encyclique Quas primas, après avoir parlé des causes des désordres de la société, Pie XI explique la royauté de Notre Seigneur, son fondement et ses droits. Le libéralisme et tous les libéraux qui rejettent le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ sont évidemment confondus par ces explications.

Alors écoutez bien : « Ce ne sont pas seulement les anges et les hommes qui doivent adorer le Christ comme Dieu, dit-il, mais il faut aussi obéir et être soumis à l’autorité qu’il possède comme homme ». Car, en effet, le pouvoir de Notre Seigneur sur toutes les créatures, sur la création toute entière, découle de cette union en Notre Seigneur de la nature divine à la nature humaine. L’union qu’on appelle hypostatique. Notre Seigneur règne donc sur nous, par droit de nature et par droit, comprenez-le bien, par droits acquis puisqu’Il nous a rachetés par son précieux Sang sur la croix et pendant sa Passion. Et, pour le prouver, Pie XI cite bien sûr les principaux passages du Nouveau Testament.

L’Annonciation : cet Enfant règnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin. Et puis il y a les paroles mêmes de Notre Seigneur, la Vérité même incarnée, sur sa royauté et sa puissance. Et bien sûr ce passage que l’Église a choisi comme Évangile de cette Fête. A la question de Pilate, Notre Seigneur affirme qu’Il est Roi. Il affirme cette autorité qu’il possède comme Dieu et comme homme. Et puis Notre Seigneur affirme sa royauté après sa résurrection, vous le savez bien, dans l’ordre aux Apôtres d’enseigner et de baptiser toutes les nations. Que précise-t-il ? : « Tout pouvoir Lui a été donné dans le ciel et sur terre ».

Pie XI cite donc tous ces passages, et puis, mes bien chers frères, il a toute la liturgie de cette fête, le propre de la Messe avec des passages de l’Ancien Testament également, dans l’Introït, le Graduel, le verset de l’Alleluia…l’Antienne de communion, sans oublier, vous l’écouterez et vous la suivrez, la magnifique Préface, et puis cet après-midi, l’Hymne des Vêpres…

Cette Fête, cette liturgie, et cette Encyclique affirment donc que le royaume de Notre Seigneur Jésus-Christ doit s’étendre à tous les hommes et à toutes les Nations et que c’est l’Église qui reçoit en héritage de Notre Seigneur toutes ces nations, et qu’elles lui sont confiées jusqu’à la fin du monde. Ce point de doctrine se trouve évidemment rejeté, vous le pensez bien, par les tous les anticléricaux et les libéraux. La secte conciliaire évince même cette doctrine, mes bien chers frères, pas en supprimant, mais en plaçant la Fête du Christ-Roi à la fin du temps liturgique ; au dernier dimanche de l’année liturgique, de leur temps ordinaire comme ils l’appellent, comme si cette royauté était à venir seulement à la fin du monde. C’est pour cela qu’ils ont déplacé la Fête du Christ-Roi à la fin de l’année liturgique.

Et puis, mes bien chers frères, je ne voudrais oublier de vous rappeler que la véritable doctrine est bien celle qui enseigne que Notre Seigneur a confié deux glaives à l’Église : le glaive spirituel et le glaive temporel.

C’est toute cette doctrine qui est développée dans la Bulle Unam Sanctam de Boniface VIII. Cette Bulle fut publiée donc en 1302, à cause d’un différent avec Philippe le Bel, ce qui nous permet de voir que les Actes du Magistère sont bien souvent publiés à cause des erreurs, et que ceux-ci affirment donc la saine doctrine et condamnent les erreurs.

Cette Bulle de Boniface VIII stipule donc que le glaive spirituel et le glaive temporel sont l’un et l’autre en la puissance de l’Église, et que le glaive spirituel doit être employé par l’Église, et que le glaive temporel doit être employé pour l’Église. « L’un de ces glaives, précise Boniface VIII, doit être subordonné à l’autre, et l’autorité temporelle doit être soumise au pouvoir spirituel ». Et le souverain Pontife affirme, défini, que cette soumission selon les deux glaives, est nécessaire au salut des âmes.

Evidemment les chrétiens libéraux enragent devant cette doctrine. Monseigneur Fèvre, je n’ai pas dit Monseigneur Lefebvre, j’ai dit Monseigneur Fèvre, dit dans son Histoire critique du catholicisme libéral en France jusqu’à Léon XIII (il ne pouvait pas aller plus loin, évidemment, car de cette époque), il dit bien : « Telle est, dans son texte authentique, cette fameuse Bulle Unam Sanctam qui fait écumer de rage, non seulement les loups du schisme et de l’hérésie, mais les brebis du gallicanisme et les agneaux (oui les agneaux) du libéralisme ».

Aujourd’hui, mes bien chers frères, voyez comment tous ces libéraux prônent toujours plus la liberté de conscience, et je vous l’ai dit, et ainsi la liberté des religions et donc le droit à l’erreur ; ils prônent tout, tout ce qui a été condamné par l’Encyclique Quanta cura de Pie IX, par le Syllabus de Pie IX également, et par cette Encyclique Quas primas de Pie XI !

Alors comme nous devons évidemment nous en tenir à ces Encycliques et à cette Encyclique Quas primas, retenons qu’après avoir réprouvé le régime où n’est fait aucune différence entre la vraie et les fausses religions, que Pie XI souligne bien que c’est à partir de cette idée totalement fausse, totalement fausse, du gouvernement des sociétés, que les libéraux ne craignent pas de soutenir l’opinion erronée, l’opinion erronée, que la liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme et que ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société. Opinion erronée ! Faites attention à la proposition.

Voilà donc, mes bien chers frères, comment les puissants de ce monde et les antichrists, pensent et voient les choses depuis plus d’un demi-siècle, beaucoup plus qu’un demi-siècle même. Et, comme je vous l’ai dit, tous les antichrists ont favorisé et favorisent toujours, toujours plus ce libéralisme et prônent cette liberté de perdition, de perdition des âmes. Oui, pour atteindre la paix, ils prônent la liberté de perdition ! Alors que Pie IX dit très précisément : « Funeste opinion pour l’Église et le salut des âmes, (…) ceux qui encouragent cette entière liberté de religions, par quelques moyens que se soit, (…) et qui font en sorte que ces opinions hasardeuses soient prises comme certitudes, ne pensent ni ne se rendent compte, qu’ils prêchent « la liberté de perdition » ». Voilà pourquoi je reprends les termes mêmes des souverains Pontifes : liberté de perdition. Alors que nos contemporains, à l’heure actuelle pensent que c’est tout à fait normal qu’il y ait cette liberté de conscience, cette liberté des cultes, alors qu’il s’agit uniquement que la liberté de perdition.

Voilà comment, mes bien chers frères, tous ces antichrists, sont condamnés par le véritable Magistère de l’Eglise, et ce n’est évidemment pas l’Eglise qui prône cette égalité des cultes, mais la secte conciliaire qui entraîne alors les individus comme les Nations, les sociétés, dans le refus de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Seigneur.

C’est pourquoi, en cette Fête du Christ-Roi, nous réciterons l’acte de consécration du genre humain, et nous demandons alors, au nom de sa très sainte Mère, notre Reine bien-aimée, la très sainte vierge Marie, que le Règne du Christ-Roi, son divin Fils, s’accomplisse bien sûr dans nos âmes, dans nos âmes, mes bien chers frères, et ainsi par notre exemple, qu’il puisse s’accomplir dans celles de nos contemporains selon la sainte volonté de Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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