Sermon du 21ème dimanche après la Pentecôte – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, en ce dimanche nous avons une fois encore le rappel de la lutte que nous avons à mener contre les ennemis invisibles de nos âmes, les démons. Dans son Épître aux Éphésiens, l’Apôtre saint Paul dit en effet que « nous n’avons point à lutter contre des hommes de chair et de sang, mais contre les princes et les puissances, contre les chefs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans l’air ».

Et si nous voulons être en mesure de résister, il faut selon son expression, revêtir l’armure de Dieu, et employer les armes qu’il énumère. Ces armes sont multiples, explique Dom Guéranger, en raison de leurs multiples effets, et toutes se résument dans la foi.

C’est donc, mes bien chers frères, la fidélité à toute la Révélation, à l’enseignement de Notre Seigneur, à ses préceptes, et à l’enseignement de son Église, à la Tradition, aux Actes du Magistère, aux dogmes, la fidélité à toute la foi et à toute la morale catholique. Et comprenez combien il est nécessaire également, pour mener le bon combat de la foi contre ces puissances infernales et leurs suppôts, de se sanctifier.

Je vais revenir sur cette nécessité, mais auparavant je voudrais vous parler quelques instants de l’action des ennemis visibles de nos âmes, de ceux qui sont au service de ces puissances de ténèbres dont parle l’Apôtre saint Paul, avec de surcroît, avec ce plus de puissance donné à ceux qui se sont mis au service du démon, selon, vous le savez bien, ce que Léon XIII a entendu un 13 octobre, le 13 octobre 1884, dans ce dialogue entre Notre seigneur et le démon. C’est cette puissance qui s’exerce toujours plus aujourd’hui, dans le cadre de la conjuration antichrétienne.

Avec le recul maintenant l’on constate malheureusement que la fausse majorité traditionnelle, n’a pas tenu compte et ne tient toujours pas compte de la nature et des méthodes du démon et de l’action de ces personnages qui sont les ennemis visibles de nos âmes.

Ces ennemis ont concrétisé leurs efforts dans ce conciliabule Vatican II, et dans ses réformes liturgiques. 1968,69 pour leurs promulgations. Lorsque l’on écoute les explications de Mgr Lefebvre par exemple, des explications qu’il donne en 1977, l’on se rend compte qu’il donne de bonnes analyses sur la nouvelle messe, mais qu’il ne voit pas dans ces réformes et ces réformateurs l’action antichrétienne. Il explique fort justement que les réformes des paroles de la consécration, sont exactement ce que Luther avait fait, lui qui ne croyait pas à la présence réelle, qui ne croyait donc pas que la messe est le renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix. Et bien, malgré cela, il n’y a donc pas la conclusion de l’invalidité de ces nouvelles paroles de la consécration. Et pourtant il dit que c’est exactement ce qu’à fait Luther ! Donc on ne peut pas parler de messe valide à propos de la cène protestante !

Alors pourquoi Mgr Lefebvre n’a pas conclu à l’invalidité de ces nouvelles paroles de la consécration ? Parce que ces conclusions auraient entrainé des défections au sein de son œuvre. Et je vous l’ai dit récemment c’est aussi une forme de respect humain, malheureusement, que l’on constate chez lui. L’on est donc bien obligé de constater que suite à cela, c’est désormais l’ensemble de la fausse majorité traditionnelle qui ne tient toujours pas compte de la nature et des méthodes du démon et comme le remarque Dom Guéranger que beaucoup ont recherché d’humaines combinaisons qui ne font que retarder de quelques temps une défection certaine. C’est ce que nous constatons maintenant.

Comprenez alors combien il est nécessaire, mes bien chers frères, pour mener le bon combat de la foi contre ces puissances infernales et leurs suppôts, de connaître l’action de la conjuration antichrétienne, et de se méfier des ennemis visibles de nos âmes, de pas oublier que ces antichrists dont on peut mettre désormais d’innombrables noms, sont au service des ennemis invisibles de nos âmes, et que ces ennemis invisibles sont de pures intelligences dévouées au mal et à la haine de la lumière, qui sont donc intelligents et forts, connaissant les secrets de notre nature déchue, tournant tous leurs avantages contre nous, pour nous tromper, cherchant à entrainer les hommes à leur perte dans la haine de Dieu. Et vous pouvez le remarquer, dans la haine de Notre Seigneur et de son Eglise.

Voyez donc comment tout cela est mis en œuvre aujourd’hui. Alors, mes bien chers frères, pour nous, utilisons les armes que saint Paul nous énumère, et qui se résument donc toutes dans la foi. Et poursuivons, continuons l’œuvre de notre sanctification, je vous l’ai dit, car il ne suffirait à rien de savoir tout cela, mes bien chers frères, si nous n’avions pas de véritable vie intérieure, de véritable vie spirituelle dans ce combat où forcément nous devons accepter d’être incompris, d’être offensé.

Et l’Evangile nous indique précisément cela ce matin ; vous avez entendu ce passage : le pardon des offenses. Saint Augustin explique cette parabole où nous est rappelée cette règle de pardonner à ceux qui nous ont offensés. « Tout homme sans doute, dit-il, a son frère pour débiteur ; car quel est l’homme qui n’a jamais été offensé par personne ? Mais quel est l’homme aussi qui ne soit le débiteur de Dieu, puisque tous ont péché ? L’homme est donc à la fois débiteur de Dieu, créancier de son frère ». Et saint Augustin ajoute : « C’est pourquoi le Dieu juste t’a posé cette règle d’en agir avec ton débiteur comme il le fait avec le sien… ». Et saint Augustin n’oublie pas de rappeler ce que nous disons bien sûr dans le notre Père : Remettez-nous nos dettes, comme nous les remettons nous-mêmes à nos débiteurs. Et saint Augustin cite alors un passage de saint Jean Chrysostome qui, lui, dit : « Tu appelles Dieu ton Père, et tu gardes mémoire d’une injure ! Ce n’est pas là le fait d’un fils de Dieu ».

Cette citation de saint Jean Chrysostome, mes bien chers frères, me rappelle (faites un effort de mémoire vous aussi, parce que je vous en ai déjà parlé), me rappelle le Pater de D’Elbée, cette leçon du Général vendéen D’Elbée pendant les Guerres de Vendée, qui devant ses vendéens venant d’apprendre que ceux qu’ils tenaient sous la main, des Républicains, avaient décimé leur famille, voulaient se venger ; le général D’Elbée leur dit de réciter le Notre Père, de se mettre à genoux et de réciter le Notre Père. Et arrivés à : « pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés », il leur dit qu’il fallait pardonner s’ils croyaient à ce qu’ils disaient. Les vendéens en bons chrétiens laissèrent la vie sauve à ces Républicains.

Voilà cette leçon qui nous est donnée par ce passage de l’histoire des guerres de Vendée.

Alors bien sûr, respectons cette règle, mes bien chers frères, quand bien même serions-nous l’objet d’injures de la part de notre prochain. Car « ses fautes contre nous, remarque Dom Guéranger, n’égaleront jamais nos péchés contre Dieu dont nous avons causé la mort ».

Alors après cet enseignement, mes bien chers frères, sur le combat spirituel contre les ennemis invisibles et visibles de nos âmes, et sur le respect de la règle de pardonner à ceux qui nous ont offensés, recourons bien sûr à la très sainte Vierge Marie, et puis à saint Michel Archange, Prince des milices célestes, à nos anges gardiens que nous oublions trop souvent d’invoquer, d’invoquer pour nous protéger contre tous les artifices et les puissances de ces ténèbres. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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