Sermon du 19ème dimanche après la Pentecôte – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, dans l’Épître aux Éphésiens que vous venez d’entendre, l’Apôtre saint Paul résume les principes de la vraie sainteté : « Mes Frères, renouvelez-vous selon l’esprit, dans votre âme, et revêtez l’homme nouveau qui a été créé selon Dieu dans la justice et la sainteté de la vérité ». Considérons donc la notion même de sainteté. Dom Guéranger nous dit dans son commentaire que c’est « l’union à cette vérité éternelle et vivante », « à ce concert admirable des trois Personnes divines unies dans la charité ».

Et cette union n’est réalisable, vous le savez bien, que par la vie même de Dieu qui nous est communiquée par le saint Baptême, fruit de la sainte Incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ecoutez ce que précise Dom Guéranger : en Notre Seigneur, comme par surcroît à l’Incarnation, la Sagesse éternelle, aspire à s’unir, (aspire à s’unir) aussi tous les membres de cette humanité dont il est le chef.

Vous avez remarqué que j’ai insisté, que j’ai redoublé, vous allez comprendre pourquoi dans quelques instants.

Et celui-ci dit justement ce qui s’opère par le saint Baptême : « par Notre Seigneur Jésus-Christ, le Saint-Esprit se déverse sur l’homme pour l’adapter à sa vocation sublime, et consommer, dans l’amour infini qui est lui-même, cette union de toute créature avec le Verbe divin ». Voilà, mes bien chers frères, comment nous est communiquée la vie de Dieu, comment nous sommes sanctifiés dans la vérité, comment nous pouvons participer à la sainteté même de Dieu. Donc que les tout récents baptisés le comprennent bien.

Et je citerai encore Dom Guéranger pour insister sur la nécessité du baptême et sur cette sanctification: « Mais si le Fils de l’homme, étant Dieu, participe pour sa race à la vie d’union dans la vérité, qui fait la sainteté de la Trinité souveraine, il ne communique cette vie, cette vérité, cette union déifiante qu’à ceux des hommes qui sont devenus vraiment ses membres, qui reproduisent entre eux, en Lui, en Notre Seigneur, par l’opération de l’Esprit de vérité et d’amour, I’unité dont cet Esprit sanctificateur est en Dieu le lien tout-puissant ».

Ce qui signifie donc, mes bien chers frères, que la vie de Dieu nous est communiquée par le baptême qui nous fait membres de son Église, et que la sanctification des membres de l’Église n’est possible qu’à la condition de reproduire entre eux, en Notre Seigneur, cette unité sous l’action bienfaisante du Saint-Esprit.

Vous savez que Karol Wojtyla (alias Jean-Paul II) enseignait cette théologie hérétique « que par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » ! Vous aurez remarquez par rapport à ce que j’ai souligné tout à l’heure en citant Dom Guéranger, c’est que c’était bien : « aspire à ». Là, nous avons avec cette théologie hérétique de Jean-Paul II, vous avez : « que par son incarnation (je reprends) le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme ». Alors avec cette théologie hérétique, effectivement, il n’y a plus besoin de baptême, plus besoin de l’Eglise !

Au contraire la saine théologie, le fondement du dogme et de la morale catholique, exclut totalement cette théologie hérétique et bien sûr le faux œcuménisme des antichrists de ces dernières années.

Maintenant je voudrais bien sûr vous faire comprendre combien il faut être soucieux de réaliser cette unité dont parle l’Apôtre saint Paul. Dom Guéranger dit bien dans ses commentaires que « la condition qu’exige Notre Seigneur de ceux qui sont membres de l’Église son Épouse, c’est de maintenir entre eux une telle harmonie, qu’elle fasse de tous véritablement ce qui nous est indiqué par l’Apôtre, d’avoir un même esprit et un seul corps, dans le lien de la paix ».

Dans ce souci de l’unité qui nous est donc rappelée ce matin, il est nécessaire que vous agissiez, mes bien chers frères, que nous agissions toujours en toute vérité avec nos contemporains, que ce soit dans la doctrine ou dans la morale. Et qu’importe le qu’en dira-t-on !

Parler à son prochain dans la vérité, de la doctrine, de morale catholique, sans feinte, sans diminution. Rappelez-vous les propos de Dom Guéranger que je vous ai cités tout récemment, dans son ouvrage Le sens chrétien de l’histoire : « Montrez-vous donc, à cette société, à elle, tel que vous êtes au fond, (c’est-à-dire) catholique convaincu. Elle aura peur de vous peut-être quelques temps  (sous différentes formes, nous le constatons) ; mais soyez-en sûr, elle vous reviendra ». Alors continuons, et soyons patients. L’on pourrait presque citer le passage de la sainte Ecriture à cet endroit : « Autre est le semeur, autre est le moissonneur ».

Et puis, mes bien chers frères, toujours dans cet enseignement sur la sainteté, sur cette nécessité de se sanctifier dans la Vérité, ayez, gardez, grandissez dans l’amour de la sainte Église. Ce qui consiste donc déjà à bien connaître la foi catholique, la saine doctrine catholique, je le rappelle souvent : le Magistère, les Actes du Magistère. C’est cet amour sans réserve et cette fidélité qui nous feront toujours relever les erreurs perfides et nous opposer à la nouvelle religion conciliaire. C’est ce qui nous permet également de ne pas subir la force de la tentation, de la séduction, voire du découragement ! Dans la lutte et le combat actuel, et ne pas partir à tout vent doctrine et de se donner des maîtres à foison comme je vous le rappelais encore dimanche dernier. Et que cela nous donne l’occasion de servir Notre Seigneur et son Eglise avec un cœur non partagé, soucieux de la véritable unité, comme le dit l’Apôtre saint Paul pour notre sanctification.

Saint Paul concluant un peu plus loin dans son Epître : étant les imitateurs de Dieu comme ses fils très chers, nous marchons dans la charité, vous aurez alors compris que cette charité, est celle de la vérité, ne craignant en rien les diverses manifestations de l’esprit du monde actuel qui est l’esprit du démon.

Alors, mes bien chers frères, prions, prions sans cesse, afin que Notre Seigneur nous donne toujours ses lumières pour déjouer les pièges et les séductions de l’esprit du monde.

Et puis, d’une manière générale, vaquons à notre sanctification, dans l’imitation de Notre Seigneur, sous l’action du Saint-Esprit, réalisant cette unité qui nous est tant rappelée par l’Apôtre saint Paul, puisque, pour reprendre ses termes nous sommes membres les uns des autres. Recommandons l’œuvre de notre sanctification, bien sûr, à la très sainte Vierge Marie. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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