Sermon du 18ème dimanche après la Pentecôte – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, le miracle de la guérison du paralytique que vous venez d’entendre dans l’Evangile de ce dimanche, est l’occasion pour Notre Seigneur d’affirmer son pouvoir de remettre les péchés en tant que vrai Dieu et vrai homme. Il signifie bien sûr le pouvoir de remettre les péchés confié au sacerdoce catholique.

Je vais revenir quelques instants sur ce pouvoir confié au sacerdoce catholique, mais je voudrais plus particulièrement vous entretenir ce matin sur deux recommandations de l’Apôtre saint Pierre qui se trouvent citées dans les précisions que Dom Guéranger donne sur ce dimanche. Celui-ci explique en effet que l’Église nous conduit par la sainte Liturgie dans ce temps après la Pentecôte qui tend vers sa fin, vers le dernier avènement de Notre Seigneur, et il fait cette remarque en s’inspirant donc de deux passages de la seconde Épître de l’Apôtre saint Pierre : « C’est pourquoi, mes bien-aimés, faites en sorte que le Seigneur, quand il viendra, vous trouve dans la paix, sans reproche et sans tache, instruits ainsi de toutes choses à l’avance, veillez sur vous, de peur que, vous laissant emporter aux égarements des insensés, vous ne tombiez de l’état si ferme qui est aujourd’hui le vôtre».

Ce passage contient donc ces deux recommandations sur les temps précédents la fin des temps et sur lesquelles j’attire toute votre attention.

Tout d’abord cette première recommandation : « Instruits ainsi de toutes choses à l’avance ». Cela signifie que nous devons connaître la sainte Ecriture, la Tradition, le Magistère de l’Eglise, mes bien chers frères, afin de reconnaître les signes qui nous sont donnés. « Le chrétien réfléchi dit Mgr Gaume, compare les faits avec ce qui est prédit ». Par conséquent Notre Seigneur nous disant à propos de la fin des temps : « lorsque je reviendrai y aura-t-il encore la foi sur terre ? », reconnaissons donc qu’aujourd’hui nous sommes dans une apostasie quasi générale, ce dont parle Notre Seigneur en posant cette question.

Si l’on considère la foi en Dieu et en son Eglise, c’est désormais un petit reste qui garde cette vraie foi. Car tous ceux qui se disent catholiques aujourd’hui, mais qui sont conciliaires, ne sont catholiques que de nom, et ce ne sont évidemment plus des fidèles selon le sens même du terme, puisque, sans parler des apostats, des renégats, des hérétiques formels, tous sont imbibés de cette foi moderniste égout collecteur de toutes les hérésies, et sont donc matériellement hérétiques, dans l’hérésie sans forcément le savoir et sans s’en rendre compte.

Et vous le savez bien, parce que ce sont des sujets sur lesquels je reviens souvent : même parmi ceux qui se disent catholiques de tradition, toutes catégories confondues, beaucoup sont imbibés par des erreurs sur l’infaillibilité de l’Eglise, erreurs qui ont aussi leurs graves conséquences.

« Instruits ainsi de toutes choses à l’avance » signifie donc que nous devons connaître la sainte Ecriture, la Tradition, le Magistère et donc reconnaître cette apostasie quasi générale dont parle Notre Seigneur.

Et puis l’autre recommandation de l’Apôtre saint Pierre, c’est de ne pas se laisser emporter aux égarements des insensés et de tomber ainsi de l’état si ferme qui est aujourd’hui le vôtre ; l’Apôtre saint Paul parlera aussi de partir à tout vent de doctrine et puis de se donner des maîtres à foison. C’est pareil.

En effet, alors que l’on devrait toujours plus s’attacher aux dogmes de notre sainte religion, mes bien chers frères, comme l’Eglise les a toujours enseignés, s’attacher aux Actes du Magistère, rester fermes dans la foi, certains préfèrent suivre des opinions théologiques qui n’ont jamais été reconnues et encore moins enseignées par l’Eglise. C’est, je vous l’ai dit, ce que je constate aujourd’hui, comme je l’explique dans mon petit travail intitulé Conséquences d’une nouvelle erreur sur l’infaillibilité de l’Eglise et que je publiais il y a un an maintenant. En me référant aux Actes du Magistère de l’Eglise, en effet, pour faire comprendre que le baptême de désir et quelques autres considérations théologiques, basés sur des opinions et sur de mauvaises interprétations, n’avaient jamais été enseignés et ne pouvaient être enseignés par le Magistère, certains ne veulent pas reconnaître leurs erreurs. Avouez qu’il y a aussi un certain entêtement !

Et alors que se passe t-il maintenant ? On attend toujours les travaux de ceux qui avaient promis de répondre, et puis même si l’on reconnaît qu’effectivement le Magistère n’a jamais enseigné cela, on retourne à la messe et recevoir les sacrements auprès de prêtres una cum l’hérétique ; d’autres, au lieu de continuer à venir là où ils devraient continuer leur pratique religieuse, vont certes en un autre lieu de culte ou le prêtre n’est pas en union avec l’hérétique, mais prêtent l’oreille à une certaine thèse, et entendent également des arguments sur ce qui n’est que fable. Ce sont les dangers, les risques dont je les ai cependant mis en garde.

Et puis, mes bien chers frères, d’une manière générale, il y a ce danger, de se laisser emporter aux égarements des insensés, comme le dit l’Apôtre saint Pierre. Comme par exemple cet égarement de la survivance de Paul VI dont certains, auxquels l’on ne pensait pas, prêtent tout de même quelque peu l’oreille et risquent de se faire séduire. Et puis il y a cette dérive du mentor, appelons-le comme cela, des ACRF (des Amis du Christ-Roi de France). Qu’est-ce là encore ? Sinon ce genre d’égarements dont parle l’Apôtre saint Pierre. De plus en plus persuadé de ses assemblages d’interprétations d’un règne du Sacré-Cœur, sorte de millénarisme, je vous l’ai dit, la dérive était presque inévitable, mes bien chers frères, celle de créer une chevalerie. Et dire que des personnes ne s’aperçoivent pas qu’elles se sont donné un maître à penser qu’elles soutiennent de façon ridicule.

Hélas oui, mes bien chers frères, même parmi les catholiques qui se disent traditionnels, sédévacantistes, ou qui refusent ce terme parce qu’ils n’ont toujours pas compris ce qu’est le Siège apostolique, il y a ce danger de se donner des maîtres à penser et de créer, écoutez bien, et d’entretenir de fausses espérances.

L’heure est donc à rappeler ce danger. D’autres personnes le font également à juste titre. Alors ne recherchez pas, ne retenez pas, tout ce qui ne serait pas de l’enseignement de l’Eglise. Mes bien chers frères, écoutez au contraire l’enseignement de l’Eglise afin de grandir dans la vertu de foi, comme l’ont toujours fait les fidèles jadis, les saints de tous les siècles, car comme  dit le Père Ventura dans un de ses sermons : «(…) l’enseignement de l’Église produit exactement dans l’esprit et le cœur des vrais fidèles les mêmes effets précieux que la révélation et l’enseignement de Jésus-Christ ont produits dans l’esprit et le cœur des disciples ». Le christ et l’Eglise c’est tout un.

Si vous lisez par exemple l’enseignement du Magistère de l’Eglise sur le dogme en dehors de l’Eglise point de salut, vous ne pourrez qu’être toujours plus pénétrés de ce dogme et par conséquent vous rejetterez obligatoirement les opinions mauvaises qui le contredisent.

Pie IX dit bien dans Nostis et nobiscum du 8 décembre 1849, qu’« il faut veiller spécialement à ce que les fidèles eux-mêmes aient profondément gravé dans l’esprit le dogme de notre sainte religion sur la nécessité de la foi catholique pour obtenir le salut ». C’est clair !

Voilà donc, mes bien chers frères, à partir de cette recommandation, du Prince des Apôtres : la crainte, de se laisser emporter aux égarements des insensés, les conseils que je voulais vous donner ce matin.

Et puis, comme je vous l’ai dit, en ce dimanche où l’Eglise nous rappelle ce pouvoir de remettre les péchés confié au sacerdoce catholique, méditez alors sur la prérogative qu’ont les prêtres de pardonner les péchés et de guérir les âmes. Dom Guéranger dit que « c’est Notre Seigneur qui par eux, indignes ou non, relève de leurs fautes les hommes ses frères et ses créatures, dont il a pris sur lui les misères et racheté les crimes dans son Sang ».

Par conséquent examinez-vous toujours consciencieusement, faites régulièrement, quotidiennement, votre examen de conscience, et faite-le toujours en préparant votre confession sous le regard du Crucifix et sous la protection de la très sainte Vierge Marie. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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