Sermon du 17ème dimanche après la Pentecôte – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, dans le passage de l’Epître de l’Apôtre saint Paul que nous venons d’entendre, aux Éphésiens, celui-ci nous conjure de vivre d’une manière digne de la vocation à laquelle nous avons été appelés, en toute humilité, mansuétude et patience. C’est le rappel de la fidélité à nos engagements du baptême. Et dans son commentaire sur ce dimanche, Dom Guéranger dit que « la condition qu’exige Notre Seigneur de ceux qui sont membres de son Église, de son Épouse, c’est de maintenir entre eux une telle harmonie, qu’elle fasse de tous véritablement ce qui nous est indiqué par l’Apôtre saint Paul, d’avoir un même esprit et un seul corps, dans le lien de la paix ».

Je vous donne par conséquent quelques recommandations car pour maintenir cette harmonie dans le contexte actuel, il est nécessaire d’éviter d’une manière générale les occasions de péché, les occasions prochaines comme lointaines de pécher, et je voudrais vous parler tout particulièrement ce matin, de l’utilisation nuisible que l’on peut faire des instruments de communication.

Il y a bien sûr le téléphone, j’ai bien dit d’une façon nuisible, mais j’insisterai plus encore sur la façon d’utiliser internet.

Dom Guéranger, qui ne connaissait évidemment pas ces instruments, dit que l’approche de la Parousie coïncidera avec un redoublement des fureurs de l’enfer et que les fidèles devront mettre tous leurs soins à garder pure leur intelligence non moins que leur volonté. Par conséquent le danger que représente internet correspond à ce redoublement des fureurs de l’enfer. C’est un instrument dont se sert le démon pour que certaines personnes tombent dans le péché, dans de nombreux genres de péchés. J’évoquerais ce matin les jugements téméraires, les médisances, les calomnies, quand l’on colporte volontairement des informations sans vérifier si celles-ci sont vraies, des rumeurs donc, et puis lorsque l’on se livre à toutes sortes de désinformations. Et là nous rentrons aussi dans les instruments médiatiques.

Même les personnes qui ne possèdent pas ces instruments, subissent, par ce qui leur est retransmis, les atteintes néfastes de ces instruments mêmes. Et, mon Dieu,  que de temps perdu, réfléchissez bien, que de temps perdu avec ces instruments! Du temps qui pourrait au contraire être passé à mieux faire son devoir d’état tout simplement, à la prière, à la méditation, et tout simplement à réfléchir à ses fins dernières, surtout lorsque l’on a déjà un pied dans la tombe ou que l’on est passé déjà plusieurs fois à deux doigts de la mort, comme certains le reconnaissent.

Mais non, au lieu de cela, l’on constate même la suffisance de certaines personnes et finalement leur incapacité après bien des années, dont certaines sont considérées comme des maîtres à penser, leur incapacité donc de porter un véritable jugement sur leur propre vie spirituelle, sur leur vie intérieure.

Alors puisque nous devons mettre tous nos soins à garder pure notre intelligence et notre volonté, comprenez que le démon par ces instruments, et sous prétexte de bien apparent, voire de combat, pour le combat de la foi, le démon engage et maintient véritablement certaines personnes dans le chemin de la perdition. Des personnes se damnent de cette façon !

Alors mes bien chers frères, pour ceux qui ont des ordinateurs, internet, servez-vous uniquement de cela comme un outil, de même que le téléphone, dans une stricte mesure, pour chercher des renseignements utiles par exemple, sur internet, mais il est évident que beaucoup d’autres utilisations sont des occasions de pécher, et de pécher gravement si l’on y passe une bonne partie ou la majorité de son temps, voire de la nuit !, sans mettre un frein à ses pensées et à ses écrits. Ce ne sont vraiment pas les vertus qui s’y manifestent, je puis vous le dire, mes bien chers frères, ce sont comme je vous l’ai dit, les jugements téméraires, les médisances, les calomnies, les informations non vérifiées, la désinformation.

Prenez par exemple tout ce qui est dit sous couvert d’anonymat, car sous couvert d’anonymat l’on se permet sans impunité, ici-bas, ici-bas, d’atteindre gravement à la réputation d’autrui. Dans des commentaires qui n’en finissent pas. Des fois sur certains sujets, sur certaines polémiques, 80, 90, 100 commentaires, et alors je dis sans commentaires…sur ce qui n’est que thèses ou simples opinions, l’on va même jusqu’à traiter autrui, je cite : de « pauvres types ! ». Tout cela parce que l’on n’a pas les mêmes opinions précisément, parce qu’il y a des contradictions que certains ne supportent donc pas, alors que l’on doit tout simplement toujours s’en tenir aux actes du Magistère infaillible.

Si je vous parle de cela ce matin c’est bien parce que pour ceux qui agissent ainsi, les conséquences sont considérables ! Comme je l’ai rappelé dernièrement, en citant des passages de sermons du saint Curé d’Ars, ces personnes auront à en répondre un jour ! Mais rappelez-vous, mes bien chers frères, la leçon que donnait saint Philippe Néri à cette personne qui s’accusait de ses péchés de la langue. A cette confession elle ne reçut qu’une pénitence légère, quelque peu spéciale certes, celle de plumer une poule le long du chemin qui la conduisait de chez elle à l’église la prochaine fois qu’elle viendrait se confesser. A cette seconde confession par conséquent la pénitence n’était plus du tout la même car il était question maintenant de ramasser toutes les plumes jusqu’au plus petit duvet. Le vent avait tout dispersé et la pénitente se rendit évidemment compte que cela était impossible. Il en est donc de même, mes bien chers frères, pour ce que l’on dit abusivement et faussement sur autrui !

Et pensez que tout ce qui est dit avec ces moyens de communications dont je vous mets donc en garde, c’est à des centaines, voire des milliers de personnes potentiellement dispersées dans le monde entier ! En justice, il y aura donc un énorme travail de réparation, surtout quand les personnes pourtant invitées plusieurs fois à réparer, persévèrent et s’obstinent !

C’est pourquoi, voyez-vous, l’on doit vraiment exiger, et là encore je vous en ai parlé tout récemment, c’est que le travail de polémique catholique, travail certes nécessaire en ces temps de redoublement des fureurs de l’enfer, s’en tienne réellement aux recommandations de l’Apôtre saint Paul à Timothée, dans la seconde Epitre à Timothée : « Reprends, menace, exhorte, avec une entière patience et toujours en instruisant… ».

C’est la raison pour laquelle, mes bien chers frères, comprenez bien que lorsque Dom Guéranger dit que « les fidèles mettront tous leurs soins à garder pure leur intelligence non moins que leur volonté, dans ces jours mauvais », qu’il s’agit aujourd’hui de se garder de cette destruction de l’intelligence et de la volonté qui s’accomplit en partie avec ces instruments de communication et de se garder de ces instruments de pécher, qui font pécher !

Et que lorsque notre même auteur, Dom Guéranger dit également, écoutez bien : « car la lumière n’aura point alors à subir seulement les assauts des fils de ténèbres étalant leurs perverses doctrines ; elle sera plus encore, peut-être, amoindrie et faussée par les défaillances des enfants de lumière eux-mêmes sur le terrain des principes, par les atermoiements, les transactions, l’humaine prudence des prétendus sages », eh bien alors il s’agit de cette défaillance sur le principe même du combat catholique, par mauvaise stratégie et le non-respect des recommandations de l’Apôtre saint Paul, et par manque de charité, de cette charité de la vérité que l’on doit à notre prochain.

Voilà donc ce dont je voulais vous mettre en garde et puis ce rappel de la recommandation de l’Apôtre saint Paul, afin d’accomplir votre vocation de baptisé et pour le combat actuel qu’il est nécessaire d’accomplir en tant que membres de l’Église.

Montrons, mes bien chers frères, l’exemple de l’unité de notre foi. Montrons que nous sommes des fidèles, fidèles au Magistère de l’Eglise, pas aux opinions des uns et des autres qui peuvent remettre en cause les dogmes de notre foi, et montrons donc l’exemple de notre foi et de notre espérance, afin que ceux qui sont de bonne volonté, nous voyant exercer ces vertus et cette unité, se trouvent eux-mêmes incités à rechercher la vérité, et comme le dit l’Apôtre Saint Paul « pour le cas où Dieu leur donnerait de se convertir à la connaissance de la vérité ».

Répondons ainsi dignement à notre vocation de baptisés sous la protection de Notre-Dame de La Salette dont nous avons fêté les apparitions hier. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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