Sermon pour la fête de l’Assomption – abbé Michel Marchiset

Mes bien chers frères, par sa Constitution apostolique du 1er novembre 1950, Pie XII proclamait le dogme de l’Assomption. Il indiquait dans cette définition de l’Assomption,  les buts précisément de cette définition: Dans l’espoir que tous les fidèles seront portés à une piété plus grande envers leur céleste Mère. Et puis, il précise encore : « que les âmes de tous ceux qui se glorifient du nom de chrétiens, seront poussées au désir de participer à l’unité du Corps mystique de Jésus-Christ (l’Eglise) et d’augmenter leur amour envers Celle qui, à l’égard de tous les membres de cet auguste corps, garde un cœur maternel ».

Le dogme de l’Assomption corps et âme au ciel de la très sainte Vierge Marie, doit donc nous permettre, mes bien chers frères, de manifester une plus grande piété envers Notre-Dame et ainsi nous approcher en esprit du Ciel. C’est le but de la proclamation des dogmes, car lorsque l’on considère comme il se doit cette définition de l’Assomption, tout comme celle de son Immaculée Conception dont elle découle, celles-ci nous permettent véritablement de nous approcher du Ciel.

Aujourd’hui, vous le constatez un peu partout, il ne faut plus de dogme. C’est-à-dire que nos contemporains ne veulent plus du rappel des vérités de la foi, et que même pour beaucoup la vérité n’existe pas. Alors dans ces conditions évidemment Notre Seigneur Jésus-Christ n’est pas la Vérité même, et son enseignement ne l’est pas non plus. C’est la raison pour laquelle l’enseignement constant de l’Eglise en matière de foi et de morale est rejeté, bafoué.

Pour nous, regardons alors plus attentivement ce dogme de l’Assomption de la très sainte Vierge Marie, et comprenons que la sainte liturgie, objet de l’infaillibilité de l’Eglise, nous fait revivre cette Assomption comme si cela était aujourd’hui. Nous chanterons à l’Antienne de Magnificat à Vêpres : Hodie, Assumpta est Maria in Coelum. Aujourd’hui, la très sainte Vierge Marie est montée au Ciel.

La liturgie, parce qu’elle nous fait donc revivre cette entrée triomphante de Notre-Dame au Ciel, nous permet alors, comme le dit Pie XII, de manifester une plus grande piété envers la très sainte Vierge Marie.

C’est pourquoi, avec toute la liturgie et cet enseignement, avec cette définition de l’Eglise, je voudrais vous faire considérer la très sainte Vierge Marie Gloire de l’Église militante.

Car, mes bien chers frères, il nous faut rester fidèles à notre vocation de baptisés, de confirmés, de soldats de Notre Seigneur Jésus-Christ. Rester fidèles également au sacerdoce catholique, à la réception des sacrements, à l’Eglise.

Soyez fermes, forts dans la foi, mes bien chers frères. Refusez toute compromission avec l’erreur, avec l’hérésie, avec l’hérétique, avec l’apostasie donc avec l’apostat et le renégat. Refusez évidemment toute communion avec les fauteurs d’erreurs, avec les antichrists actuels.

Nous serons certes, et déjà nous le sommes, incompris par le monde, dans l’esprit du monde, mais nous serons de cette postérité de la très sainte Vierge Marie, du camp du Christ et de son Église, et bien sûr sous la protection de la très sainte Vierge Marie Elle-même, bénéficiant par son intermédiaire de grâces toutes spéciales pour confesser la vraie foi.

Par conséquent, que Notre-Dame, Gloire de l’Eglise militante, nous protège dans ce combat que nous menons ici-bas. Qu’elle nous inspire et nous dirige dans la persévérance dans ce combat, car un danger bien réel est désormais présent, c’est celui de la lassitude, de l’usure dans le combat.

Et les élaborations de solutions qui devraient permettre, comme disent certains, de sortir de la période que nous vivons, font parties de ces dangers. Cela devient de plus en plus manifeste : dans le monde traditionaliste, force est de le constater, l’on recherche, l’on développe des solutions humaines à ce que certains appellent donc ’’la crise de l’Eglise’’. C’est alors le survivantisme : c’est-à-dire croire que Paul VI n’est pas mort. Ceux qui se persuadent de cela sont presque fiers de dire qu’ils ne sont donc pas sédévacantistes. Et puis il y a une autre sorte de danger, c’est le millénarisme que j’ai déjà évoqué dans un précédent sermon, donc une sorte de millénarisme particulièrement basé sur un emploi très particulier de la mission de sainte Jeanne d’Arc, et puis sur certaines paroles du Sacré-Cœur. C’est une compilation forcée de certaines révélations et de certaines interprétations de l’Apocalypse de saint Jean. Tout cela ne peut évidemment qu’engendrer des dérives, certaines dérives, dérives effectives qui sont fort heureusement relevées tout récemment, relevées aujourd’hui.

Ah, mes bien chers frères, n’est évidemment fidèle que celui qui combat jusqu’au bout en se gardant de ces dangers et en conservant l’intégrité totale des dogmes, des vérités de la foi et bien sûr sur la morale également !

Et puis, parce que nous devons toujours nous confier évidemment en la très sainte Vierge, regardons alors ce que Pie XII précisait encore dans les buts de cette Constitution apostolique qui, vous l’aurez compris, contient la définition même de l’assomption corps et âme de la très sainte Vierge Marie. Il précise le privilège de Notre-Dame, notre Mère et notre Reine.

Le saint Curé d’Ars, dévot de la très sainte Vierge Marie, vous le savez et je ne fais que le rappeler, disait : « Au Ciel la très sainte Vierge est plus Mère que Reine ». Alors obéissons à notre Mère du Ciel, qui nous prévient donc maternellement, qui nous prévient de la sévérité miséricordieuse de son divin Fils. Je pense particulièrement au secret de Mélanie, au secret de la Salette que beaucoup n’admettent pas, à cause d’un certain orgueil, comme je vous l’expliquais lorsque nous avons regardé il y a très peu de temps la parabole que Notre Seigneur nous donne à propos de celui qui monte au temple, la prière du publicain et du pharisien.

Alors mes bien chers frères, nous aurons l’occasion de redire à la très sainte Vierge, ce matin, et puis bien sûr encore cette après midi, qu’elle est notre Mère et qu’elle est notre Reine.

Obéissons-lui aussi donc en tant que Reine. Notre-Dame est Reine de France tout particulièrement, pourquoi ? Parce que le Royaume de France lui fut consacré par Louis XIII.

Nous aurons l’occasion cet après-midi de redire cet acte de consécration, et ce sera l’occasion, mes bien chers frères, de confier toutes vos intentions, à notre Mère et à notre Reine. Vos intentions personnelles, qui, bien souvent, découlent des positions auxquelles vous tenez dans la situation actuelle de l’Église.

Alors prions-là tous ensemble. Lorsque nous chantons les cantiques : Reine de France et Chez-nous soyez Reine, prouvons-lui tout d’abord qu’Elle est vraiment Reine de nos cœurs. Et puis sachons imiter son divin Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ. Lorsque nous méditons dans le Rosaire, les vertus de Notre-Dame, par les différents mystères, passons aux actes de ces vertus ! Faisons tout pour acquérir le Ciel pour lequel notre âme et notre corps, par la bienheureuse résurrection, sont donc destinés.

Pie XII le dit dans la proclamation du dogme de l’Assomption : « (…) il faut également espérer que ceux qui méditent les glorieux exemples de la Vierge Marie se persuaderont (…) à quel but sublime sont destinés notre âme et notre corps ; et enfin que la foi de l’Assomption céleste de la Vierge Marie dans son corps rendra plus ferme notre foi en notre propre résurrection, et la rendra plus active ».

Cette espérance est bien évidemment aussi la mienne, mes bien chers frères, et que cette espérance ce concrétise par ce désir que vous alliez au Ciel, que nous allions tous au Ciel, pour contempler le Bon Dieu, adorer la sainte Trinité, les trois Personnes divines ; adorer Notre Seigneur, et vénérer sa très sainte Mère dans cette éternité bienheureuse. Cette vision de la sainte Trinité, des trois Personnes divines, du monde céleste, de la Reine des Anges, de la Reine de tout le Ciel, de saint Michel et de tous les Anges, de tous les saints, doit nous remplir d’espérance, évidemment, et augmenter en nous le désir d’aller au Ciel.

Alors puissiez-vous, mes bien chers frères, puissions-nous obtenir, en cette Fête de l’Assomption de Notre-Dame, les grâces qui nous sont nécessaires, vous l’aurez compris, pour persévérer dans le combat, dans le bon combat de la foi et sur le chemin du Ciel, afin qu’un jour nous soyons tous unis avec les saints et les anges, et pour chanter éternellement les louanges de la très sainte Vierge Marie. C’est ce que je souhaite à chacun et chacune d’entre vous. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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