Sermon du 9ème dimanche après la Pentecôte – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, avec l’Epître et l’Evangile de ce neuvième dimanche après la Pentecôte, l’Église nous met en garde contre l’idolâtrie.

Tout d’abord par le passage de l’Épître de l’Apôtre saint Paul aux Corinthiens où l’Apôtre se reporte à l’épisode de l’adoration du veau d’or : « Ne devenez point idolâtres non plus, comme quelques-uns d’entre eux, dont il est écrit : Le peuple s’assit pour manger et boire, et ils se levèrent pour jouer ».

En effet, pendant que Moïse était monté au Sinaï, le peuple porté au mal, avait demandé à Aaron de lui faire un dieu, et Aaron avait ôté tout frein au peuple, l’exposant à devenir une risée parmi ses ennemis.

Devant l’idolâtrie et la débauche du peuple, Moïse brisa les tables de la loi et, réduisant en poudre le veau d’or, il en fit boire aux enfants d’Israël. Et le premier châtiment de cette idolâtrie fut immédiat : Moïse dit à tous les enfants de Lévi : « Ainsi parle Yahweh, le Dieu d’Israël : Que chacun de vous mette son épée à son côté ; passez et repassez dans le camp d’une porte à l’autre, et que chacun tue son frère, chacun son ami, chacun son parent ! ». Vingt-trois mille hommes exécutèrent l’ordre. Les lévites furent récompensés de cet acte courageux en étant associés au service du culte. La cause de ce grave péché d’idolâtrie réside donc dans le fait qu’Aaron avait ôté tout frein au peuple.

Les hébreux se sont donc livrés à l’idolâtrie et puis à la débauche, et puisque ce qui est arrivé aux hébreux a été écrit pour notre instruction, mes bien chers frères, il faut reconnaître qu’aujourd’hui c’est la prévarication des clercs, des évêques tout particulièrement, abandonnant leurs fonctions de gardiens de la foi et de la morale, qui a comme conséquence directe ce culte de l’homme dans les nouvelles liturgies et toute cette débauche dans la morale, dans les mœurs.

Oui, les rênes se trouvent débridées, et le peuple s’amuse, se divertit, mais aussi se pervertit. Et il faut malheureusement parler des sacrilèges dans les églises, dans les sanctuaires bénis, consacrés, qui ont donc été les demeures de Dieu ici-bas. A ce propos rappelez-vous ce que s’écria Jacob lorsqu’il réalisa la portée de son songe, quand il prit la pierre qui lui avait servi d’oreiller et l’érigea en stèle et répandit de l’huile à son sommet : « Que ce lieu est redoutable, il n’est autre que la demeure de Dieu, c’est la porte du Ciel ». Donc après le songe de Jacob. La liturgie a donc repris ces paroles pour les appliquer aux sanctuaires catholiques, c’est pourquoi tout rappelle dans une église que ce lieu est redoutable, que c’est la demeure de Dieu, que c’est la porte du Ciel.

Réfléchissez alors quelques instants, mes bien chers frères, sur ce qui se passe dans ces sanctuaires sous l’égide d’un clergé qui permet toutes sortes de spectacles et qui officie dans des cérémonies qui n’ont plus rien à voir avec la sainte Messe et la sainte liturgie catholique. Eh bien, comme Aaron, ce sont eux malheureusement qui permettent et commettent ces iniquités, qui sont les instruments conduisant le peuple dans toutes ces iniquités auxquelles le démon aspire! Mgr Gaume le dit dans son Traité sur le Saint-Esprit : « Comme autrefois pour les Juifs, écrit-il, Satan pousse aujourd’hui les chrétiens à toutes sortes d’iniquités : c’est ce que saint Paul appelle “l’idolâtrie spirituelle“, dont l’effet immédiat est d’anéantir en tout ou en partie la salutaire influence de l’auguste mystère de la Rédemption ».

Et parmi toutes ces iniquités, il faut bien parler de toutes ces messes, certes valides, mais malheureusement au cours desquelles les prêtres et les fidèles qui se disent de Tradition, sont en union avec l’hérétique au Canon de la messe ! Quelle perte du sacré, mes bien chers frères, en 50 ans !

Alors pour nous mettre en garde de tout cela, l’Eglise a donc choisi ce passage de l’Epître aux Corinthiens et puis ce passage de l’Evangile où nous voyons l’exemple de Notre Seigneur chasser les profanateurs du Temple et manifester son zèle pour le respect de la maison de Dieu. Notre Seigneur prend des cordes (cela a dû déménager…) et chasse vendeurs et acheteurs du Temple. « Il est écrit, dit-Il : Ma maison sera appelée maison de prière ; mais vous, vous en faites une caverne de voleurs ».

Comprenons, par conséquent, que tout ce qui se passe depuis plusieurs décennies, que toutes ces différentes iniquités dans les lieux saints nous attirent la juste justice de Dieu. Et même si certains clercs de la fausse majorité traditionnelle parlent très certainement ce matin sur ce sujet, de l’idolâtrie, du culte de l’homme, des profanateurs de la liturgie, il ne faut pas oublier que beaucoup d’entre eux sont en union avec l’hérétique au Canon de la Messe !

Alors je fais ici allusion ici à des nouvelles que j’ai eues récemment. Certains prêtres qui ne sont pas d’accord avec la politique de leurs supérieurs, des supérieurs de la FSSPX, mais qui ne prennent pas encore la bonne décision sur ce problème de l’union avec l’hérétique au Canon de la Messe, la seule position catholique, devraient se rendre compte de cette iniquité, et que dans ces conditions, et que dans ces conditions, la messe ne peut être agréable à Dieu !

Pour vous, mes bien chers frères, n’acceptez absolument pas ces iniquités dans le culte qui est rendu à Dieu par le saint Sacrifice de la Messe et ayez le plus grand respect de tout ce qui touche au culte divin !

Désormais, nous le voyons bien, c’est vraiment à grande échelle que disparaît le respect du sacré, et tout simplement le sens chrétien, le sens du sacrifice, et cela dans la vie même du baptisé. Si bien que les ennemis du Christ et de l’Eglise ont gagné et gagnent encore actuellement de grandes victoires pour la perte des âmes. Alors puisque nous avons vu ce que fut le premier châtiment pour l’idolâtrie du peuple hébreu, châtiment qui fut immédiat, la justice immanente, comprenons que nous sommes dans les temps de châtiments pour toutes ces idolâtries et ces débauches.

Dans l’Apocalypse, saint Jean parle de la bête qui monte de la mer. Cette bête, c’est le monde idolâtre, ennemi de Jésus-Christ et de son Église. Et tout cet assemblage d’idolâtres sert d’instrument au démon pour porter les hommes à se ranger à sa suite et lui rendre un culte idolâtre, car l’idolâtrie, mes bien chers frères, a toujours été le moyen de détourner les âmes du véritable culte envers Dieu.

C’est ce qui explique toutes ces religions, ces fausses religions, la multiplication de tous ces cultes idolâtres de par le monde, car le démon maintient ainsi ces âmes en son pouvoir.

Nous savons que son succès sera grand, avec le temps qui lui est donné et ce plus de puissance que Notre Seigneur lui permet pour détruire l’Église, comme l’a entendu Léon XIII, mais dans des limites toutefois que Notre Seigneur impose. C’est pourquoi, il ne restera qu’un petit troupeau de véritables fidèles, et c’est la raison pour laquelle la très sainte Vierge dit bien à La Salette : « Combattez, enfants de lumière, vous, petit nombre qui y voyez ».

Et puis, mes bien chers frères, je serais incomplet si je ne vous parlais pas de ce second volet dans ce sermon : il ne faut pas être idolâtres de nous-mêmes. Vous connaissez l’expression que je vous cite souvent, ’’il ne faut pas être nombrilien de stricte observance’’. Vous avez vu le geste que je fais : ’’être nombrilien de stricte observance’’, c’est-à-dire s’affirmer être personnel, vivre replier sur soi-même ; ce n’est une vertu, c’est de l’égoïsme, c’est une forme d’idolâtrie. Et puis il y a également la sensualité qui est une autre forme d’idolâtrie de soi-même et qui mène malheureusement aux péchés graves.

Aussi, puisque Notre Seigneur nous a montré que jadis le Temple était la maison de son Père, rappelons-nous que nos âmes, par le Baptême sont le temple du Saint-Esprit.

Ainsi, de même que nous comprenons combien les demeures de Dieu sont souillées, polluées par toutes sortes de cérémonies sacrilèges, comprenons aussi combien nous devons préserver nos âmes de toutes ces sortes d’idolâtrie de soi-même, de cette idolâtrie de soi-même.

La très sainte Vierge Marie, mes bien chers frères, connait la sévérité miséricordieuse de son divin Fils à l’égard des profanateurs de notre sainte religion, alors demandons-lui les grâces nécessaires pour toujours avoir ce respect de tout ce qui touche au culte divin et préserver notre âme de toutes ces formes d’idolâtrie puisqu’elle est le réceptacle du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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