Sermon du 7ème dimanche après la Pentecôte – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, en ce Septième dimanche après la Pentecôte, l’Eglise nous invite à regarder notre vie de baptisé.

L’Apôtre saint Paul, dans son Epître aux Romains, montre comment le baptême nous unit à Notre Seigneur Jésus-Christ, et vous le savez, d’autant plus que ces temps derniers, assistant aux baptêmes d’adultes, cela vous fut rappelé, le baptême, par sa seule puissance, extirpe le péché. Mais le baptisé doit ensuite prêter son concours à la grâce du sacrement.

Dom Guéranger, que j’aime toujours vous citer, dit qu’« il doit en être ainsi pour surveiller en lui les penchants complices du mal toujours prêt à renaître et continuer sans fin sur ses rejetons impurs l’œuvre d’extermination salutaire du premier jour ».

Par conséquent, à la mort du péché succède le long travail de la mortification de l’esprit et des sens, dans le but d’obtenir la vie éternelle. L’Apôtre saint Paul le dit ainsi : « Mais maintenant qu’affranchis du péché vous êtes devenus serviteurs de Dieu, vous avez pour fruit la sainteté, et pour fin la vie éternelle. Car la mort est la solde du péché ; mais le don de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur ».

Voilà donc, mes bien chers frères, en quoi consiste le sens, le but de la cette renaissance sur les fonts baptismaux, et cet enseignement nous amène évidemment à nous interroger sur ce qu’est devenue cette vie spirituelle depuis notre baptême, sur ce que nous faisons pour nous sanctifier et gagner le Ciel.

Dom Guéranger en commentant cette Epître, pose ces questions : « Que veut l’homme, quand il se convertit ? Que médite-t-il ? Que porte-t-il en son cœur ? Qu’aime-t-il et désire-t-il ainsi passionnément, sinon la science de la Sagesse ? ». Alors comprenons qu’il s’agit de l’accomplissement en nous des dons du Saint-Esprit, en commençant par le don de crainte de Dieu ; la crainte de Dieu qui est le commencement de la Sagesse. Il y a quelques semaines, il vous fut donné, du moins à quelques-uns et quelques-unes d’entre vous, de méditer sur ces dons du Saint-Esprit. C’est la raison pour laquelle pour arriver à l’accomplissement de ces dons, il faut prier, travailler à son salut, se sacrifier, et cela chaque jour, quotidiennement donc, et ne pas oublier d’accomplir son devoir d’état. Et il ne faut évidemment pas rêver à une vie sans efforts et sans peines, voire même ne pas penser à une vie sans tentations, car les tentations font parties de notre vie de baptisé et sont faites pour être surmontées par la grâce de Dieu. Tout cela d’ailleurs nous est exprimé dans l’acte d’espérance. Nous espérons le ciel avec une ferme confiance et avec le secours de la grâce de Dieu, de sa sainte grâce, mais aussi par les actes de la volonté qui se posent concrètement en observant les commandements de Dieu et de l’Eglise.

Alors désirons, mes bien chers frères, tout accomplir pour notre sanctification, tout faire pour gagner le Ciel, malgré les tentations et, vous l’avez compris, sans participation avec l’esprit du monde.

Voilà, mes bien chers frères, ce que tout baptisé doit méditer, désirer, et accomplir. Et dans vos activités, dans la situation que le bon Dieu permet pour chacun et chacune d’entre vous, demandez toujours les grâces nécessaires pour que vos œuvres soient faites toujours pour la plus grande gloire de Dieu et sans attendre rien de ces hommes qui sont imbus de cet esprit du monde, de ces hommes qui exaltent l’Homme.

Depuis la Révolution conciliaire particulièrement, c’est comme si nos contemporains, vous vous en rendez bien compte, ne retenaient que la première partie de la célèbre phrase de saint Irénée de Lyon : « La gloire de Dieu, dit-il, c’est l’homme qui vit, mais la vie de l’homme c’est la vision de Dieu ». Saint Irénée, vous l’aurez remarqué, ne manque évidemment pas d’établir le sens et le but de l’être humain, de la vie de l’être humain : « mais la vie de l’homme (de l’homme vivant) c’est la vision de Dieu ».

Car en effet si aujourd’hui l’on ne prend en considération que la première partie de la phrase : « la gloire de Dieu, c’est l’homme qui vit », ce que fit à l’époque Karol Wojtyla, alias Jean-Paul II, prêchant une retraite à la curie romaine, mais du temps de Jean-Baptiste Montini, alias Paul VI, eh bien si vous ne prenez que cette première partie de la phrase, vous exaltez l’Homme. « La gloire de Dieu, c’est l’homme qui vit » ; alors il va vivre comment ? Il va faire tout ce qu’il veut…

C’est toute L’étrange théologie de Jean-Paul II, titre de l’ouvrage de Johannes Dörmann, qui analyse donc les prédications de Karol Wojtyla.

Cette exaltation de l’homme, « la gloire de Dieu, c’est l’homme qui vit », c’est évidemment, mes bien chers frères, de l’idolâtrie, c’est le culte de l’homme prôné par ces antichrists. Et cela se traduit aussi dans les réformes liturgiques. Et comme Notre Seigneur nous met en garde contre les antichrists et les faux prophètes, ce que nous voyons dans le passage de l’Evangile de ce dimanche, retenons bien, mes bien chers frères, les précautions qui nous sont données par Notre Seigneur !

Vous l’avez entendu, car Notre Seigneur nous prévient et Il nous donne la règle générale qui s’applique bien sûr aujourd’hui à tous ces antichrists : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits ». « Sous la peau de brebis dans laquelle ils veulent tromper les simples, remarque Dom Guéranger, les apôtres du mensonge exhalent toujours une odeur de mort. Leurs habiletés de paroles et leurs flatteries intéressées ne dissimulent point le vide de leurs œuvres ».

Nous voilà donc prévenus, mes bien chers frères, sur tous ces personnages conciliaires, sur la secte conciliaire qui engendre l’apostasie. Et à ceux qui s’étonneraient de cela, il faut savoir que Notre Seigneur dit bien qu’ « il est nécessaire que le scandale arrive ». Et l’Apôtre saint Paul, en parlant de l’hérésie, le plus grand des scandales, dit qu’ : « il faut qu’il y ait des hérésies, pour que la vertu des bons soit manifestée dans l’épreuve de leur foi ».

Ne soyons donc pas étonnés que le bon dieu permette tout cela aujourd’hui et depuis plus de 50 ans. Voilà pourquoi, mes bien chers frères, Notre Seigneur exige une foi toujours plus grande afin de pouvoir affronter ces luttes et en être victorieux.

Dom Guéranger dit que « le combat n’est point sans périls pour le chrétien qui veut garder dans son intégrité la foi de sa mère l’Eglise. Les ruses de l’ennemi, son  hypocrisie calculée et patiente, l’adresse perfide avec laquelle il sait mouvoir dans l’âme, presque à l’insu de l’âme même, mille ressorts secrets qui l’inclinent à l’erreur, finissent souvent par prévaloir contre la lumière en diminuant ses rayons, s’ils ne l’éteignent entièrement. La victoire néanmoins est assurée à ceux qui s’inspirent des enseignements de notre Evangile », c’est-à-dire le passage de ce matin.

Et Dom Guéranger donne alors une conclusion: « Il était donc véritablement bon et salutaire, dit-il, que la foi fût tentée, parce qu’elle rayonne davantage et s’affermit dans l’épreuve ».

Alors si nous réfléchissons bien, mes bien chers frères, puisque c’est par leur foi que les confesseurs de la foi, et même des fois nos aïeux, la foi de nos ancêtres, qu’ils ont gagné la victoire finale, et qu’en étant vertueux ils ont pu écarter toutes les tentations, faisons de même. C’est ce que l’Eglise nous fait d’ailleurs demander dans l’oraison Collecte de ce dimanche, car cette oraison résume généralement l’enseignement qui nous est donné par l’Epître et l’Evangile. Vous pouvez reprendre vos missels, mais je la reprends maintenant : « Ô Dieu dont la providence n’est jamais frustrée dans ses desseins, nous vous supplions d’écarter de nous tout ce qui pourrait nuire et de nous accorder tout ce qui peut être salutaire (…) ». Il nous faut donc demander à Notre Seigneur cet éloignement des maux, de cet esprit du monde, et implorer cette abondance des biens spirituels, les grâces, les dons du Saint-Esprit, les vertus, dont nous avons besoin pour continuer notre vie de baptisé jusqu’à nos derniers instants et mériter ainsi la vie éternelle.

Alors faisons passer ces demandes par l’intermédiaire, par la médiation de la très sainte Vierge Marie. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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