Sermon du 4ème dimanche après la Pentecôte – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, en ce quatrième dimanche après la Pentecôte, l’Église nous fait regarder la pêche miraculeuse qui se rapporte au temps de la vie publique de Notre Seigneur. Une autre pêche miraculeuse se situe après la résurrection et relate la prise de cent cinquante-trois gros poissons sans que le filet ne se rompe.

Selon les Pères de l’Église, ces deux pêches miraculeuses figurent l’Église qui englobe aujourd’hui sans les départager bons et mauvais. Ce n’est seulement qu’après la résurrection des morts, que seuls les bons formeront toute l’Église glorieuse.

Les Pères de l’Église sont également unanimes pour dire que la barque de Pierre, d’où prêche Notre Seigneur, figure l’Église ainsi que la primauté de Pierre. Pierre reçoit en effet l’ordre de gouverner, de conduire la barque et d’indiquer le chemin à parcourir, et la pêche est placée d’une manière toute spéciale sous sa vigilance et sous sa direction.

Fidèle écho des Pères de l’Eglise, le Père Ventura fait remarquer dans l’un de ses sermons, que c’est à saint Pierre qu’a été confié le ministère d’attirer les hommes par la prédication dans le filet de la foi, et il dit dans sa conclusion : « Ainsi, Notre Seigneur Jésus-Christ déclare que l’Église est celle qui a été fondée par les apôtres sous les auspices de Pierre, qui est gouvernée par leurs successeurs sous la présidence de Pierre (…) ; qui, par l’intermédiaire de Pierre, reçoit de Jésus-Christ toute lumière, toute grâce, toute autorité ; qui professe la doctrine que Pierre et les apôtres ont reçue et ont enseignée ».

Puisque nous voyons les prérogatives de Pierre, je voudrais donc vous parler ce matin, je vous l’avais annoncé avant Pâques, de la soumission aux autorités légitimes, de ce lien, qui nous unit entre fidèles catholiques ; les deux autres liens étant la même foi et la participation aux mêmes sacrements, ce que nous avons vu donc avant Pâques.

La doctrine catholique, résumée dans les catéchismes, précise bien la soumission aux autorités légitimes, car effectivement il y a des autorités illégitimes auxquelles l’on ne doit pas obéissance.

Vous comprendrez alors que tout réside dans cette question de légitimité, et ce sujet qui représente désormais plusieurs mètres d’ouvrages sur les rayonnages de bibliothèque, peut fort bien se résumer en sachant d’une part que les ennemis du Christ et de l’Eglise ont toujours comploté pour détruire l’Eglise, et qu’il faut donc connaître leur complot, et d’autre part en retenant l’essentiel de ce que stipule le Magistère de l’Eglise sur le Droit Canon, pour l’élection d’un souverain Pontife.

1/ Considérons par conséquent ce qu’il faut savoir sur le complot des toujours mêmes ennemis du Christ et de l’Eglise. Les instructions de la Haute-Vente, dans la F…M…, ont été pleinement accomplies dès le début du XXe siècle. Le pape ne pouvant venir aux sociétés secrètes, il fallait que ceux qui ont conjuré la perte de l’Eglise parviennent à l’infiltrer afin d’avoir un candidat au Souverain Pontificat formé et tenu par eux, et par conséquent hérétique avant son élection.

Vous savez que leur projet faillit réussir à la mort de Léon XIII en 1903 : en effet, le cardinal Rampolla, franc-maçon dévoué à leur cause, allait être élu pour lui succéder lorsqu’il en fut empêché par l’empereur d’Autriche qui fit jouer son droit d’exclusive. Cette intervention permit l’élection alors du patriarche de Venise, Joseph Sarto, qui devint pape sous le nom de Pie X.

La conjuration avait donc échoué. Cependant ces ennemis ne se tinrent pas pour autant battus et ils poursuivirent l’infiltration du clergé. Après la mort de saint Pie X, nombreux furent les cardinaux, évêques ou simple prêtres qui devaient par la suite tomber dans le modernisme, égout collecteur de toutes les hérésies.

Par conséquent, dès avant la mort de Pie XII, en 1958, les ennemis de l’Eglise avaient déjà investi la place et ils eurent alors leur homme en la personne de Roncalli-Jean XXIII, initié à la franc-maçonnerie lors de sa nonciature en France. Avec toutes les décisions de ces soit disant successeurs de Pie XII, se pose donc la question de l’obéissance à de telles autorités, de l’acceptation du concile Vatican II, des réformes liturgiques, etc.

Alors certains ont avancé la thèse d’un souverain Pontife élu canoniquement sur le siège de saint Pierre (materialiter) mais, du fait qu’il enseigne les hérésies conciliaires, ne possèderait pas les pouvoirs de diriger l’Eglise (formaliter). C’est la thèse dite de Cassisiacum. Ils essaient par là de sauvegarder la validité de l’élection d’un pape qui, après être tombé dans l’hérésie, aurait reconnu son erreur et serait revenu à l’orthodoxie. Or l’histoire de l’Eglise tout entière enseigne au contraire qu’un véritable successeur de saint Pierre, Vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ne peut tomber dans l’hérésie dans son Magistère ordinaire ou extraordinaire sur la foi et les mœurs. Cette thèse est donc à écarter.

Car la solution ne se trouve pas en aval de l’élection de tels candidats, mais en amont, dans la période précédant leur élection au conclave. Il convient donc, mes bien chers frères, de recourir au Droit Canon, afin de savoir si le Magistère a prévu par des Actes sur la discipline, objet de l’infaillibilité de l’Eglise, l’impossibilité à de tels hommes d’être élus canoniquement, c’est-à-dire validement sur le trône de saint Pierre.

2/ Il faut donc considérer le Magistère de l’Eglise, et c’est donc la Bulle Cum ex Apostolatus de Paul IV en 1559, ce document ex cathedra, infaillible, valide à perpétuité, qui est précisément destinée à éviter qu’un personnage soupçonné d’hérésie ne puisse se faire élire pape.

Paul IV stipule bien qu’un clerc ou même qu’un simple baptisé ayant dévié dans la foi ne saurait en aucun cas devenir Pontife, quand tous les cardinaux seraient d’accord, quand les catholiques du monde entier lui prêteraient joyeuse obéissance durant des décennies. Tous les actes et décisions d’un tel faux-pontife seraient ipso facto juridiquement nuls et non avenus, sans qu’il faille de déclaration particulière de la part de l’Eglise.

C’est donc cette Bulle qui s’applique à tous ces pseudos successeurs de Pie XII et malheureusement cette Bulle n’est pas admise par ceux qui luttent obstinément, obsessionnellement même, contre le fait que le Siège apostolique soit vacant, et elle n’est pas admise par les tenants de la thèse dont je viens de vous parler.

Une personne influencée par cette thèse me disait : « Mais cette Bulle a été abrogée ». C’est là, mes bien chers frères, qu’il faut répondre à cette méconnaissance du Droit Canon, car il faut savoir que saint Pie X a inséré cette Bulle dans le corps même du Code de Droit canonique qu’il se préparait à publier lorsque la mort le surprit. Que ce fut son successeur Benoît XV qui le promulgua en 1917, mais qu’entre temps, la Bulle de Paul IV avait été retirée du corps des lois canoniques par le cardinal Gasparri, secrétaire d’Etat et préfet du Palais apostolique, franc- maçon, et placée dans le corps des lieux canoniques, ce qui fait donc croire, comme je viens de le dire avec la réflexion de cette personne, que cette Bulle n’est plus en vigueur. Or, pour qu’une loi dans l’Eglise soit supprimée, il faut qu’un document le déclare expressément. La Bulle de Paul IV n’a donc été supprimée par aucun document officiel.

Certains avancent aussi la Constitution Sede vacante publiée par Pie XII en 1945 selon laquelle, écoutez bien, aucun cardinal ne peut être exclu de l’élection du Souverain Pontife, sous le prétexte d’excommunication, de suspense ou empêchement ecclésiastique ; que toutes ces censures sont levées à l’occasion du Conclave ; mais restent en vigueur, par ailleurs. A cela il faut répondre qu’il ne s’agit pas ici, comme dans la Bulle de Paul IV, d’hérésie, mais de censures disciplinaires qui sont levées alors à cette occasion, ce qui est tout différent, ce qui n’est pas du tout la même chose.

Voyez, mes bien chers frères, pourquoi vous devez connaître le Magistère de l’Eglise, ce que le Code de Droit canonique lui-même stipule en disant que tous les fidèles doivent non seulement croire tout ce qu’enseigne l’Eglise, ce qui suppose que tous sont censés connaître le Magistère, mais encore qu’ils sont tenus d’éviter les hérésies ou les opinions proches de l’hérésie, d’éviter par conséquent le modernisme, égout collecteur de toutes les hérésies, comme le dit fort bien saint Pie X. Et c’est pour cela que ce saint Pape exigea que tous les clercs accédant au sacerdoce prêtent le serment antimoderniste.

Ces lois canoniques s’appliquent sans exception à tous les successeurs de Pie XII, et c’est Roncalli-Jean XXIII, qui était donc un moderniste initié à la franc-maçonnerie, en convoquant le concile Vatican II, qui a permis de réaliser le plan de la conjuration antichrétienne ; Montini-Paul VI étant le principal artisan de ce conciliabule. Tous ces pseudos successeurs de Pie XII, y compris François-Bergoglio, sont donc d’eux-mêmes, ipso facto hors de l’Eglise avant leur élection au conclave.

C’est ainsi, mes bien chers frères, que ces personnages composent une hiérarchie qui n’est pas celle de l’Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ car ils ne sont pas rentrés dans la bergerie par la porte, mais ils l’ont escaladée par un autre point. C’est ce que Notre Seigneur Jésus-Christ nous indique et qui est repris par le Magistère en termes juridiques infaillibles dans le Droit Canon.

En conclusion, en ce qui concerne, mes bien chers frères l’obéissance à de telles ’’autorités’’ et aux actes de leurs ’’magistères’’, c’est bien la constitution de Paul IV qui nous apporte la ligne de conduite à suivre et celle-ci est fort claire : on ne pourra tenir la promotion ou l’élévation au souverain Pontificat pour légitime en aucune de ses parties et elle ne confère ni ne peut être censée conférer quelque pouvoir d’administration au spirituel et au temporel à des tels hommes… Tous leurs dits, faits et gestes, leur administration et tout ce qui en découle, tout est sans valeur, et ne confère aucune autorité, aucun droit à personne.

Ces modalités pratiques de la constitution de Paul IV s’appliquent donc directement aux ’’magistères’’ de ces personnages. Et vous comprendrez qu’il n’est point de place possible pour la tradition au milieu de ce monde conciliaire, comme le croit la fausse majorité traditionnelle qui reste en union avec cette pseudo hiérarchie.

Alors, mes bien chers frères, avec ces explications, vous êtes en mesure de répondre aux personnes qui sont persuadées que dans la tradition, l’on désobéit au pape : vous pouvez répondre que, certes ceux qui refusent le concile, les réformes conciliaires et les enseignements hérétiques de ces personnages, mais qui les reconnaissent comme légitimes, sont dans une position qui n’est pas catholique, mais que pour nous, ces personnages étant pour les raisons que nous venons de voir, illégitimes, notre position est essentiellement celle de catholiques fidèles et intègres à tout l’enseignement de l’Eglise, aux vérités de la foi et au Magistère de l’Eglise, et en ce qui concerne précisément l’obéissance à de telles ’’autorités’’, cette ligne de conduite est celle qui nous est apportée par cette constitution de Paul IV : je la reprends dans l’essentiel de sa conclusion : que l’on ne peut tenir la promotion ou l’élévation au souverain Pontificat des tels hommes, pour légitime et que cette élévation (au yeux du monde trompé), ne confère ni ne peut être censée conférer quelque pouvoir d’administration au spirituel et au temporel à ces personnages…et ne confère aucune autorité, aucun droit à personne.

Voilà mes bien chers frères, ce qu’il faut savoir sur cette importante question, en oubliant pas que Notre Seigneur permet que le Pasteur étant frappé, les brebis soient dispersées, que tout cela corresponde donc à la Passion de l’Eglise, ou encore à ce que Notre-Dame à dit à La Salette, que l’Eglise sera éclipsée, et que tout cela est bien sûr à placer dans le Mystère d’iniquité.

Avec cet enseignement vous savez donc pourquoi maintenant la saine doctrine catholique, dans notre catéchisme, nous précise bien le terme « légitimes »à propos de cette soumission aux pasteurs, car comme nous venons de le voir, nous ne sommes pas tenus d’obéir, et nous ne devons pas obéir à des autorités qui ne sont pas légitimes. L’enseignement de ce dimanche vient donc de nous permettre de terminer de considérer les trois liens qui nous unissent en tant que fidèles catholiques : la même foi, la participation aux mêmes sacrements et la soumission aux pasteurs légitimes.

Alors n’oublions pas de remercier Notre Seigneur Jésus-Christ d’avoir établi un Magistère qui, comme le dit le Père Ventura dans ce sermon sur la primauté de Pierre, « ne peut enseigner que le vrai », car c’est ce qui nous permet de discerner la véritable Église de la secte conciliaire, cette distinction qu’il est absolument nécessaire d’établir et d’admettre aujourd’hui pour demeurer catholique. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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