Solennité de la Fête du Sacré-Coeur – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, dans son commentaire sur cette fête du Sacré-Coeur, Dom Guéranger souligne que si déjà nous avons pour gage de la participation au bonheur éternel le Sacrement de l’Eucharistie, Notre Seigneur a voulu un amour plus accessible encore à nos sens, un amour créé d’une âme humaine, qui se manifeste dans les battements d’un cœur de chair pareil au nôtre.

La Fête du Sacré-Cœur nous fait effectivement considérer comment par l’Incarnation dans le sein de la très sainte Vierge Marie, Notre Seigneur a assumé un cœur, et nous a permis, comme l’Apôtre saint Paul le dit dans l’Epître que nous venons d’entendre, « de nous approcher de Dieu en toute confiance ». Nous reconnaissons donc d’une part combien sur la croix et dans la sainte Eucharistie, Notre Seigneur a manifesté cette charité pour nous, et, d’autre part, nous comprenons que par son Cœur sacré, nous pouvons nous approcher de Dieu avec confiance.

Nous trouvons aussi ce même enseignement chez le cardinal Franzelin. En effet, dans son traité sur l’Incarnation, à propos de l’immolation de Notre Seigneur dans le Sacrement de l’Eucharistie, celui-ci dit bien que « sous une représentation sensible (le Sacré-Cœur) nous honorons toutes les affections de l’Homme-Dieu ; sous ce symbole, c’est toute la charité et toute la vie intérieure du Verbe incarné que l’on propose à nos adorations ».

Alors, sachons, mes bien chers frères, nous approcher de ce Cœur en toute confiance et le considérer en tant que modèle le plus parfait de l’amour envers Dieu et en tant modèle de toutes les vertus.

Lorsque nous adorons le Sacré-Cœur, contemplons et vénérons donc en Lui, non seulement les mouvements de sa charité, mais aussi toutes les affections, les tristesses, les joies, les effusions bienfaisantes, les sacrifices, toutes les vertus de Notre Seigneur, et en les méditant par conséquent, honorons et aimons véritablement ces vertus.

Et en aimant ainsi le Sacré-Cœur, vous comprendrez alors combien il est nécessaire de manifester à Notre Seigneur un amour en retour à celui qu’Il nous a prodigué. C’est, vous le savez bien, ce qu’Il réclame par l’intermédiaire de sainte Marguerite-Marie, et c’est ce qui nous fait comprendre que la dévotion au Sacré-Cœur consiste en ces deux devoirs contenus dans le message à sainte Marguerite-Marie : Amour et réparation.

1/ L’Amour, la charité, est donc le premier et le principal de ces devoirs. C’est cette union intime au Cœur Sacré de Notre Seigneur qui nous fait communier à ses vertus et nous donne le courage de les appliquer malgré tous les obstacles. 2/ Le second est celui de réparation. Devoir de réparation car l’amour de Notre Seigneur est outragé par les ingratitudes des hommes. Ce devoir, en nous faisant compatir aux souffrances de Notre Seigneur, stimule notre ferveur et nous porte à souffrir courageusement par amour pour Notre Seigneur toutes les épreuves auxquelles Il veut bien nous associer.

Par conséquent, si nous considérons comme il se doit la dévotion au Sacré-Cœur, nous avons tout l’esprit de notre sainte religion catholique, de la religion du Verbe incarné, cet heureux mélange de charité et de sacrifice, que le monde ne comprend plus. La vraie dévotion au Sacré-Cœur consiste donc en ce mélange de charité et de sacrifice, accompagné de la pratique progressive des vertus théologales et morales, cette dévotion qui incite à la générosité dans l’esprit de sacrifice, dans l’immolation de soi-même.

Voilà donc, mes bien chers frères, en quoi consiste le principe du culte et les devoirs envers le Sacré-Cœur.

Alors, accomplissons ces devoirs envers le Sacré-Cœur, manifestons ce don de soi, à la Messe et à la communion, ce que je vous rappelai encore dimanche dernier en la solennité de la Fête du très Saint Sacrement. Et pendant le saint sacrifice de la Messe, n’oubliez pas aussi de manifester ces actes d’amour et de réparation, et puis de faire passer tous ces actes et toutes ces intentions par l’intermédiaire du Cœur douloureux et immaculé de la très sainte Vierge Marie, car Notre-Dame intercède toujours pour que le règne de son divin Fils s’établisse dans les âmes. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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