Sermon pour la Fête de la Sainte Trinité – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, en ce premier dimanche après la Pentecôte, l’Eglise nous fait célébrer la fête de la sainte Trinité et elle nous fait évidemment considérer ce mystère d’un seul Dieu en trois Personnes égales et distinctes.

Dieu Lui-même a voulu s’affirmer tel qu’il est à notre humble intelligence, tout en demeurant, comme le dit l’Apôtre saint Paul, dans sa « lumière inaccessible ». Il nous a manifesté son Essence même, nous a dit qu’il est Trinité, afin de nous unir plus étroitement à Lui et nous préparer à la vue qu’il doit nous donner de Lui-même dans l’éternité.

Et pour cela il s’est révélé, successivement, jusqu’à ce que désormais nous soyons suffisamment éclairés pour reconnaître et adorer l’Unité dans la Trinité et la Trinité dans l’Unité. C’est d’ailleurs le but des fêtes liturgiques qui sont instituées en commémoration des mystères de notre salut et qui aboutissent au mystère de la sainte Trinité. Ces fêtes sont des moyens pour nous conduire à cette glorification de Dieu en trois Personnes égales et distinctes.

Par conséquent, grâce à toute la révélation, grâce à l’enseignement de l’Eglise, grâce à ces fêtes liturgiques, il est désormais inexcusable de méconnaître le mystère de la sainte Trinité. Dans son commentaire sur cette fête, Dom Guéranger a cette remarque : « il faut désormais que l’homme confesse non plus seulement l’unité de Dieu, mais qu’il adore la Trinité des personnes dans l’unité d’essence».

C’est pourquoi, je voudrais reprendre avec vous les principaux passages de la sainte Ecriture où Dieu s’est successivement révélé Trinité.

Tout d’abord dans le Livre de la Genèse, après avoir jeté un dernier regard sur son ouvrage et reconnu que tout était bien, Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance ». « Faisons » ! Mgr Gaume, dans son Catéchisme de persévérance, souligne que le verbe est au pluriel, car, dit-il, « Dieu parle à un autre lui-même, il parle au Fils par qui tout a été fait ; il parle au Saint-Esprit, tout puissant, égal, coéternel à l’un et à l’autre ».

Et puis la sainte Trinité s’est également révélée à Abraham par la visite des trois anges. Le Dieu qu’a adoré Abraham est le Dieu en qui il admet la Trinité figurée par la visite de ces trois anges. Et Abraham, comme je vous l’ai bien des fois souligné, fut absolument préoccupé du Messie qu’il savait venir, selon la chair, de sa descendance, et il a vu en esprit Notre Seigneur Jésus-Christ. Notre Seigneur le dit très clairement aux scribes et aux pharisiens. « Abraham a désiré voir mon jour, il l’a vu et il s’est réjoui ».

Par conséquent, tous ceux qui aujourd’hui se réfèrent à Abraham mais qui n’adorent pas Notre Seigneur Jésus-Christ, la seconde Personne de la sainte Trinité qui s’est incarnée, n’adorent pas le vrai Dieu. Pour avoir la vraie foi, il faut donc reconnaître Notre Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme et reconnaître le Saint-Esprit.

Voilà donc quelques passages qui nous prouvent que Dieu s’est révélé Trinité dans l’Ancien Testament.

Et puis, comme le dit l’Apôtre saint Paul, après avoir parlé de multiples façons par les prophètes, Dieu, dans ces temps qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils.

La seconde Personne de la Trinité, le Fils de Dieu fait chair, Notre Seigneur, nous a donc enseigné que son Père et lui sont un, qu’ils sont une même essence dans la distinction des Personnes. Lui, le Fils unique du Père, nous dit que Dieu est Père éternellement, que le Fils Lui-même l’est également, de même que le Saint-Esprit.

Et si l’on veut quelque peu aborder la théologie, il faut donc se rappeler qu’en Dieu il y a ce que l’on appelle la procession selon le mode intellectuel et la procession selon le mode de volonté. La procession selon le mode intellectuel engendrant de toute éternité le Fils, et puis la procession selon le mode de volonté, engendrant de toute éternité le Saint-Esprit qui procède du Père et du Fils.

Voilà donc quelques notions sur notre Dieu en trois Personnes égales et distinctes, et, comme nous l’avons vu, il faut donc que l’homme confesse non plus seulement l’unité de Dieu, ce qui ne ressortirait que d’une religion monothéiste, mais qu’il adore la Trinité des Personnes pour être sauvé.

C’est cette affirmation que nous avons dans le Symbole de saint Athanase que l’Église nous fait lire ce matin à l’Office de Prime. En effet, après avoir détaillé égalités et distinctions entre les trois Personnes divines, le Symbole dit en conclusion : « Celui donc qui veut être sauvé doit penser ainsi de la Trinité ».

Ce mystère de la sainte Trinité, c’est donc, comme le remarque là encore Dom Guéranger, « une vérité pratiquement connue de nous par la munificence inouïe des trois divines personnes, adoptés que nous sommes par le Père, frères et cohéritiers du Fils, mus et habités par le Saint-Esprit ».

Alors, mes bien chers frères, sachons retenir toute l’intelligence de la foi catholique sur le mystère de la sainte Trinité, et par conséquent être dociles à ce don d’intelligence, à ce don du Saint-Esprit dont je vous ai parlé dimanche dernier qui nous ouvre et nous fait approfondir les mystères de notre sainte religion. Sachons être dociles également aux dons de force et de conseil qui nous empêchent de tomber dans les erreurs, et tout particulièrement dans les erreurs christologiques, dans les erreurs soit sur la nature humaine soit sur la nature divine de Notre Seigneur.

Nos contemporains conciliaires, depuis longtemps ne retiennent plus comme il se doit la foi en la sainte Trinité, puisqu’ils disent que dans les différentes religions monothéistes qui se réfèrent à Abraham, l’on prie le même Dieu. Or, vous l’aurez compris, tout l’enseignement de l’Eglise, du Magistère, par la liturgie également, nous dit que c’est bien la Trinité des Personnes qu’il faut adorer pour être sauvé !

Aussi, mes bien chers frères, soyons vraiment dociles aux dons du Saint-Esprit que je vous ai déjà recommandés : au don d’intelligence et aux dons de force et de conseil pour confesser correctement notre foi, cette foi en la sainte Trinité et en tous les autres mystères de notre sainte religion.

Dimanche prochain, la solennité de la Fête-Dieu nous donnera l’occasion de fêter ici-bas notre Dieu trinité, et en cette solennité de la fête du Très Saint Sacrement, nous nous retrouverons autour du Saint-Sacrement pour affirmer notre foi en cet admirable Sacrement, et pour manifester à la très sainte Vierge Marie toute notre reconnaissance de nous avoir donné Notre Seigneur Jésus-Christ. Car, grâce à Elle, nous bénéficions désormais des bienfaits de la sainte Incarnation du Verbe de Dieu, de sa Rédemption, et de son enseignement qu’Il nous a prodigué sur son Père, sur Lui-même et sur le Saint-Esprit, sur la sainte Trinité, et nous bénéficions également des moyens qui nous permettent un jour de la contempler, de l’adorer éternellement. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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