Sermon du dimanche de la Pentecôte – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, nous fêtons aujourd’hui la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres et le début de l’Eglise.

Dans les Actes des Apôtres, il est dit que lorsque les 120 disciples environ se furent joints à la très sainte Vierge Marie et aux Apôtres au Cénacle, la Pentecôte commença par un vent impétueux qui remplit tout le Cénacle où tous étaient réunis. Et qu’après ce vent impétueux, les Apôtres virent apparaître des langues de feu qui se séparèrent et s’arrêtèrent sur chacun d’eux. Ces langues de feu étaient le signe extérieur de la charité et du zèle que le Saint-Esprit faisait entrer dans le cœur des Apôtres.

C’est ainsi, mes bien chers frères, que s’effectue la prise de possession de l’être humain par le Saint-Esprit lorsque nous sommes dociles à ses dons. C’est pourquoi, en cette Fête de la Pentecôte, bien que tous les dons du Saint-Esprit opèrent dans les âmes des effets merveilleux, je voudrais vous faire considérer trois de ces dons.

Tout d’abord le don d’Intelligence. C’est le don qui nous ouvre les mystères de la foi et qui nous les fait approfondir. C’est ce don qui agit lorsque nous considérons les vérités de la foi, les dogmes de la foi, lorsque l’on étudie la doctrine chrétienne, la théologie, la liturgie… C’est ce don d’intelligence qui nous fait retenir, adhérer plus fortement à l’enseignement infaillible de l’Eglise.

Nous devons donc être tout particulièrement dociles à ce don d’Intelligence car il agit vraiment d’une manière surnaturelle. Nous le voyons tout particulièrement agir dans la mission dont Notre Seigneur avait chargé les Apôtres : enseigner et baptiser toutes les nations. De plus, nous savons que l’exercice de leur Magistère se faisait avec l’assistance du Saint-Esprit, assurant ainsi l’infaillibilité dans tout ce qu’ils promulguaient dans le domaine de la foi et de la morale.

Saint Pierre exerça ce Magistère à la Pentecôte et rendit témoignage à Notre Seigneur crucifié, en proposant avec sagesse et avec une adresse merveilleuse, les vérités de la foi et les mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ. Trois mille personnes furent baptisées en ce jour.

Et depuis le Saint-Esprit n’a cessé de maintenir l’Église, en sanctifiant les âmes qui lui appartiennent par le saint Baptême. C’est ce don d’Intelligence, vous l’aurez compris, qui agit vraiment dans les âmes pour défendre les vérités de la foi. C’est ce don qui fait les saints confesseurs de la foi!

Ce don d’intelligence agit donc ainsi, et avec le don de force dont je voudrais vous parler maintenant, les âmes sont réellement animées et prêtes à tout entreprendre pour l’honneur et le service de Notre Seigneur et de l’Église et pour certaines d’aller jusqu’au martyr. Regardez comment saint Pierre, malgré toutes les menaces, proclame la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ : lors de la guérison miraculeuse du paralytique à la belle porte, il affirme en effet aux responsables du peuple juif que Jésus est Dieu, que c’est le Messie, et qu’il n’y a pas de salut en dehors de Lui.

Depuis plusieurs décennies ces pseudos autorités conciliaires renient Notre Seigneur Jésus-Christ, devant les représentants des fausses religions, des différents corps diplomatiques, dans leurs déplacements et dans de nombreuses autres occasions. C’est exactement le contraire de ce que firent saint Pierre et saint Jean.

Comprenez alors, mes bien chers frères, combien le don d’Intelligence et de Force sont nécessaires pour tout entreprendre pour l’honneur et le service de Notre Seigneur et de l’Église.

Il y a quelques semaines, l’on me faisait cette réflexion à propos de la controverse sur le dogme en dehors de l’Eglise point de salut : « vous auriez dû garder cela pour vous ».

Mais, mes bien chers frères, que fait-on alors des promesses du baptême, et des devoirs de soldats, de témoins et d’Apôtres de Notre Seigneur Jésus-Christ de par le sacrement de confirmation? Et puis ce que l’on oublie, c’est que moi-même, en tant que prêtre, j’ai prêté le serment antimoderniste par lequel j’ai promis, entre autres, de recevoir sincèrement la doctrine de la foi transmise des apôtres jusqu’à nous toujours dans le même sens et dans la même interprétation par les pères de l’Eglise.

Par conséquent, en ce qui concerne le dogme en dehors de l’Eglise point de salut, c’est un devoir de recevoir ce dogme dans le même sens où l’Eglise l’a défini, de ne pas chercher à l’expliquer par des opinions théologiques controversées, de ne pas expliquer le clair par l’obscur, comme le dit si bien Pie XII dans l’Encyclique Humani generis, qui d’ailleurs cite très exactement Pie IX disant que la théologie, qui a la si noble tâche de démontrer comment une doctrine définie par l’Eglise est contenue dans les sources, ajoute ces mots, non sans de graves raisons: « dans le sens même où l’Eglise l’a définie ».

C’est pourquoi, mes bien chers frères, ayant promis de recevoir la doctrine « dans le sens même où l’Eglise l’a définie », je me devais de vous prévenir de ce qui la contredit. Par conséquent, les clercs qui soutiennent ces opinions théologiques contredisant ce dogme en dehors de l’Eglise point de salut, feraient bien de relire le serment antimoderniste qu’ils ont prononcé, plutôt que reprendre des arguments dont certains correspondent à des propositions condamnées par le Magistère!

Et si je vous dis cela, c’est que je crois qu’aujourd’hui certains ne sont plus conscients des engagements qu’ils doivent tenir, des professions de foi qu’ils ont faites, des serments qu’ils ont prononcés, et qui, tout en étant apparemment fermes sur la foi, conseillent fort mal les âmes. C’est pourquoi je voudrais maintenant vous faire regarder cet autre don du Saint-Esprit qu’est le don de Conseil.

Il ne s’agit donc pas ici du conseil que l’on peut demander ou donner, mais du don de conseil qui, uni au don de force, dirige celui-ci. Car le Saint-Esprit a pris soin d’unir le don de force au don de Conseil, et dans les diverses situations où nous pouvons être placés, c’est donc par ce don de conseil que nous savons ce que nous devons faire et ce que nous devons éviter.

Par conséquent, si nous sommes dociles, le Saint-Esprit lui-même va agir en nous, et là encore, grâce, par exemple, à l’analyse, à l’étude de la saine doctrine. Si bien que dans ces conditions il est impossible de tomber dans l’erreur et encore moins dans l’hérésie. Rappelez-vous, cette citation que j’ai déjà faite plusieurs fois, et qui est tirée du Catéchisme du Concile de Trente à propos du 9ème article du Credo, je crois la sainte Eglise: que ce n’est pas celui qui suit le Magistère (comme je le fais), et qui grave dans son cœur la foi à la vérité de l’Eglise, et qui n’a donc pas de peine à éviter le terrible danger de l’hérésie, mais celui qui a non seulement péché contre la foi mais encore méprisé l’autorité de l’Eglise et qui se sera attaché à des opinions mauvaises, qui est hérétique.

Voilà donc, mes bien chers frères, comment ce don de conseil nous évite de pécher contre la foi et la foi en son Eglise. C’est pourquoi ceux et celles qui ne sont pas dociles à ce don, mais qui au contraire se laissent dominer par l’orgueil et qui s’entêtent, sont si facilement ballotés à tous vents de doctrine. Et pour les clercs, puisque beaucoup rejettent et luttent contre la vérité connue, se sera la privation des lumières du Saint-Esprit, et, vous le savez bien, la privation des lumières du Saint-Esprit, c’est malheureusement l’aveuglement spirituel.

Par conséquent, mes bien chers frères, soyons dociles à ce don de conseil, et en cette fête de la Pentecôte demandons à la Très Sainte Vierge Marie cette docilité aux dons du Saint-Esprit. Elle qui fut le dépôt vivant des secrets éternels, Elle qui est le chef d’œuvre du Saint-Esprit. Demandons-lui, Elle qui a conseillé et soutenu les Apôtres dans leurs labeurs, cette docilité au don d’Intelligence, de Force et de Conseil, afin qu’aujourd’hui ces dons nous permettent de suivre fidèlement les enseignements de son divin Fils et de son Eglise. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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