Sermon du dimanche dans l’octave de l’Ascension – Abbé Marchiset

Mes bien chers frères, en ce dimanche dans l’Octave de l’Ascension, l’Église nous fait considérer les Apôtres réunis au Cénacle avec la très sainte Vierge Marie.

Les Actes des Apôtres nous disant qu’ils priaient sans relâche dans le but de se disposer à la venue du Saint-Esprit, ce sont donc les dispositions dans lesquelles se trouvaient les Apôtres pendant ces 10 jours entre l’Ascension et la Pentecôte, qu’il nous faut considérer ce matin.

D’après ce que l’Évangéliste saint Luc précise, nous voyons qu’ils étaient étroitement unis entre eux, n’ayant qu’un même cœur, une même volonté, et qu’ils faisaient leur prière en commun, dans la pensée que les demandes de plusieurs fidèles bien unis par la charité sont très efficaces auprès de Dieu. Pendant ces 10 jours, le Cénacle fut donc la figure de l’Église, une maison de prière et d’union.

L’Eglise aujourd’hui réduite à l’état de domesticité, comme l’annonçait le cardinal Pie en son temps, c’est-à-dire réduite à de petites communautés, de prêtres, de religieux, de religieuses, de fidèles, nous devons donc prendre exemple et imiter ces dispositions dans lesquelles se trouvaient les Apôtres.

Et nous le pouvons grâce aux trois liens qui nous unissent entre nous, entre baptisés. Nous les avons vus ces dimanches passés : la même foi et la participation aux mêmes sacrements. Quant à la soumission aux pasteurs légitimes dont je vous ai dit que nous la regarderions après la Fête de la Pentecôte, retenons déjà que ce lien, en l’absence de pasteurs légitimes, nous l’observons en suivant tout ce que le Magistère enseignait jadis.

C’est notre position, et vous me permettrez de la repréciser car ces trois liens qui nous unissent entre nous, nous en vivons dans ce contexte du siège vacant, avec les conséquences qui en sont inhérentes. Ceux-là mêmes dont parle Léon XIII en quelques mots dans son Exorcisme : le Pasteur étant frappé, retiré des siens, brebis et agneaux se trouvent dispersés. Ces conséquences que nous constatons chaque jour dans toutes ces divergences d’opinions, mes bien chers frères, car effectivement il n’y a plus cette sécurité qui réside dans le pasteur.

Je lisais cette semaine un éditorial qui traitait précisément de ces divergences, et je ne pouvais que constater une fois encore, les nombreuses incohérences de ces différentes positions. Y compris celle du rédacteur de l’éditorial qui se félicite d’avoir soutenu jusqu’à présent cette Thèse materialiter-formaliter, qui, malgré le fait de ne pas être en union avec l’hérétique au Canon de la messe, et de parler à juste titre dans cet éditorial, de ceux qui sombrent dans le millénarisme, dans l’apparitionisme ou dans de nombreuses autres opinions, ne fait toujours pas la différence entre secte conciliaire et Eglise catholique, et qui par conséquent a toujours recours à des comparaisons qui ne sont pas catholiques et rêve encore à une solution purement humaine à ce qu’il appelle la tempête actuelle de l’Eglise.

Pour nous, mes bien chers frères, puisque nous avons tout dans l’Evangile et dans le Magistère, règle prochaine de notre foi, continuons de tenir la juste position qui découle de l’application de cette Bulle infaillible de Paul IV, et tenons ferme dans la même foi et dans la participation aux mêmes sacrements. Je le répète, il y a des fidèles qui malheureusement n’écoutent plus les avertissements et qui partent à tous vents de doctrine, qui se laissent tenter par des théories des plus farfelues, alors qu’elles en plaisantaient il y a encore très peu de temps.

Tenons ferme dans la même foi et dans la participation aux mêmes sacrements dans ces temps dont nous parle l’Apôtre saint Paul, et ne rêvons pas de vivre mille ans de bonheur, ou même trente ans de chevalerie restaurée! Soyez très prudents sur cela. Concrétiserons tout simplement ces dispositions dans lesquelles se trouvaient les Apôtres au Cénacle qui n’avaient donc qu’un même cœur, une même volonté, et qui priaient en commun avec la très sainte Vierge Marie.

Car rendez-vous compte, mes bien chers frères, ce que furent ces moments passés avec la très sainte Vierge Marie, au Cénacle ! Nous devons donc considérer comme les Apôtres, Notre-Dame médiatrice de toutes grâces, car les Apôtres savaient bien qu’elle avait, à elle seule, plus de crédit auprès de son divin Fils, qu’eux tous réunis.

Alors demandons-lui ces vertus que les Apôtres manifestèrent, et les liens qui nous unissent entre-nous, cette même foi et cette participation aux mêmes sacrements valides, dans la même compréhension de la situation actuelle de l’Église, n’en seront que plus resserrés. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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