Sermon de la Fête de l’Ascension – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, la Fête de l’Ascension nous donne l’occasion de réaffirmer notre foi au sixième article du Credo. Nous croyons fermement que Notre Seigneur, 40 jours après sa résurrection, est monté au Ciel.

Saint Thomas d’Aquin dit que « l’Ascension, en nous privant de la présence corporelle de Notre Seigneur, nous a été plus utile que ne l’aurait été sa présence elle-même, parce qu’elle augmente notre foi, relève notre espérance, et dirige vers les réalités célestes l’affection de notre charité ». Regardons alors la portée de cette Fête sur ces trois vertus théologales.

L’Ascension de Notre Seigneur augmente notre foi car elle nous fait méditer sur le Ciel, nous fait donc croire plus fortement à la juste récompense de ceux qui auront mérité de la foi, qui auront cru sans avoir vu. Elle nous fait croire à cette juste récompense promise à tous ceux, qui baptisés auront persévéré dans la foi, qui auront porté sans faillir ce beau nom de fidèle catholique.

L’Ascension de Notre Seigneur relève aussi notre espérance. Nous disons dans l’acte d’espérance : « Mon Dieu, j’espère avec une ferme confiance, que vous me donnerez par les mérites de Notre Seigneur Jésus-Christ, votre grâce en ce monde et si j’observe vos commandements, le bonheur éternel dans l’autre, parce que vous nous l’avez promis et que vous êtes souverainement fidèle dans vos promesses ».

En montant au Ciel, en effet, Notre Seigneur nous a donné l’espoir d’y parvenir et nous a aussi donné les moyens d’y parvenir. Nous pouvons parvenir au Ciel avec l’aide de sa grâce que l’on obtient par la prière et par les sacrements, grâce aussi au Saint-Esprit qu’Il a promis et envoyé, grâce aux dons du Saint-Esprit.

Et puis dans l’acte d’espérance, il y a cette condition : notre part de volonté dans l’observance des commandements de Dieu, et c’est bien à cette condition également que nous obtiendrons le bonheur éternel.

Comprenez alors, mes bien chers frères, que l’acte d’espérance nécessite d’être mis en pratique et que l’on peut malheureusement pécher contre l’espérance, par présomption ou par désespoir. Alors dans les moments d’épreuves, dans les difficultés, dans les joies aussi bien que les peines, récitez et mettez en pratique votre acte d’espérance.

Enfin, et toujours selon ce que nous dit saint thomas d’Aquin sur l’Ascension, celle-ci dirige vers les réalités célestes l’affection de notre charité. Cette charité de la vérité envers nos contemporains, nos proches, surtout lorsque nous constatons que certains ont pris le risque de partir à tous vents de doctrine. Relisez la Deuxième Epître de saint Paul à Timothée et puis également la seconde Épître de saint Paul aux Thessaloniciens qui parle de l’influence du démon, de signes et de prodiges mensongers, d’une influence qui égare, car nous sommes bien dans ces temps dont parle l’Apôtre.

Vous comprenez pourquoi j’insiste tant à ce que vous teniez toutes les vérités de la foi, mes bien chers frères, tous les dogmes de l’Eglise, que vous vous instruisiez toujours sur ces sujets, et bien sûr que vous persévériez dans la vraie pratique religieuse.

Et avec quelque peu d’expérience maintenant, je pense qu’il y a une question que l’on peut se poser au sujet de ceux qui soutiennent d’une manière générale des arguments qui ne sont pas catholiques: ont-ils vraiment le désir du Ciel ? Car, mes bien chers frères, si l’on a vraiment le désir du ciel, l’on ne peut que garder la saine doctrine, l’on ne peut que suivre la sainte Ecriture et le Magistère de l’Eglise.

Regardez ce matin, en méditant sur l’Ascension : nous voyons dans les Actes des Apôtres qu’une nuée déroba Notre Seigneur aux regards des Apôtres. Et cette nuée est certes comme un voile qui masque le ciel, mais qui nous permet de méditer sur cette entrée triomphale de Notre Seigneur au Ciel, et c’est le Magistère qui règle et assure notre culte, qui nous permet d’en avoir une idée tout spécialement avec la liturgie de la consécration d’une église. Car, mes bien chers frères, lorsque l’évêque s’apprête à rentrer dans l’édifice afin d’en purifier l’intérieur, la liturgie exprime cette entrée triomphale de Notre Seigneur au Ciel.

Au ciel en effet, ce fut un échange entre les anges : Certains des anges dirent : Princes du ciel, ouvrez vos portes ; portes éternelles, ouvrez-vous, et le Roi de gloire entrera. D’autres anges répondirent : Qui est ce Roi de gloire qui veut entrer par nos portes ? Les premiers reprirent : c’est le Seigneur, le Dieu des armées, c’est Lui qui est le Roi de gloire. Eh bien cette entrée triomphale est reprise à travers cette liturgie de la consécration d’une église, entre l’évêque qui se tient à l’extérieur de l’édifice, et le diacre, à l’intérieur, qui demande qui est ce Roi de gloire qui veut entrer ? Voyez par conséquent comment la sainte liturgie nous permet de considérer l’entrée triomphale de notre Seigneur au Ciel.

Et puis en considérant encore l’Ascension, nous voyons ces âmes qui étaient retenues aux Limbes, ces âmes qui, à la mort de Notre Seigneur, ont déjà bénéficié de sa visite, nous voyons ces âmes entrainées à la suite de Notre Seigneur au Ciel.

En méditant sur tout cela nous voyons donc notre désir du Ciel augmenter et nous comprenons aussi combien nous devons rejeter tout ce qui nous en détourne. Dom Guéranger nous dit dans son commentaire en cette Fête : « En lui est notre vie, notre félicité », et il ajoute : « Tout ce qui nous rapproche de Jésus nous est bon ; tout ce qui nous en éloigne est mauvais et funeste ».

Comprenez alors que si votre cœur est concentré dans les choses créées, celles-ci vous détournent du Ciel. Au contraire si votre cœur se détache facilement des choses créées, et aspire aux réalités célestes, alors continuez d’appliquer votre acte d’espérance, car Notre Seigneur est monté au Ciel pour nous y préparer une place et Il nous a donné tous les moyens d’y parvenir.

L’Apôtre saint Paul dans son Épître aux Colossiens dit aussi : Recherchez les choses d’en haut où le Christ demeure assis à la droite de Dieu, affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles de la terre.

Alors ayons tous ce désir profond d’aller au Ciel, malgré tout ce que comporte cette vie ici-bas. Les saints qui sont au Ciel, qui forment ce cortège qui entoure Notre Seigneur et sa très sainte Mère, ont respecté ces conditions exprimées dans l’acte d’espérance. Demandons-leur, surtout par la Reine des Anges, la Reine du Ciel, la Reine de tous les saints, les grâces qui nous permettent d’habiter déjà au Ciel par l’ardeur de nos désirs. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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