Sermon du dimanche des Rameaux

Mes bien chers frères, en ce dimanche des Rameaux, l’Eglise, par la première partie de la liturgie, nous fait reproduire l’arrivée de Notre Seigneur dans la ville de Jérusalem, et plus exactement la manifestation de l’entrée de Notre Seigneur en tant que Roi. Dom Guéranger dit que Dieu accorda ce triomphe à son Fils avant que son Sang ne soit demandé à grands cris. « Il faut, précise-t-il, que le Messie avant d’être attaché à la croix, ait été proclamé Roi dans Jérusalem par le peuple; qu’en face des aigles romaines, sous les yeux des Pontifes et des Pharisiens muets de rage et de stupeur, la voix des enfants, se mêlant aux acclamations de la cité, fasse retentir la louange au Fils de David ».

Ainsi, comme nous l’avons entendu dans l’Évangile de cette première partie de la liturgie des Rameaux, Notre Seigneur réalise les prophéties le concernant. Le prophète Zacharie avait en effet prédit que Notre Seigneur, en tant que Roi, viendrait vers Jérusalem monté sur l’ânesse et sur le petit de l’ânesse. La ville de Jérusalem s’est donc levée pour aller au-devant de Notre Seigneur et a acclamé sa royauté sous les yeux des Pontifes et des Pharisiens muets de rage et de stupeur.

Voilà donc ce que la première partie de la liturgie nous fait revivre, et puis, par ce récit de la Passion que vous venez d’entendre, l’Église nous fait comprendre que Notre Seigneur règne par sa croix. Le démon qui cherchait à reconnaître la divinité de Notre Seigneur depuis sa naissance, a senti que sa victime sur la croix n’était pas seulement un homme, mais aussi Fils de Dieu. Aussi, puisqu’il sait qu’il sera définitivement jeté en enfer, il déploie, par permission divine, et cela reste un grand mystère, le Mystère d’iniquité, il déploie sa toute puissance pour détruire l’Eglise, pour la perte des âmes. Mais ce qu’il faut également rappeler, c’est que notre Seigneur règne malgré ses ennemis. Malgré ces ennemis du Christ et de l’Eglise qui détruisent la liturgie, qui invalident les sacrements, la messe, le sacerdoce, l’épiscopat. Et par conséquent, bien qu’une grande partie de l’Eglise soit détruite, le cœur, lui, c’est-à-dire les évêques validement consacrés et les prêtres validement ordonnés et utilisant également les rituels valides, demeure, et Notre Seigneur continue donc de régner par le renouvellement de son sacrifice de la croix, par le saint Sacrifice de la Messe.

En ce dimanche des Rameaux où l’Église nous fait considérer la réalisation du sacrifice de Notre Seigneur, je vous résume donc l’essentiel de la doctrine sur le sacerdoce de Notre Seigneur Jésus-Christ et le sacerdoce catholique. A l’entrée de la semaine sainte, et dans le contexte actuel, c’est vraiment une nécessité.

Tout d’abord, en ce qui concerne le sacerdoce en général, une définition s’impose. Selon la saine théologie, le prêtre est celui qui donne au peuple les choses divines, les choses sacrées. Et il est appelé, choisi parmi les hommes, c’est la vocation, pour être établi pour eux dans les choses qui regardent Dieu, afin d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Cette définition convient surtout à Notre Seigneur Jésus-Christ, c’est pourquoi avec l’Apôtre saint Paul dans cette Epître aux Hébreux qui est capitale, nous disons que Notre Seigneur est le Pontife suprême par rapport à tous ceux qui étaient préfigurés dans l’Ancien Testament. Notre Seigneur est prêtre, non pas selon le sacerdoce d’Aaron de l’ancienne Alliance, mais selon l’ordre de Melchisédech. Notre Seigneur est prêtre de par son union hypostatique et Il a accompli notre rédemption par cette obéissance jusqu’à la mort de la croix.

En ce qui concerne maintenant le sacerdoce catholique, c’est aussi selon l’ordre de Melchisédech, puisque le prêtre tient son sacerdoce en tant que participation au sacerdoce de Notre Seigneur. Notre Seigneur étant prêtre de par son union hypostatique, son sacrifice demeure pour l’éternité, et puisqu’Il l’a voulu ainsi, par institution divine, la fonction du prêtre est de renouveler ce sacrifice de Notre Seigneur d’une façon non sanglante sur les autels.

C’est ainsi, mes bien chers frères, que Notre Seigneur a voulu nous appliquer les mérites qu’il nous acquis par sa Passion et par sa Croix. Nous avons besoin du saint Sacrifice de la Messe pour la rémission de nos péchés, pour être conservés dans la grâce, pour être unis plus parfaitement à Notre Seigneur, particulièrement par la communion.

Comme je viens de vous le rappeler, dans ce mystère d’iniquité, ceux qui se sont mis au service du démon, avec un grand pouvoir, ont invalidé les rituels : la forme de l’épiscopat, du sacerdoce, le rite de la messe. Toutes les liturgies célébrées ainsi sont donc invalides et par conséquent c’est désormais un très grand nombre d’âmes qui sont privées de grâces.

Aussi, en conclusion, et comme résolution, puisque vous bénéficiez ici du véritable sacerdoce, de la vraie messe, et de plus dégagés de toute union avec les hérétiques au Canon de la Messe, méditez, mes bien chers frères, aujourd’hui et ces jours prochains, sur la Passion de Notre Seigneur qui a répandu tout son Sang pour nous. Ayez une vive contrition de vos péchés, tout particulièrement pour la confession pascale, pour recevoir son pardon par l’absolution, application dans vos âmes des grâces que Notre Seigneur nous a méritées par sa passion et sa mort sur la croix.

Confiez votre préparation à la confession et à la communion pascale à la très sainte Vierge Marie, à Notre-Dame de Compassion, à Notre-Dame des Sept Douleurs. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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