Réforme liturgique de la Semaine Sainte sous Pie XII – Conférence de l’abbé Marchiset

Chers amis, cette conférence est une analyse de la réforme liturgique de la Semaine sainte qui s’est effectuée sous le pontificat de Pie XII. C’est en mettant en parallèle cette réforme avec le rite traditionnel de la Semaine sainte, que les plus anciens ici ont connu et que vous retrouvez ici depuis quelques années, que l’on comprend combien cette réforme est une réforme que j’appellerai réforme-massacre.

C’est pourquoi j’attire tout de suite votre attention sur la façon dont Montini-Paul VI a parlé de cette réforme. Je vous l’ai cité il y a quinze jours, cela se situe dans sa ’’Constitution apostolique’’ « Missale Romanum », du 3 avril 1969. Voici ce qu’il disait :

« L’exigence de revoir et d’enrichir les formules du Missel Romain s’est fait sentir. Le premier pas d’une telle réforme a été l’œuvre de Notre Prédécesseur Pie XII, avec la réforme de la Vigile Pascale et du rite de la Semaine Sainte. C’est cette réforme qui a constitué le premier pas de l’adaptation du Missel romain à la mentalité contemporaine ».

Celui-ci pouvait donc se permettre de dire tout cela, car à l’époque il était effectivement secrétaire d’état de Pie XII et agissait sur Pie XII de concert avec le Père Béa. Ce sont eux, je vous l’ai dit dans la conférence de dimanche dernier, qui ont particulièrement fait avancer les choses pendant la maladie et la convalescence de Pie XII.

Aussi, comprenez-le bien, lorsque ce Montini-Paul VI dit que « l’exigence de revoir et d’enrichir les formules du Missel Romain s’est fait sentir », il s’agit bien de l’intention déguisée de ces réformateurs liturgiques. Il n’y avait bien sûr aucune « exigence de revoir et d’enrichir les formules du Missel Romain », mais nous savons malheureusement que cette réforme était un premier pas dans l’adaptation de leur nouveau Missel romain « à la mentalité contemporaine », comme le dit Montini-Paul VI, c’est-à-dire avec une intention anticatholique ainsi qu’une forme invalide, de rendre lui-même ce nouveau rituel invalide!

Pour nous, le missel romain reste le missel romain et nous le gardons. C’est celui que j’observe depuis plusieurs années, car celui-ci manifeste toute la foi de l’Eglise. Quant à cette adaptation à la mentalité contemporaine, nous savons donc que ces termes masquent la destruction du sacré, une liturgie désormais invalide et tournée vers l’homme, qui s’annonce donc dans cette réforme de 1956, comme nous allons le voir au cours de cette analyse.

Et puis je n’oublie pas de vous signaler que je m’appuie pour cette analyse, sur le travail qui été fait par l’ « abbé » Carusi. C’est un membre de l’Institut du Bon Pasteur, Institut qui, vous le savez, a été fondé par l’abbé Philippe Laguérie qui était à Saint Nicolas du Chardonnet, à Paris, en tant que membre, à l’époque, de la Fraternité sacerdotale saint Pie X.

Il est donc membre de cet institut du Bon Pasteur, mais il n’est pas prêtre car les ordinations dans le cadre de cet Institut se font par des personnages qui ne sont pas évêques, à cause de l’invalidité même du rituel des sacres épiscopaux.

Ceci dit, je me sers de son étude qui présente ce parallèle entre ces deux liturgies. La conclusion de son étude manifeste tout de même une pensée typique des ralliés à la Rome conciliaire. Il espérait en effet, au moment où il publiait cette étude, un espoir à un retour à une meilleure liturgie, citant également dans ce sens, le « cardinal » Ratzinger.

Or, nous savons que rien n’a changé au niveau des liturgies conciliaires. Quant à ce monde des ralliés, et même pour la fausse majorité traditionnelle, l’abbé Ratzinger-Benoît XVI a réussi à mettre sur le même pied d’égalité la vraie messe avec la liturgie invalide de Montini-Paul VI ! C’est toute la sémantique voulue, calculée de ’’rite ordinaire’’ et de ’’rite extraordinaire’’.

Alors regardons cette réforme. Cette analyse est également établie à travers les déclarations de quelques-uns de ses principaux rédacteurs, les Pères Annibale Bugnini, Carlo Braga, Ferdinando Antonelli. Annibale Bugnini, étant bien sûr le plus connu des trois puisque nous le retrouvons dans les réformes liturgiques après le conciliabule Vatican II.

Commençons donc par la cérémonie des Rameaux.

1/ Tout d’abord il y a cette réforme quant à la couleur des ornements liturgiques. Avant 1956 on employait le violet aussi bien pour la procession des rameaux que pour la Messe.

Or dans le rituel de 1956, il y a cette invention de la couleur rouge pour la procession des Rameaux, tout en maintenant la couleur violette pour la Messe. Les réformateurs disent que ce serait une restitution de la couleur qui était utilisée pendant le Moyen-âge. Cela n’est pas prouvé du tout. Mais pourquoi le rouge, alors que le rouge est employé pour les martyrs et pour le Saint-Esprit ? Réponse : parce que le rouge est un signe de la pourpre royale. Certes, mais quoiqu’il en soit, c’est le mode de procéder qui est ici le plus étonnant, car l’on décide que le rouge doit posséder ce symbolisme pour le dimanche des rameaux. Or, dans différents rites très anciens il y a bien l’emploi d’une autre couleur, le noir par exemple dans le rite parisien, et pour les deux parties du rite, procession et messe, mais jamais, dans aucun diocèse, un changement de couleur n’était prévu entre la procession et la Messe. Cette innovation n’est donc pas attribuable à une pratique attestée de l’Eglise.  C’est une pure innovation.

2/ Et puis, il y a l’abolition de deux vêtements liturgiques. Abolition de la chasuble pliée et du stolone qui était une étole large que portait le diacre pour le chant de l’Evangile. Les liturgistes nous disent que ces deux vêtements sont typiques de cette liturgie très ancienne de la semaine sainte et qu’ils soulignent l’aspect extraordinaire de ces rites et de la douleur singulière de l’Eglise en ces jours saints. Malheureusement trop jeune en 1956, je n’avais que deux ans, je n’ai donc jamais vu porté ces deux ornements, mais si j’en possédais, il faudrait donc les porter.

3/ Maintenant, chers amis, il y a l’invention de la bénédiction des Rameaux tournée vers les fidèles, le dos tourné à la croix, voire au Saint-Sacrement.

Il faut donc une table posée entre l’autel et la grille du chœur puisque les ministres se tournent vers les fidèles. Cela change tout et c’est bien là ce nouveau concept de l’espace liturgique et de l’orientation de la prière qui est introduit par cette bénédiction des Rameaux tournée vers les fidèles.

Alors que dans le rite traditionnel, comme vous avez pu le constater ce matin, les Rameaux sont bénis à l’autel, côté Epitre après une lecture, un graduel, un évangile et surtout après une Préface avec Sanctus, qui introduisent les Oraisons de la bénédiction.

4/ Après une Préface, dis-je, car, autre suppression, cette préface n’existe plus. Elle est supprimée parce qu’elle contenait des paroles relatives à l’autorité du Christ sur les royaumes et les autorités humaines. Je vous en ai fait la remarque dans mon sermon dimanche dernier.

Alors, voyez le paradoxe : d’un côté, avec l’emploi du rouge pour la procession, les réformateurs prétendent solenniser la royauté de Notre Seigneur, mais d’un autre côté ils suppriment les paroles qui expriment cette royauté. Evidemment l’on vous dira que la royauté de Notre Seigneur est rappelée par la couleur rouge, mais il est évident que ce sont les paroles qui gênent, et il fallait donc supprimer cette préface.

Cette préface exprime en effet le fondement du devoir de soumission des gouvernements temporels à l’autorité du Christ. Donc en 1956, cette préface gênait déjà et puis il n’y a pas que la royauté de Notre Seigneur qui gênait.

5/ Il y avait aussi ce qui était rappelé sur la signification et sur les bienfaits des sacramentaux, ainsi que sur le pouvoir qu’ils ont contre le démon. Donc il y eut la suppression des oraisons qui rappelaient cette signification. La raison invoquée ici, c’est, je cite « que ces oraisons sont pompeuses (…) avec tout l’étalage de l’érudition typique de l’époque carolingienne »!

Donc, comprenez que ces oraisons anciennes ne plaisent pas, simplement parce qu’elles expriment trop clairement l’efficacité des sacramentaux ; on décide donc d’en inventer de nouvelles. Alors que chers amis, ces oraisons anciennes rappellent ô combien le rôle des sacramentaux, qui possèdent un pouvoir effectif contre le démon ! Donc, on les supprime, comme quelques années plus tard on supprimera à la fin de la messe le dernier Evangile qui est un exorcisme.

6/ Un autre changement maintenant, c’est le sixième, c’est l’invention de la croix de procession non-voilée. Dans les commentaires sur cette invention, l’on voit qu’il s’agirait d’une erreur liturgique, fruit de la précipitation des réformateurs. Mais en ce qui concerne le rite traditionnel, vous avez pu remarquer que l’on attache un rameau béni à la croix de procession qui reste voilée, référence à la fois à la croix glorieuse et à la Passion comme victoire du Christ.

7/ Septième modification : il s’agit ici de l’élimination de la croix qui frappe à la porte de l’Eglise fermée, à la fin de la procession.

Les plus anciens ici s’en souviennent, et ce rite symbolisait la résistance initiale du peuple juif, puis l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem, aussi bien que la croix triomphale de Jésus-Christ, qui ouvre les portes du Ciel, étant cause de notre résurrection.

Donc dans le rite de 1952 que nous avons suivi ce matin, la procession se retrouve à la porte de l’Eglise fermée. Un dialogue chanté entre un chœur à l’extérieur et quelques chantres à l’intérieur de l’église précède alors l’ouverture des portes, qui se faisait après que le Sous-diacre (ou moi-même ce matin) eût frappé avec la hampe de la croix de procession.

8/ Huitième modification. Dans cette réforme de 1956, il y a l’invention d’une prière devant être récitée à la fin de la procession, au centre de l’autel, mais entièrement récitée vers les fidèles. Alors ici personne ne peut dire où doit se trouver le missel, ni qui doit le porter, puisque dans cette réforme ils ne se sont pas rendu compte de ce problème. L’insertion de cette oraison fait donc l’effet d’un bricolage ajouté aux rites précédents. Le P. Braga lui-même, cinquante ans plus tard, reconnaîtra que « l’élément qui détonne un peu dans le nouvel Ordo, dit-il, est l’oraison qui conclut la procession, car il rompt l’unité de la célébration ».

Effectivement, car selon le rituel de 1952, la procession s’achève normalement et la Messe s’enchaine avec les prières au bas de l’autel.

9/ Neuvième modification. Il s’agit de l’élimination de la distinction entre la Passion et l’Evangile. Le récit de la Passion, en effet, avait toujours possédé un style narratif, chantée par trois voix, et elle était suivie par l’Evangile, chanté seulement par le Diacre, sur un ton différent et avec encensement, mais sans les cierges. Alors ici la réforme confond la Passion et l’Evangile qui sont donc amalgamés en un chant unique qui se voit amputé en son début et se voit également amputé d’une phrase finale.

10/ Donc, dixième modification, c’est l’élimination de ce passage de l’Evangile qui fait le lien entre l’institution de l’Eucharistie et la Passion du Christ, en Matthieu XXVI, les versets 1 à 36. Si bien que la narration de la dernière Cène a disparu. Et il est tout de même difficile de croire que tous ces versets ont été éliminés seulement pour des motifs de temps. Non, il y a évidemment une autre intention, car la tradition avait voulu que la narration de la Passion selon les différents Evangélistes inclue toujours l’institution de la sainte Eucharistie qui, avec la séparation sacramentelle du Corps et du Sang du Christ, est l’annonce même de la Passion, l’anticipation de la Passion et du drame du calvaire. L’on veut supprimer ce lien important entre la dernière Cène et le sacrifice du Vendredi Saint et l’Eucharistie, car ce lien constitue tout un ensemble théologique sur le saint sacrifice de la messe. Et il en sera de même pour le Mardi Saint et pour le Mercredi Saint, avec comme résultat incroyable, chers amis, que le récit de l’institution eucharistique sera finalement absent de tous ces jours saints !

Alors que dans le rituel de 1952, comme vous avez pu le remarquer ce matin, la Passion est bien précédée de la lecture de l’institution de l’Eucharistie, mettant ainsi en évidence le lien intime, essentiel et théologique entre les deux passages. Voilà donc en ce qui concerne les modifications de la cérémonie des Rameaux.

Regardons maintenant le lundi, mardi et mercredi saints.

Dans le rituel de 1956, le lundi Saint, la prière contre les persécuteurs de l’Eglise et la prière pour le Pape sont interdites. Et si j’omets cette prière pour le pape, vous en connaissez les raisons. Mais en elle-même cette interdiction, c’est évidemment l’élimination de toutes les allusions à l’existence des ennemis de l’Eglise. Et vous aurez compris que c’est toute la mentalité de ces réformateurs qui veulent occulter la réalité de la persécution de l’Eglise de la part de ses ennemis visibles et invisibles.

C’est la même mentalité qui se retrouve également le Vendredi Saint. Et par conséquent, dans le contexte, l’oraison pour le Pape est interdite, ce qui fait que cette pratique inaugure la réduction systématique de la présence du nom du Pontife Romain dans la liturgie.

Alors que dans le rituel de 1952, on récite bien évidemment l’oraison contre les persécuteurs de l’Eglise et celle pour le Pape (lorsqu’il y en a un) à la suite de l’oraison de la Messe.

Le Mardi Saint maintenant. La réforme de 1956 supprime la lecture de Marc XIV, 1-30. C’est la seconde élimination déconcertante du récit de l’institution de l’Eucharistie mise en rapport avec le sacrifice de la Passion. Dans le rituel de1952, ce passage relatif à la dernière Cène et à l’institution de l’Eucharistie constituait donc le début de la lecture de la Passion.

Et le Mercredi Saint, cette réforme de 1956 supprime la lecture de Luc XXII, 1-39. C’est toujours cette élimination du passage de l’institution de l’Eucharistie dans son lien naturel avec le sacrifice de la Croix. Et il y a donc aussi l’élimination du passage appelé « des deux glaives », qui vous le savez, signifient les deux pouvoirs de l’Eglise : le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel. Alors vous pensez bien que pour ces réformateurs d’avant-garde, il fallait supprimer ce passage à cause de ses implications théologiques!

Dans le rituel de 1952, le récit de la Passion est donc bien précédé de l’institution de l’Eucharistie, et le passage appelé « des deux glaives » fait partie intégrante de ce récit de la Passion. Voilà bien chers amis, pour ces modifications/suppressions de la cérémonie des Rameaux, et du lundi, mardi et mercredi saints.

Alors, maintenant abordons le Jeudi Saint où nous assistons à des réformes encore plus significatives.

1/ Il y a tout d’abord l’introduction de l’étole comme habit de chœur pour tous les prêtres présents. Et c’est ici, comprenez-le bien, que commence cette histoire de la concélébration du Jeudi Saint et quelques temps après, de la concélébration tout court.

Mais, comme à l’époque la concélébration sacramentelle ne semblait pas encore réalisable, le Père Braga dit lui-même que « les mentalités, même de quelques membres de la Commission, n’y étaient pas encore préparées », alors ils ont inventé la pratique de mettre l’étole à tous les prêtres présents, non plus seulement au moment de la communion, mais à partir du début de la Messe. Alors qu’auparavant, donc dans le rituel de 1952, les prêtres et les diacres présents revêtaient l’habit de chœur habituel, et ils ne mettaient l’étole qu’au moment de la communion, comme cela s’est toujours fait. Voilà donc, chers amis, comment l’on a préparé les esprits à la concélébration.

2/ Deuxième modification maintenant : on introduit la pratique de ne communier qu’avec des hosties consacrées ce jour-là.

Alors, là, chers amis, on introduit l’idée d’une présence réelle liée au jour de la célébration. En ayant compris que cette réforme était une réforme-massacre, comme je vous l’ai dit, l’on se demande bien pourquoi les fidèles qui assistent à la Messe ne peuvent pas communier avec des hosties consacrées précédemment ? Car nous savons évidemment que la présence « réelle et substantielle » continue lorsque les fidèles ne sont plus rassemblés. Mais, là encore vous l’aurez compris, c’est que, insensiblement par ces nouvelles rubriques, où l’on insinue donc que ces hosties auraient quelque chose de distinct de celles consacrées auparavant…, on en arrive à introduire des notions protestantes. Pour les protestants, en effet, il n’y a plus de présence réelle lorsqu’il n’y a plus d’assemblée.

Dans le rituel de 1952 il n’y a donc évidemment aucune mention d’une telle pratique : la communion est donnée comme d’habitude avec les hosties qui sont dans le tabernacle.

3/ Troisième modification. Dans le rituel de 1956, le lavement des pieds n’a plus lieu à la fin de la Messe, mais au milieu de la célébration.

En plaçant le lavement des pieds au milieu de la Messe, des laïcs accèdent désormais au chœur, où ils doivent ôter chaussures et chaussettes. C’est donc là une volonté délibérée de repenser la sacralité de l’espace du Chœur et de remettre en cause son interdiction aux laïcs durant les offices. Le lavement des pieds est donc déplacé au moment de l’Offertoire, en abusant de la pratique de couper en morceaux la célébration de la Messe en y insérant d’autres rites, comme nous le verrons dans la vigile pascale, avec les litanies des saints coupées en deux parties.

Alors que dans le rituel de 1952 le rite du Mandatum, c’est-à-dire ce lavement des pieds, se fait à la fin de la Messe, après le dépouillement des autels, et non pas dans le chœur, mais dans un lieu réservé pour cela.

4/ quatrième modification, maintenant, il y a l’omission du Confiteor que récite le Diacre avant la Communion.

Ce troisième Confiteor est vraiment haï, et il est donc éliminé, sans tenir compte du fait que la confession du Diacre ou du servant c’est, comprenez-le bien, la confession de l’indignité de ceux qui vont communier.

Alors que, et comme il se doit, dans le rituel de 1952, le Diacre chante le Confiteor avant la Communion.

5/ Cinquième modification, après la fin de la Messe, lors du dépouillement des autels, on doit, disent les rubriques de 1956, retirer aussi la croix d’autel et les chandeliers.

Donc, on décide que les autels doivent être totalement dépouillés, même de la croix, puisque le Vendredi Saint il est question d’un autel sans croix. Donc on en déduit qu’elle doit en être retirée la veille, ou bien alors transportée en privé durant la nuit… Et en faisant ainsi, on a voulu préparer d’une façon évidente les esprits au spectacle dénué de sens théologique, d’une table nue au centre du chœur.

Alors, que chers amis, en suivant le rituel de 1952, la croix demeure sur l’autel, voilée, comme je vous l’ai dit dimanche dernier dans mon sermon, et celle-ci, entourée des chandeliers, trône en attendant d’être dévoilée solennellement le lendemain, le Vendredi Saint.

Petit commentaire personnel : le fait de remiser la croix dans la sacristie m’avait toujours étonné, d’autant plus que revenir avec la croix de la sacristie le Vendredi saint, avec des acolytes portant les chandeliers ou la croix elle-même, donne lieu à des mouvements liturgiques peu cohérents. Voilà chers amis, pour les réformes du Jeudi Saint.

Maintenant regardons si vous le voulez bien, et vous le voulez bien, évidemment, cette liturgie du Vendredi Saint.

1/ Tout d’abord les novateurs inventent cette expression d’« action liturgique solennelle », alors qu’auparavant il s’agit de la notion très ancienne de « Messe des présanctifiés » ou celle de « Feria Sexta in Parasceve ». Je vous explique bien sûr ces termes et leurs significations.

Le nom de « Présanctifiés » mettait en évidence le fait que la consécration des Saintes Espèces avait eu lieu lors d’un office précédent, lié au retour solennel de l’Eucharistie, qui est l’une des parties les plus importantes et les plus antiques du rite de cette liturgie du Vendredi Saint.

Mais là encore cette notion de « présanctifiés » est mal vue par la Commission, qui décide de réformer ce nom, et avec lui la structure même du rite. Toujours pareil : il s’agit, commente-t-on, de « réduire les amplifications structurales du Moyen-âge, si peu cohérentes avec ce qu’on appelle la « Messe des Présanctifiés », aux sévères et pures lignes originales d’une grandiose communion générale ». Donc, l’appellation de « in Parasceve » elle-même, dont les réminiscences hébraïques dénotent pourtant la plus haute antiquité, ne trouve pas même grâce aux yeux des réformateurs.

Alors retenez bien que dans le rituel de 1952, l’Office du Vendredi Saint est appelé « Messe des Présanctifiés » ou encore « Feria Sexta in Parasceve » en raison de cette liturgie très ancienne. Du passé faisons table rase… et ce que font effectivement ces novateurs.

2/ Deuxième modification notoire, l’autel est dépourvu de la croix voilée.

C’est ce que nous venons de voir avec le dépouillement de l’autel de la veille. Les auteurs de la réforme semblent décidément ne pas aimer cette croix d’autel, et décident donc, je vous l’ai dit, de la remiser en sacristie le soir du Jeudi Saint.

C’est ainsi, chers amis, qu’au jour le plus important de sa célébration, le Vendredi saint, la croix a disparu de l’autel. Du coup, disparaît le sens même de son dévoilement public, qui intervenait après qu’elle eût été exposée durant près de quinze jours, voilée, sur l’autel, depuis le dimanche de la Passion. Alors maintenant, avec cette réforme, la croix revient d’une façon tout à fait anti-liturgique de la sacristie comme je vous l’ai dit.

Alors que dans le rituel de 1952, la croix d’autel reste voilée, à sa place sur l’autel dénudé, avec seulement les chandeliers.

3/ Troisième modification, la lecture de l’Evangile n’est plus distingué du chant de la Passion, tout comme pour le dimanche des Rameaux.

L’intention est certainement là encore, d’éliminer tout signe qui fasse référence à la Messe, comme l’est la lecture de l’Evangile, et ainsi justifier la suppression du nom de « Messe des Présanctifiés ». Alors que dans le rituel de 1952, l’Evangile est chanté d’une façon distincte de la Passion, mais, en ce jour de deuil, en ce Vendredi Saint, sans encens ni cierges.

4/ Quatrième modification, les nappes d’autel ne sont plus en place dès le début de la cérémonie, mais elles y sont installées seulement pour la seconde partie. Le prêtre ne revêt plus la chasuble noire dès le début, mais il ne porte que l’aube et l’étole.

Le fait que le prêtre revête la chasuble même pour un rite qui n’est pas celui de la Messe au sens strict témoignait pourtant de la très haute antiquité de ces cérémonies. Les membres de cette commission le reconnaissent, mais ils tiennent à introduire, disent-ils, une modification qui sépare la liturgie eucharistique « de la première partie de la liturgie, la liturgie de la Parole ». Liturgie de la parole qui est donc ici en gestation, mais qui est déjà signifiée par le fait que le célébrant ne porte au début de la cérémonie que l’étole, sans chasuble.

Et là j’avoue, chers amis, qu’être ainsi revêtu uniquement de l’étole, m’indisposait toujours un peu, quand je suivais ce rituel de 1956.

Alors que dans le rituel de 1952, le prêtre porte la chasuble noire et, arrivé au pied de l’autel, se prosterne, ce qui a été conservé dans le nouveau rituel, mais alors pendant ce temps là, les acolytes déplient une nappe sur l’autel nu.

5/ Cinquième modification : c’est la nouvelle prière pour les Juifs. Cette modification mériterait toute une conférence. Mais retenez seulement qu’il y a parmi les arguments pour cette suppression, une interprétation erronée du mot latin « perfidia« . L’oraison signifie en effet : « Prions aussi pour les Juifs incroyants » ou « Prions aussi pour les Juifs infidèles », au sens où ces derniers n’adhèrent pas à la foi catholique.

Seulement le problème c’est que certaines traductions, comme « Prions aussi pour les Juifs perfides afin que Dieu Notre Seigneur enlève le voile qui couvre leurs cœurs et qu’eux aussi reconnaissent Jésus, le Christ, Notre-Seigneur », ont évidemment suscité dès le début du XIXe siècle des discussions au sein même de la hiérarchie de l’Eglise qui, nous en avons parlé dimanche dernier, était déjà sujet à ce grand démantèlement de la foi. Tout cela s’est donc terminé par la suppression pure et simple des termes, et dans le missel de Paul VI l’oraison est devenue celle-ci : « Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier : qu’ils progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité de son Alliance ». Comme vous pouvez le constater, il n’est absolument plus demandé à ce qu’ils reconnaissent Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est tout ce problème des rapports de la secte conciliaire avec le judaïsme.

6/ Sixième modification : dans ce rituel de 1956, pour la septième oraison, il est inventé le titre de « Pour l’unité de l’Eglise ». Alors ici, on introduit l’idée d’une Eglise à la recherche de sa propre unité, unité qu’elle ne possèderait donc pas encore. Or, nous affirmons dans le Credo, croire à l’Eglise, Une, sainte, catholique et apostolique. L’unité est une des marques de l’Eglise, c’est une propriété essentielle de la véritable Eglise du Christ. L’unité n’est donc pas une caractéristique qui serait encore à chercher dans le dialogue œcuménique. C’est malheureusement ce qui se passe là encore avec la secte conciliaire.

Annibale Bugnini lui-même, une dizaine d’années plus tard, se rendra compte que prier pour la réalisation future de l’unité de l’Eglise est une hérésie, alors que c’est pourtant lui qui a introduit cela dix ans plus tôt puisqu’il était membre de Commission.

Mais nous savons maintenant qui sont ces personnages et nous savons comment ils se sont servis de la liturgique pour véhiculer toutes ces nouveautés théologiques, c’est-à-dire ces hérésies ! Alors, quitte à revenir sur certaines désignations. Car en effet en 1965, cette même prière est devenue : « prière pour l’unité des Chrétiens », parce que « L’Eglise a toujours été une », reconnaît Bugnini… Mais en compensation, tenez-vous bien, c’est dans cette même prière de 1965 que sont alors éliminés les mots « hérétiques » et « schismatiques ». Voilà encore, chers amis, un aspect de ce démantèlement de la foi.

Tandis que dans le rituel de 1952, le texte de l’oraison est d’ailleurs le même qu’en 1956, car en 1956, malgré cette réforme, on prie encore pour que les hérétiques et les schismatiques retournent à l’unité de la Vérité.

7/ Septième modification : Invention d’une procession du retour solennel de la croix depuis la sacristie.

Voilà donc, comme on la vu précédemment, que la croix, revient liturgiquement, alors qu’elle avait été remisée à la sacristie le Jeudi Saint au soir. Or, il y a une règle en liturgie, c’est que ce qui est parti solennellement en procession doit revenir de la même façon.

Donc, maintenant, la croix qui avait été emportée la veille, en privé, au milieu d’autres objets, revient solennellement. Quel est le sens de cette procession solennelle de la croix qui est donc inventée de toutes pièces ? Si l’on suit certains commentaires, il s’agirait d’une tentative de restituer un rite qui était accompli à Jérusalem aux 4ème– 5ème siècles, et dont nous avons connaissance dans le célèbre récit d’Egérie qui raconte sa visite aux lieux saints. Egérie rapporte en effet, qu’à Jérusalem l’adoration avait lieu sur le Golgotha…que la communauté se réunissait de bon matin… et qu’une châsse d’argent qui contenait les reliques de la Croix était portée devant l’évêque. Mais, tout le monde peut comprendre que s’il s’agit d’une reconstitution de ce qui était alors fait en ce temps là à Jérusalem, cette procession de retour de la croix depuis la sacristie est tout à fait arbitraire, et de toute façon n’est plus dans ce contexte qui était celui-ci de Jérusalem, d’autant plus que la liturgie romaine avait été sagement élaborée depuis des siècles tout en tenant compte d’éventuels apports de rites liturgiques célébrés à Jérusalem même.

Donc, comme je vous l’ai dit, dans le rituel de 1952, la croix demeurée voilée sur l’autel depuis le premier dimanche de la Passion est alors dévoilée publiquement auprès de l’autel, c’est-à-dire tout simplement à l’endroit où elle était restée. Vous pourrez suivre tout cela Vendredi prochain.

8/ Huitième modification : alors il s’agit ici d’une importante modification de la procession du Saint Sacrement.

Les réformateurs ont en effet inventé cette procession solennelle de la croix, mais ici ils décident au contraire de réduire celle du retour du Saint-Sacrement.

Le Saint-Sacrement qui a été porté solennellement la veille au soir au Reposoir et il serait logique et surtout « liturgique » qu’à une procession solennelle comme celle du Jeudi Saint, succède un retour d’égale dignité le Vendredi, car, tout de même, il s’agit de Notre Seigneur Jésus-Christ, réellement, substantiellement présent !

Mais non, la réduction des honneurs à rendre au Saint-Sacrement pousse les auteurs à décider que c’est au Diacre d’aller le chercher au reposoir, pendant que le célébrant reste tranquillement assis à la banquette en l’attendant, et qui aura tout de même la délicatesse de se lever à son passage…

Tenons-nous en alors au rituel de 1952 où le Saint-Sacrement est rapporté au sanctuaire dans une procession qui a la même solennité que celle du jour précédent. Et c’est évidemment le célébrant qui va le chercher comme il se doit.

9/ Neuvième modification : la suppression des encensements qui sont dus à Notre Seigneur, à l’Hostie consacrée, la seule Hostie car il n’y a que la communion du prêtre. Donc, pourquoi le Vendredi Saint les honneurs rendus à Notre Seigneur devraient être inférieurs à ceux des autres jours ? Il faut donc y voir là encore une diminution des honneurs qui sont dus à la présence réelle de Notre Seigneur.

Vendredi prochain le Saint Sacrement sera donc encensé comme de coutume, sans que le célébrant le soit car en ce vendredi saint, les signes de deuil sont clairs, mais ils ne s’étendent évidemment pas jusqu’à la Présence réelle.

10/ Dixième modification : c’est l’introduction du Pater récité par les fidèles, en raison, est-il dit, des « aspirations fondées du peuple de Dieu ». Et la Commission a accueilli ces aspirations qui soit disant étaient fondées (?). C’est bien sûr un argument pour faire avancer cette participation des fidèles qui, de l’aveu de certains aujourd’hui, n’est même plus contrôlable.

Donc, dans le rituel de 1952 le Pater est comme toujours récité par le prêtre.

11/ Onzième modification dans ce rituel de 1956, c’est l’élimination de la prière sacrificielle au moment de la consommation de l’hostie.

Alors, comprenez bien, qu’évidemment en ce Vendredi Saint, il n’y a pas, au sens strict, de messe, mais que la communion à la victime, victime immolée la veille, est une partie du sacrifice. Je vous rappellerai encore cette théologie ce Jeudi Saint. La communion est donc, en un certain sens, la continuation sacramentelle, puisque le Corps de Notre Seigneur consommé est toujours un Corps immolé et sacrifié : c’est pour ce motif, chers amis, que la Tradition faisait mention du sacrifice dans les prières relatives à cette consommation de l’Hostie en ce Vendredi Saint.

Mais certains membres de la Commission déclarent qu’après tant d’années de tradition, le moment était venu de corriger les erreurs ! Rien que çà ! Ils affirment donc que des expressions telles que « mon sacrifice qui est aussi le vôtre » sont « totalement déplacées en cette occasion, puisqu’il ne s’agit pas d’un sacrifice, mais seulement d’une communion ». Voilà comment ils décidèrent donc d’abolir ces prières pluriséculaires.

Dans le rituel de 1952, l’on conserve évidemment la prière « Orate, fratres, ut meum ac vestrum sacrificium… », mais vu le contexte particulier de Vendredi Saint, elle n’est pas suivie de la réponse habituelle.

12/ Douzième modification : élimination du rite qui consiste à mettre dans le vin (non consacré) une partie de l’Hostie consacrée, rite appelé immixtion.

Donc, l’immixtion d’une partie de l’hostie consacrée dans le vin non-consacré, qui est une pratique dans le rite byzantin, ne consacre évidemment pas le vin. Mais cette union manifeste cependant, non pas réellement, mais symboliquement, l’unité du Corps mystique dans la vie éternelle, cause finale de toute l’œuvre de la Rédemption célébrée en ce jour saint.

Alors, pour justifier cette suppression, les réformateurs vont encore invoquer le Moyen-âge, parce que disent-ils, il existait la croyance selon laquelle la seule immixtion du pain consacré dans le vin aurait suffi pour consacrer le vin lui-même, et que c’est cette croyance qui entraîna l’introduction de ce rite d’immixtion. Dans les explications on trouve même le fait que des études sur l’Eucharistie ayant été approfondies, on s’est rendu compte du caractère infondé de telles croyances, mais que le rite demeura. Et il est même affirmé que l’Eglise Romaine, se rendant compte de la gravité de l’erreur, n’avait pas voulu jusqu’ici la corriger !

Ceci est grave, chers amis, parce que cela reviendrait à soutenir non seulement que l’Eglise peut changer d’opinion au cours des siècles sur un point si important, mais aussi qu’elle peut se tromper, et pendant plusieurs siècles, à propos d’un fait dogmatique, comme l’est la liturgie, car la liturgie fait bien partie des objets soumis à l’infaillibilité de l’Eglise. J’en dirai un mot d’ailleurs à la fin de la conférence.

Non, tous ces arguments que l’on désigne facilement comme des « traditions médiévales », sont tout simplement là pour introduire ni plus ni moins qu’une Révolution liturgique !

Alors que fait-on dans le rituel de 1952 ? Et bien l’on met dans le vin une partie de l’hostie consacrée, mais on omet alors, avec une cohérence théologique parfaite, les prières relatives à la consommation du Précieux Sang. Tout simplement.

13/ Treizième modification enfin : c’est le déplacement des horaires traditionnels. Tous se retrouvent tard le soir, surtout la Vigile pascale, si bien que la réforme qui se voulait « pastorale » par excellence, ne fut en aucune façon un gain pour la piété des fidèles.

Dans le rituel de 1952, il n’y a pas de problèmes d’horaires. Toutes ces Liturgies, du Jeudi Saint et du Vendredi Saint, se situent après l’Office de Nones, c’est-à-dire dans l’après-midi. Et en est de même pour la Vigile pascale, que nous abordons donc maintenant.

Vigile pascale

1/ Alors première modification significative : dans le rituel de 1956, la bénédiction du cierge pascal est déplacée à l’extérieur de l’Eglise, avec un cierge qui doit donc être porté durant toute la cérémonie par le Diacre. Et nous allons voir l’importance considérable que le cierge pascal va prendre.

Une des conséquences, c’est que tous les ouvrages sculptés dans les grandes églises, dans les cathédrales, prévus spécialement pour le cierge pascal, et dont certains sont très anciens, sont rendus inutilisables ce Samedi saint. Je vous en ai fait un agrandissement, vous avez donc sous vos yeux la photo de l’un de ces ouvrages. Alors, sous le prétexte de retourner aux origines, ce chef-d’œuvre liturgique de l’antiquité devient une pièce de musée.

Autre conséquence, la triple invocation « Lumen Christi » perd tout son sens liturgique. Vous allez comprendre pourquoi avec les explications que je vous donne à partir du rituel de 1952.

Donc, dans le rituel de 1952, on bénit le feu nouveau à l’extérieur, on bénit les grains d’encens, mais pas le cierge. Chronologiquement le feu est communiqué, non pas au cierge, mais au « Roseau », qui est un manche muni de trois cierges à son sommet, lesquels vont être allumés progressivement au cours de la procession, et à chaque invocation « Lumen Christi ». Triple invocation par conséquent qui correspond au fait d’allumer les trois cierges progressivement. Dans la réforme de 1956, il y a, certes, cette triple invocation, mais elle ne correspond plus du tout à cette action liturgique précise.

Ensuite, avec l’un de ces cierges, on allume le cierge pascal, qui demeure donc depuis le début de la cérémonie posé sur un chandelier. Comprenez alors le sens, et la chronologie : le feu, c’est-à-dire la lumière de la Résurrection, est donc porté par le « Roseau » à trois flammes qui rappellent la Sainte Trinité, et de là, jusqu’au grand cierge pascal, le Christ ressuscité, afin de symboliser que la Résurrection est opérée par la Sainte-Trinité. Donc ’’exit’’, adieu, ce symbolisme.

2/ Deuxième modification liée au cierge pascal : dans le rituel de 1956 on décide que le cierge pascal doit être placé au centre du chœur, au terme de la procession avec le cierge, dans une église illuminée progressivement au fur-et-à-mesure des trois invocations : à chaque « Lumen Christi », on fait la génuflexion vers le cierge, et à la troisième invocation, toute l’Eglise est illuminée. Alors là, il faut dire que la synchronisation n’était pas toujours au rendez-vous.

Donc après l’invention de procession avec le cierge, on décide maintenant de le placer au centre du chœur, où il devient le point de référence de la prière, comme il l’était déjà devenu du reste durant la procession, puisque l’on fait la génuflexion devant. Il s’agit donc d’une nouveauté qui modifie l’orientation de la prière, et le cierge pascal devient ainsi plus important que la Croix. Et cela vous avez le pu remarquer. Dans le monde conciliaire, tout cela est en effet complètement acquis.

Alors que dans le rituel de 1952, le cierge, au début de la cérémonie, est éteint, sur le chandelier placé le plus souvent côté Evangile. Le Diacre et le Sous-diacre s’y rendent avec le « Roseau » pour l’allumer durant le chant de l’Exultet, au moment où les paroles de l’Exultet le signifient.

Donc, comprenez bien, les seuls cierges allumés à partir du feu béni qui signifie la lumière de la Résurrection, sont ceux du « Roseau » signifiant la sainte Trinité, jusqu’au chant de l’Exultet.

Dans le rituel de 1956, il faut allumer les cierges du clergé, et ensuite des fidèles, ce qui donne lieu à quelques désordres. J’ai même vu des personnes sortir leur briquet pour allumer plus vite les cierges…preuve qu’elles avaient bien compris la liturgie !

3/ Troisième modification : c’est la destruction du symbolisme de l’Exultet et de sa nature même qui est une bénédiction diaconale. Certains réformateurs auraient voulu purement éliminer cette cérémonie, mais la grande attention portée depuis toujours au chant de l’Exultet fit que d’autres s’opposèrent à la modification du texte.

Mais le résultat, chers amis, fut encore une confusion résultant de l’association entre un chant traditionnel et un rite totalement altéré.

Ainsi, l’un des moments les plus significatifs de l’année liturgique devient carrément une pièce de théâtre, puisque, écoutez bien, les actions dont parle celui qui chante l’Exultet ont déjà été accomplies environ une demi-heure plus tôt, à la porte de l’Eglise ! On chante en effet l’insertion des grains d’encens, alors qu’ils sont déjà fixés au cierge pascal dehors. On magnifie l’illumination du cierge avec la lumière de la Résurrection, alors que le cierge est allumé depuis longtemps au feu nouveau.

Il n’y a donc plus aucune logique. Le symbolisme de la lumière est lui-aussi totalement détruit lorsqu’on chante triomphalement l’ordre d’allumer toutes les lumières, symbole de la Résurrection, puisque l’église est déjà toute illuminée par les cierges allumés. Tout cela est incompréhensible tout simplement parce que les paroles chantées n’ont plus aucun rapport avec la réalité du rite.

Et puis autre précision, l’Exultet, ce chant de la prière pascale, constitue, je vous l’ai dit, avec les gestes qui l’accompagnent, la bénédiction par excellence du Diacre. Donc ce chant est devenu si théâtral que l’on a saboté cette bénédiction par excellence faite par le Diacre.

Donc, résumons quelque peu : en suivant le rituel de 1952, le chant de l’Exultet commence devant le cierge éteint. Les grains d’encens y sont fixés lorsque le chant parle de l’encens ; le cierge est allumé par le Diacre, et les lumières de l’Eglise sont allumées au moment où le chant fait référence à ces actions. Voilà comment ces actions sont unies au chant qui constitue la bénédiction.

4/ Quatrième modification : c’est la suppression de 8 lectures sur les 12 que comporte le rituel de 1952. Les réformateurs veulent sans doute raccourcir la durée de la Vigile, mais par ailleurs ils vont introduire un renouvellement des promesses du baptême, ce que nous allons voir dans quelques instants. Or ces lectures servaient à instruire les catéchumènes qui allaient recevoir le saint Baptême et la dernière lecture était tout spécialement une exhortation à rester fidèles, à ne pas renier la foi.

5/ Cinquième modification maintenant : c’est l’introduction de l’incroyable pratique de diviser les litanies en deux parties, pour insérer au milieu la bénédiction de l’eau baptismale. Lorsque je célébrais selon ce rituel, tout cela me semblait effectivement incohérent. Séparer en deux parties une prière comme les Litanies ! Et l’introduction des rites baptismaux au milieu est d’une incohérence encore plus grande.

Car, dans le rituel de 1952, l’on procède à la bénédiction des fonts baptismaux, et on chante ensuite les litanies, pour enchaîner par la Messe.

6/ Sixième modification : il y a donc cette bénédiction de l’eau baptismale dans une bassine au milieu du chœur, ou légèrement décalée, le célébrant faisant face aux fidèles.

Outre le fait que l’on décide de substituer aux fonts baptismaux une bassine, qu’il faut tout de même décorer, ce qui demande pas mal de temps, et parfois de complications, et qu’il faut installer et parfois déplacer dans le chœur, ce qui importe c’est la raison de cette innovation. Car, là encore, c’est l’obsession que tous les rites soient accomplis par « les ministres sacrés tournés vers le peuple ». Alors dans cette optique, les fidèles doivent devenir, je cite les commentaires de la commission, « les véritables acteurs de la célébration (…), et la Commission a accueilli les aspirations fondées du peuple de Dieu (…), l’Eglise était ouverte à des ferments de rénovation ».

Comme on peut le constater tout cela est fondé sur une pastorale que les fidèles n’avaient jamais réclamé, et tout cela aboutira à la destruction de tout le sens de l’architecture sacrée, depuis les origines jusqu’à aujourd’hui.

Autrefois, en effet, les fonts baptismaux étaient hors de l’église ou, durant les époques successives, aux alentours de la porte d’entrée, au fond de l’église, comme vous pouvez le constater encore dans nos églises de Franche-Comté, avec de superbes ouvrages sculptés.

Au fond de l’église par conséquent, puisque selon la théologie catholique le baptême est la porte des autres sacrements.

Il est le sacrement qui rend membre de l’Eglise celui qui est encore en-dehors d’elle ; il est le sacrement qui permet réellement l’accès dans l’Eglise. Le catéchumène reçoit le caractère qui le fait membre de l’Eglise, et c’est pour cette raison qu’il doit être accueilli à l’entrée, purifié par l’eau baptismale, et ayant acquis par elle le droit d’accéder à la nef, en tant que nouveau membre de l’Eglise, en tant que fidèle. Mais comme fidèle, il accède seulement à la nef, et pas au chœur, puisque celui-ci est réservé au clergé, à savoir les membres de l’Eglise qui ont reçu les différents Ordres ou les hommes qui sont en relation avec eux, comme les servants.

Mais les changements apportés, non seulement font accéder ici des fidèles au chœur (comme ils l’avaient déjà fait, nous l’avons vu, pour le Jeudi Saint), mais même des non-baptisés. Celui qui est encore la « proie du démon » parce qu’il a le péché originel est donc considéré de la même façon que celui qui a reçu l’ordination sacrée. Le symbolisme traditionnel est purement et simplement massacré.

Alors comment se fait normalement la bénédiction de l’eau baptismale dans le rituel de 1952. Elle se fait tout simplement aux fonts baptismaux, au fond de l’église. Les catéchumènes, s’il y en a, sont accueillis à l’entrée de l’église, reçoivent le baptême, et peuvent ensuite seulement accéder à la nef, mais ils n’entrent surtout pas dans le chœur, comme il est logique, ni avant, ni après le baptême.

Et puis conséquence de cette modification, dans le rituel de 1956 il y a bien sûr cette altération du symbolisme du chant du Sicut cervus tiré du psaume 41.

Alors, après avoir inventé un baptistère dans le chœur, on se trouve face à un problème pratique : il faut rapporter quelque part l’eau utilisée. Donc les novateurs inventent une cérémonie pour porter l’eau aux fonts, après l’avoir bénie devant les fidèles, et surtout après avoir administré un éventuel baptême. La translation de l’eau baptismale s’accomplit donc, écoutez bien, certes en chantant le Sicut cervus, à savoir la partie de ce psaume 41 qui fait référence à la soif du cerf, soif déchaînée par la morsure du serpent, et qui ne s’éteint qu’un buvant l’eau salutaire. Mais ici, on ne tient pas compte du fait que le cerf était assoiffé de l’eau baptismale, après la morsure du serpent infernal, puisque le baptême ayant déjà été conféré, le cerf n’a plus soif ! En effet, en figure, par le baptême, il a déjà bu ! Donc ici le symbolisme n’est pas seulement modifié, mais presque inversé !

Alors que fait-on dans le rituel de 1952 ? Et bien à la fin du chant des prophéties, le célébrant se dirige alors vers les fonts baptismaux pour procéder à la bénédiction de l’eau, et au baptême des catéchumènes s’il y en a, et pendant ce déplacement au fonds baptismaux on chante le Sicut cervus, qui précède donc en toute logique le baptême.

Et puis dans le rituel de 1956, il y a alors cette invention de la « rénovation des promesses du baptême ». C’est, si vous le voulez, la sixième modification.

7/ Septième modification donc, on introduit un renouvellement des promesses du baptême. Alors d’un côté, on fait de grandes coupes dans les célébrations pour en réduire la longueur, d’un autre côté on les rallonge notablement par cette rénovation des promesses baptismales qui n’existe donc pas dans le rituel de 1952, de même qu’il n’y en a jamais eu sous cette forme dans l’histoire de la liturgie, ni en Orient ni en Occident. C’est une pure invention !

Et dans cette innovation, il y a une admonition qui forcément sera adressée en langue vulgaire, dans la langue du pays. Donc en plus de se tourner continuellement vers les fidèles durant le rite, il y a cette allocution, qui devient parfois une véritable homélie, plus ou moins longue, parfois bien trop longue suivant la verve du célébrant et parfois même à cause de la fatigue qui s’en mêle, car dans ce cas l’on n’est souvent pas concis.

Et puis en plus il y a l’introduction du Pater récité par tous, et éventuellement en langue vulgaire. Le Notre Père étant précédé d’une exhortation qui exprime vraiment quelques accents sentimentaux. Tout cela donne donc lieu à des sentiments très particuliers que l’Eglise a toujours eu soin, au contraire, d’écarter dans la liturgie.

8/ Huitième modification dans ce rituel de 1956, c’est la reprise, sans donc aucun sens liturgique, de la seconde partie des litanies, qui avaient été interrompues en plein milieu avant la bénédiction de l’eau baptismale. Dans ce rituel, il faut alors reprendre les litanies qui avait été interrompue une demi-heure plus tôt, mais avec la difficulté de savoir à quelle invocation elles avaient été interrompues. Je vous l’ai dit lorsque je célébrais selon ce rituel, cette interruption me semblait incohérente, et elle est une invention incohérente et incompréhensible.

Donc dans le rituel de 1952, les litanies sont récitées intégralement sans interruption, et se chantent par conséquent après la bénédiction des fonts baptismaux, avant la Messe.

9/ Neuvième modification dans ce rituel de 1956 : c’est la suppression des prières au bas de l’autel, donc du psaume Judica me (Ps. 42) et du Confiteor au début de la Messe.

On décide donc que la Messe doit commencer en omettant la récitation du Confiteor et du psaume 42, tout ce qui rappelle l’indignité du prêtre qui va accéder à l’autel. La disparition du psaume 42, qui sera éliminé dans les années suivantes de toutes les Messes, semble bien, chers amis, vouloir préparer les esprits à une nouvelle façon de faire pour monter à l’autel. D’ailleurs, monter à l’autel ne veut plus rien dire dans les nouvelles liturgies conciliaires, puisque ce n’est plus qu’une table posée dans le chœur, le plus près possible, du reste, de la nef, la table de communion ayant elle aussi été supprimée. Donc on ne monte plus à l’autel, qui représente, vous le savez bien le calvaire. Alors l’on comprend que le sens d’une prière qui rappelle l’indignité de quiconque prétend gravir ces marches pour y accéder, ne plaisent plus aux réformateurs !

Dans le rituel de 1952, la Messe commence donc avec les prières au bas de l’autel, avec le psaume 42, « Judica me Deus » et le Confiteor.

Et puis, bien que cette modification dans le rituel de 1956, ne concerne pas la vigile pascale, il y a bien dans ce même décret, l’élimination de tous les rites de la Vigile de la Pentecôte.

Ces réformes ne concernent certes pas la Messe, mais la Pentecôte prévoyait depuis toujours une Vigile semblable dans ses rites à celle de Pâques. Donc, puisqu’ils ont touché, et combien, à la semaine sainte et à la vigile pascale, ils ne pouvaient plus laisser subsister côte à côte deux rites qui, en l’espace de cinquante jours, se seraient déroulés, l’un dans la forme réformée, l’autre dans la forme traditionnelle.

Ils ont donc décidé d’abattre également la Vigile de la Pentecôte. Nous n’allons pas regarder ce sujet maintenant, mais sachez que les textes mêmes de la Messe qui suivait traditionnellement les rites de la Vigile, et plus exactement certaines phrases du canon de la Messe, du fait de cette suppression, deviennent totalement incongrues.

Alors que dans le rituel de 1952, la Vigile de la Pentecôte possède bien ses rites à caractère baptismal, auxquels font donc référence ces phrases du canon de la Messe.

Maintenant, avant d’aborder la conclusion et pour apporter cette conclusion, je vous résume rapidement ces changements qui ont donc bouleversé les rites séculaires de la Semaine Sainte.

Depuis le Dimanche des Rameaux, les réformateurs ont inventé des rites qui orientent le célébrant et les autres ministres, ainsi que les servants, vers les fidèles, dos à la croix et à Notre Seigneur présent au tabernacle. En ce jour des Rameaux et pour les autres jours saints, vous vous en souvenez, ils ont amputé les passages lus ou chantés, des récits des Evangiles relatifs à l’institution de l’Eucharistie et en rapport avec le récit de la Passion. Si bien que le lien si bien signifié auparavant : indiquer que la dernière Cène est l’anticipation de la mort sur la croix du lendemain, et signifier ainsi le saint Sacrifice de la Messe instituée par Notre Seigneur, n’existe plus. Donc, à cause de ces réformes, l’institution de l’Eucharistie disparaît totalement de ces quatre premiers jours de la semaine sainte!

Le Jeudi Saint, l’on fait accéder des laïcs dans le chœur. Le Vendredi, on réduit les honneurs dus au Saint-Sacrement et on altère la vénération de la croix.

A la vigile pascale, alors non seulement on laisse libre cours à la fantaisie réformatrice, mais on démolit le symbolisme du cierge pascal, tout le symbolisme également relatif au péché originel et au baptême comme porte d’accès à l’Eglise. Comme vous l’aurez compris cette réforme est vraiment une réforme-massacre.

Et toute la logique de cette réforme, vous l’aurez compris également, va dans le sens que nous avons vu au début de la conférence, à savoir, avec ces termes déguisés de Montini-Paul VI : « l’exigence de revoir et d’enrichir les formules du Missel Romain s’est fait sentir », cette soit disant exigence qui ne sera en réalité qu’un premier pas dans l’adaptation du nouveau Missel romain « à la mentalité contemporaine », comme le dit là encore Montini-Paul VI, c’est-à-dire tout simplement par une intention anticatholique ainsi qu’une forme invalide, de rendre invalide ce nouveau rituel, sans oublier de rendre invalides également le rituel d’ordination sacerdotal, et surtout celui de l’épiscopat !

Alors la conclusion, la voici, elle est forcément sous forme de question :

Puisque nous savons que l’assistance divine promise par Notre Seigneur Jésus-Christ à son Eglise s’étend à la liturgie, objet donc soumis à l’infaillibilité de l’Eglise, que se passe-t-il sous Pie XII ? Car Pie XII, selon toute vraisemblance, est le dernier Souverain Pontife légitime, et les faits sont les faits, c’est bien lui qui autorise cette réforme liturgique de la Semaine sainte.

Pour répondre à cela, je pense, chers amis, qu’il faut déjà reconnaître que nous n’avons pas tous les éléments en main en ce qui concerne Pie XII lui-même, car sous son Pontificat nous sommes évidemment déjà dans le Mystère d’iniquité.

Donc, si nous avions tous les éléments en main, ce ne serait plus un Mystère. Le Bon Dieu nous permet, certes, de comprendre certaines choses, mais pas toutes.

Donc, ce que nous pouvons comprendre, c’est que dans cette réforme, il n’est pas encore question d’invalidité, puisque cette réforme concerne uniquement des rites qui ne sont pas des sacrements. Mais que tout cela est vraiment limite, puisque 1/ premièrement cette réforme fut le « bélier » qui commença de déstabiliser l’ensemble de la liturgie romaine. 2/ Deuxièmement, que désormais, en liturgie, on pourrait faire et défaire, supprimer ou réintroduire un élément ou plusieurs éléments sur la base d’opinions historico-archéologiques douteuses, critiquer également le Moyen-âge, Saint Pie V, etc, mais toujours dans un but bien précis, ne le perdons pas de vue : invalider les rituels et ainsi couper le canal de la grâce.

La preuve en est avec le fameux « canon d’Hippolyte » que l’on retrouve aussi bien dans le Canon de la Messe de Paul VI, que dans le nouveau rituel des sacres épiscopaux ! Notre doyenne ici présente, pourrait vous raconter ce qu’elle a vécu avec son curé à l’époque de ces réformes…précisément à propos de ce fameux « canon d’Hippolyte ».

3/ Troisièmement que, selon l’aveu même du Père Braga, protagoniste de premier rang dans ces évènements : « ce qui n’était pas possible, psychologiquement et spirituellement, aux temps de Pie V et d’Urbain VIII à cause de la Tradition, dit-il, (…) fut rendu possible au temps de Pie XII ».

Vous avez bien entendu : ce qui n’était pas possible… jadis … fut rendu possible au temps de Pie XII. C’est donc, que sous Pie XII, l’on pouvait déjà s’opposer ouvertement à la tradition. Ce qui, chers amis, nous permet de donner quelques autres explications, mais, je vous l’ai dit : certainement pas toutes.

Donc, ce que l’on peut encore dire c’est que nous avons affaire à des personnages, à des ecclésiastiques qui détenaient déjà les postes clefs sous Pie XII, et non pas depuis la mort de Pie XII en 1958, comme certains l’écrivent, comme si tous ces personnages arrivaient après l’enterrement de Pie XII ! Nous en avons vu qui étaient bien sûr à l’œuvre 4, 5 ans plus tôt, pour faire en sorte que l’on ne croie plus au dogme en dehors de l’Eglise comme le Magistère l’avait toujours enseigné et pour faire condamner ceux qui, au contraire le croyaient comme il se doit !

Alors, ici, pour cette réforme liturgique, il y eût bien sûr les Pères Bugnini, Braga, Antonelli, cette commission qui travailla à cette réforme, mais combien d’autres travaillèrent aussi dans les autres dicastères ? Et puis, je vous ai déjà expliqué comment la Congrégation des rites, avait elle-même été court-circuitée, et comment Jean-Baptiste Montini et le Père Béa agissaient auprès de Pie XII et pendant sa maladie et sa convalescence.

Tous ces personnages et combien d’autres ?, Dieu seul le sait, et toutes ces actions contribuent donc, chers amis, à cette éclipse de l’Eglise prophétisée par la Sainte Vierge à La Salette. C’est pourquoi, à cause du but de ces réformes et de ces réformateurs, parce que nous sommes dans ce Mystère d’iniquité, dans ce démantèlement de la foi bien avancé déjà sous Pie XII, il faut donc garder et suivre ce rituel de 1952 qui manifeste toute la foi de l’Eglise.

Cette conférence sur la réforme de la Semaine sainte se termine, et c’est pourquoi, chers amis, je vous dis pour finir : heureux êtes-vous, comme je le suis également, de pouvoir suivre comme ce matin et puis ces jours prochains, ce rituel qui nous permet de manifester avec toute la tradition de l’Eglise, toute notre foi et notre piété en Notre Seigneur Jésus-Christ, qui a souffert sa Passion, qui est mort, qui est ressuscité le troisième jour conformément aux Saintes Ecritures !

Alors, comme pour les conférences précédentes, récitons maintenant la prière du Sub tuum confugimus, dans laquelle nous demandons à la Très sainte Vierge Marie de ne pas mépriser nos prières dans les nécessités mais de nous délivrer de tous les dangers.

Abbé Michel Marchiset

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