Sermon du 3ème dimanche après Pâques – abbé Marchiset

Mes bien chers frères, nous nous approchons de la Fête de l’Ascension de Notre Seigneur où notre divin Sauveur a donné l’ordre aux Apôtres d’allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, précisant que celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné, et l’Église nous fait donc considérer la Parole divine engendrant la vertu de foi.

Dans ses commentaires sur ce dimanche, Dom Guéranger dit que la foi est la « vertu par laquelle commence l’œuvre du salut de l’homme, et sans laquelle cette œuvre ne pourrait ni se continuer ni se conclure », et, rappelant que la foi est l’un des trois liens qui unit les membres de l’Église entre eux, il précise que « pour en demeurer membre, il faudra ne pas cesser un seul instant de croire ». Je voudrais donc vous faire considérer quelques instants combien il est nécessaire 1/ d’entretenir cette vertu de foi et 2/ de la préserver.

La foi est donc une vertu théologale infuse, un don gratuit de Dieu, une grâce surnaturelle qu’il est nécessaire d’entretenir. Et cet entretien de la foi se fait par la prière, par les méditations, par les lectures, par les examens de conscience, par la pénitence et les exercices de piété, donc, comme vous le voyez, par toute la pratique religieuse qui comprend bien sûr la réception des sacrements que Notre Seigneur a voulu pour augmenter la vie de la grâce en nous.

Et c’est parce que nos contemporains n’ont plus cette pratique religieuse authentique que la foi disparaît. Et pour ceux qui pratiquent, mais dans la secte conciliaire, celle-ci leur fait même perdre la foi. Voilà, mes bien chers frères, comment est arrivée l’apostasie que nous constatons aujourd’hui.

D’où l’importance d’entretenir cette vertu de foi par les moyens que je viens de vous rappeler, et bien sûr, où vous bénéficiez de la messe validement célébrée, où vous pouvez avoir la réception régulière des sacrements valides, où vous recevez l’enseignement de la saine doctrine catholique. Alors persévérez, persévérez dans la vertu de foi, et mes bien chers frères préservez la vertu de foi que vous avez reçue au baptême ; et c’est donc le deuxième aspect qu’il faut considérer ce matin.

Tout d’abord vous méfier des mercenaires et des loups ravisseurs comme nous l’avons vu dimanche dernier, mais aussi de vous méfier de toutes erreurs condamnées par l’Eglise et de ceux qui les soutiennent. Il est impossible de toutes les citer dans le cadre d’un sermon, mais tout au moins de citer les principales.

Méfiez-vous par conséquent du libéralisme, du modernisme, mais méfiez-vous aussi de l’indifférentisme et du latitudinarisme condamnés par Pie IX dans son Syllabus. Méfiez-vous de ce latitudinarisme qui consiste à affirmer par exemple que des non-catholiques peuvent être sauvés tout en restant dans leurs fausses religions. Soyez vigilants, mes bien chers frères, car cette erreur est subtile, et il faut bien le constater, celle-ci n’est pas bien connue, et pourtant elle participe à de ce démantèlement de la foi depuis 150 ans.

Méfiez-vous donc de ces erreurs et puis bien sûr méfiez-vous du modernisme qui s’attaque, comme le démontre saint Pie X dans l’Encyclique Pascendi, « à la racine même de la foi et à ses fibres les plus profondes ». L’abbé Mouraux de Nancy donne cette comparaison de la foi moderniste : « La foi moderniste, disait-il, conserve le mot mais détruit la chose. Elle ressemble à l’individu qui vous offre un œuf dont il a vidé le contenu avec un petit trou d’épingle. C’est toujours extérieurement un œuf, mais il est vide ». Et il ajoutait : « la conséquence d’une telle doctrine : on vide la foi de son contenu ».

Oui, le modernisme vide donc la foi de son contenu, et mes bien chers frères, le modernisme aboutit ainsi au rejet des vérités de la foi. Or, vous savez bien que le fait de rejeter même une seule vérité de la foi, c’est le pape Léon XIII qui le rappelle dans son encyclique Satis cognitum, c’est perdre totalement la foi, d’où le danger de ce modernisme et des modernistes.

Dom Guéranger dit à propos d’une personne qui rejetterait une seule vérité de la foi: « Quand bien même sa rupture avec la Parole révélée n’aurait lieu que sur un seul article, il commet le plus énorme blasphème ; car, ou il se sépare de Dieu comme d’un être trompeur, ou il déclare que sa raison d’emprunt, si faible et si bornée, est au-dessus de la Vérité éternelle et infinie ».

Voilà donc, mes bien chers frères, comment nos contemporains sont amenés à pécher contre la foi, et les péchés contre la foi, certains dans la tradition semblent ne pas l’avoir compris, sont les plus graves des péchés mortels !

Par conséquent, voyez combien il est nécessaire de vous méfier de ces erreurs condamnées, de vous méfier du libéralisme, du modernisme, de l’indifférentisme et de ce latitudinarisme, de toutes ces erreurs qui portent des atteintes à la foi, aux dogmes de la foi catholique.

Dans les conférences que je vous ai faites pendant le carême, je vous ai expliqué que depuis 150 ans il y avait ce démantèlement de la foi et je vous ai tout particulièrement parlé des attaques envers le dogme en dehors de l’Eglise point de salut.

Et je ne puis donc m’empêcher de penser à ceux et celles auxquels j’ai communiqué le texte de ces conférences et auxquels j’ai encore récemment rappelé le danger des compromissions qu’ils encourent en se dispersant, en allant dans des lieux de culte où ils seront forcément sollicités par des arguments qui correspondent à ces fables dont nous prévient pourtant l’Apôtre saint Paul.

Certains pourront peut-être dire, croyant se rassurer : « non, je ne pars pas à tout vent de doctrine », mais que se passe-t-il, mes bien chers frères, quand on persiste à ne retenir que des opinions humaines erronées au détriment de la saine doctrine, au détriment du Magistère ! Eh bien, on finit par pécher contre la foi en l’Eglise ! Car c’est bien de cette façon que dans la fausse majorité traditionnelle, après s’être fabriquée de fausses comparaisons, certains rendent l’Eglise coupable de l’apostasie actuelle ! Et dire, écrire, que l’Eglise est coupable de l’apostasie actuelle, c’est par conséquent pécher contre la foi en l’Eglise.

Ces comparaisons erronées ne sont donc pas autre chose que ces fables dont l’Apôtre nous parle, ces fables qui ici s’opposent à la saine doctrine catholique sur l’unité, la sainteté et l’infaillibilité de l’Eglise, mais en ce qui concerne les opinions humaines et faillibles qui contredisent le dogme en dehors de l’Eglise point de salut, celles-ci s’opposent alors au Magistère qui rappelle sans cesse par la voix des saints Conciles, par la voix des souverains pontifes que nul ne peut être sauvé s’il ne renaît de l’eau et du Saint-Esprit !

Alors, mes bien chers frères, comprenez bien que la tradition, toutes distinctions confondues n’est pas exempte de ces attaques sur la foi et qu’il est donc absolument nécessaire de connaître et de se préserver des erreurs contre la foi.

Garder la foi, restez fidèles, mes bien chers frères ! Et Fidèle, c’est tout simplement, comme le dit dom Guéranger, le nom que nous portons depuis le baptême et que nous devons porter sans faillir jusqu’à la consommation de l’œuvre de notre salut.

Persévérons donc dans ce combat pour rester fidèles, pour garder la foi catholique. Demandons à Notre Seigneur, qui a armé de courage et de science pour la défense de la foi catholique les saints confesseurs de la foi, de persévérer dans la vraie foi.

Et faisons passer cette intention par la médiation de la très sainte Vierge Marie. Nous sommes bientôt au mois de mai, au mois de Marie, demandons par conséquent à la très sainte Vierge Marie toute son intercession, afin d’obtenir les grâces nécessaires pour persévérer dans la vertu de foi et porter sans faillir ce beau nom de fidèle catholique jusqu’à la consommation de l’œuvre de notre salut. Ainsi soit-il.

Abbé Michel Marchiset

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